Porté par un Ousmane Dembélé stratosphérique, le PSG s'est imposé contre Toulouse et remet la pression sur Lens dans la course au titre de Ligue 1.
Six buts à l'aller, une démonstration à domicile au retour — le Toulouse Football Club commence à connaître par cœur les contours de ce cauchemar parisien. Mais cette fois, c'est un seul homme qui a dicté la loi. Ousmane Dembélé traverse cette saison de Ligue 1 comme on traverse un salon vide : à toute vitesse, sans obstacle, sans même daigner regarder par-dessus son épaule. Face au Téfécé, l'international français a été proprement insaisissable, confirmant qu'il vit une forme de grâce que peu d'ailiers européens connaissent en ce moment.
Une machine Dembélé qui tourne à plein régime, et un PSG qui reprend ses habitudes dominatrices
Il y a quelque chose d'assez fascinant à regarder Dembélé opérer depuis le début de cette saison. L'ailier de 27 ans, longtemps perçu comme un talent fracassant mais irrégulier — le genre de joueur capable du chef-d'œuvre un dimanche et de l'invisibilité totale le suivant — semble avoir fusionné avec une autre version de lui-même. Celle qui assume, qui porte, qui décide. Le PSG post-Mbappé devait trouver un nouveau visage tutélaire sur le plan offensif. Le Barcelonais reconverti en talisman parisien s'est imposé sans discussion dans ce rôle.
Face à Toulouse, ses accélérations dans le dos de la défense haut-garonnaise ont rendu la tâche absolument ingrate pour les défenseurs du Téfécé. Toulouse n'est pourtant pas une équipe qui se laisse marcher dessus — le triplé de Vitinha Neves lors du match aller en août (victoire 6-3 au Stadium de Toulouse) avait suffi à masquer la solidité tactique des hommes de Carles Martínez Novell. Mais quand le PSG tourne à ce niveau d'intensité collective, avec un Dembélé en mode percussion permanente, peu d'équipes de Ligue 1 ont les ressources pour résister sur la durée.
Ce qui frappe dans le jeu parisien actuel, c'est la densité. Luis Enrique a construit une équipe qui presse haut, qui récupère vite et qui transite en quelques touches vers des situations de but. L'empreinte barcelonaise du technicien asturien est évidente — ce goût pour la possession verticale, ce refus du jeu latéral stérile. Et Dembélé, formé justement au Barça, en est devenu le métronome offensif idéal. Paradoxe de l'histoire : c'est hors de Catalogne qu'il s'est enfin trouvé.
- 6-3 : score du match aller entre le PSG et Toulouse au Stadium en août, avec un triplé de Vitinha Neves
- 27 ans : l'âge d'Ousmane Dembélé, entré dans la plénitude de son talent cette saison
- 2 victoires en 2 confrontations cette saison entre le PSG et le Toulouse FC, avec 10 buts inscrits côté parisien
- Top 2 de Ligue 1 : le PSG recolle ou dépasse Lens au classement, relançant une bataille au sommet
Lens dans le viseur, un titre qui se joue peut-être maintenant
La pression sur le Racing Club de Lens est désormais réelle. Les Sang et Or, qui avaient réussi à tenir le PSG à distance respectable pendant plusieurs semaines, se retrouvent dans une situation inconfortable. Quand Paris gagne avec cette manière, avec cette marge, le signal envoyé au reste du championnat est univoque. Le PSG ne gère pas — il accélère.
C'est là que réside peut-être le vrai danger pour Lens. Will Still, le jeune entraîneur belge qui a apporté un dynamisme certain au club artésien, a bâti une équipe sur la résilience et le collectif bien huilé. Mais un PSG en pleine confiance, dopé par les performances individuelles de Dembélé et la cohérence du système Luis Enrique, c'est un adversaire d'une autre nature. Le Lens de cette saison fait penser au Lens de 1998, celui qui avait un temps tenu tête à une domination écrasante avant de finir par céder. L'histoire du football français a cette particularité cruelle : les challengers du PSG finissent souvent par manquer de munitions au moment précis où la saison bascule.
Reste que Ligue 1 cette saison n'est pas aussi linéaire qu'on pourrait le croire. L'Olympique de Marseille de Roberto De Zerbi a montré par séquences qu'il pouvait emballer des matchs et perturber les meilleures équipes. Monaco, de son côté, continue de produire un football séduisant qui ne demande qu'un peu de régularité pour devenir vraiment menaçant. Mais ni l'un ni l'autre ne semble aujourd'hui capable de tenir le rythme que le PSG impose quand il joue à son niveau.
Ce que cette victoire contre Toulouse dit au fond, c'est que Luis Enrique a réussi sa transition. La saison passée, encore marquée par l'ombre de Kylian Mbappé et les tergiversations autour de son départ, avait empêché le technicien espagnol de construire réellement son équipe. Cette saison, le projet est lisible, les hommes sont en place, et Dembélé s'est levé au bon moment. C'est rarement anodin quand un ailier de ce calibre décide de prendre les rênes d'un grand club — on pense à Franck Ribéry au Bayern Munich dans ses grandes années, capable à lui seul de modifier l'équilibre d'un match par sa simple présence dans l'axe adverse.
La suite du calendrier dira si le PSG peut maintenir cette pression. Mais en attendant, les chiffres sont là, le spectacle est au rendez-vous, et Ousmane Dembélé continue d'écrire ce qui ressemble de plus en plus à la meilleure saison de sa carrière. Lens est prévenu. La Ligue 1 aussi.