Le Stade Rennais s'impose face à Angers (2-1) et revient à deux points de l'OM. Cinq victoires en sept matches sous Franck Haise.
Deux points. C'est le seul écart qui sépare désormais le Stade Rennais de l'Olympique de Marseille au classement de la Ligue 1. Après avoir dominé le SCO d'Angers 2 buts à 1, les Rouge et Noir confirment qu'ils sont bel et bien revenus dans la course à l'Europe — et peut-être à bien plus que ça. La machine Haise tourne à plein régime, et ça commence à faire sérieusement parler dans les coulisses du championnat français.
Haise a transformé Rennes en rouleau compresseur breton
Quand Franck Haise a posé ses valises à Rennes, les sceptiques étaient nombreux. Un technicien sorti d'un Lens sans lendemain, propulsé sur le banc d'un club en manque de repères — l'équation semblait bancale. Mais les chiffres ne mentent pas : cinq victoires en sept rencontres de championnat sous sa direction, un bilan qui force le respect et qui replace le Stade Rennais dans la hiérarchie du football français.
Face à Angers, Rennes n'a pas joué le beau jeu à tout prix. L'équipe a souffert par moments, concédé un but, mais elle a su tenir. Cette capacité à gagner sans être flamboyant, c'est précisément la marque des équipes qui comptent dans une course au titre ou à l'Europe. On ne gagne pas des points avec des statistiques de possession — on les gagne avec des buts et du caractère. Rennes a les deux.
Le SCO d'Angers, de son côté, reste dans une position délicate. Le club du Maine-et-Loire, fraîchement revenu en Ligue 1, encaisse cette défaite sans vraiment peser sur le résultat final. Les Angevins ont pourtant arraché le but du 2-1, signe d'une équipe qui ne lâche jamais, mais c'est insuffisant face à une équipe rennaise aussi bien en place mentalement.
- 5 victoires en 7 matches de Ligue 1 sous Franck Haise
- 2 points seulement séparent Rennes de l'OM au classement
- Score final : Rennes 2-1 Angers
- Un retour dans le top 5 qui se dessine pour les Bretons
L'OM dans le rétroviseur, l'Europe dans le viseur
La question mérite d'être posée franchement : le Stade Rennais peut-il vraiment aller chercher l'Olympique de Marseille ? Roberto De Zerbi et ses hommes restent une référence dans ce championnat, portés par un collectif ambitieux et une ferveur du Vélodrome qui fait office de douzième homme. Mais deux points, ça se rattrapent — surtout quand on produit le contenu que Rennes produit en ce moment.
La dynamique rennaise est réelle. Ce n'est pas un accident de calendrier, ce n'est pas non plus une série flatteuse contre des équipes en difficulté. Les Bretons ont montré des choses solides, une organisation défensive plus cohérente et un pressing avant qui dérange. Haise, à Lens, avait déjà démontré sa capacité à construire des équipes difficiles à manœuvrer. Il reproduit ce schéma à Rennes, avec des joueurs qui semblent avoir retrouvé goût à la compétition.
Ce qui est frappant dans cette montée en puissance, c'est la régularité. On ne parle pas d'un feu de paille. Sur les sept dernières journées, Rennes n'a perdu que deux fois en championnat — un ratio qui, extrapolé sur une saison entière, suffit largement pour prétendre à une place européenne, voire au podium. Et si les pièces continuent de se mettre en place comme elles le font depuis l'arrivée de l'entraîneur normand, la lutte pour le top 3 pourrait bien s'animer de façon spectaculaire.
À Marseille, on surveille forcément. Roberto De Zerbi sait mieux que quiconque que la Ligue 1 n'offre aucun confort, aucun droit à la décompression. Un faux pas marseillais couplé à un succès rennais, et le tableau change du tout au tout. C'est aussi ça, le charme du football français — personne n'est à l'abri.
Du côté du Roazhon Park, l'atmosphère a changé. Les supporters bretons ont longtemps vécu sur le souvenir d'une époque dorée — les nuits européennes, les grands coups en Ligue Europa Conférence. Avec Haise, il ne s'agit plus de nostalgie mais de projection. L'entraîneur construit quelque chose, brique par brique, match par match. Et visiblement, ça prend.
La suite du calendrier dira si Rennes est capable de soutenir cette pression. Mais une chose est sûre : les Bretons ont remis le foot de combat à l'honneur, et la Ligue 1 a tout à y gagner. Un Marseille poussé dans ses retranchements, une course européenne ouverte jusqu'au bout — le scénario s'écrit, et Franck Haise tient la plume.