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Football

L'Italie rate encore le Mondial et lorgne sur un Brésilien pour se reconstruire

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Eliminée pour la troisième fois consécutive d'une Coupe du monde, l'Italie envisage de naturaliser un attaquant brésilien pour relancer la Squadra Azzurra.

L'Italie rate encore le Mondial et lorgne sur un Brésilien pour se reconstruire

Trois fois. Trois Coupes du monde de suite sans Italie. Le chiffre est brutal, presque obscène pour une nation qui a soulevé le trophée Jules-Rimet à quatre reprises. Après 2018 et 2022, la Squadra Azzurra a replongé dans le même cauchemar, incapable de franchir le cap des barrages et condamnée à regarder le Mondial 2026 depuis son canapé. Face à l'ampleur du désastre, la Fédération italienne de football n'a visiblement plus le luxe de tergiverser. Une piste sortie de nulle part commence à circuler dans les couloirs de la FIGC : naturaliser un attaquant brésilien pour donner enfin à la Nazionale les armes offensives qui lui manquent cruellement.

Le naufrage qui change tout à Rome

On ne guérit pas trois fois du même mal sans se remettre en question jusqu'aux fondations. L'élimination de l'Italie a provoqué une onde de choc qui dépasse largement les frontières de la péninsule. Des médias brésiliens aux tabloïds anglais, tout le monde a ironisé sur le géant déchu. Mais derrière les moqueries, il y a une réalité statistique implacable : l'Italie n'a inscrit que 14 buts en 10 matchs de qualification, un rendement catastrophique pour une sélection qui ambitionne de jouer les premiers rôles sur la scène mondiale. Matteo Retegui a beau être l'un des attaquants les plus en forme de Serie A cette saison, le constat s'impose de lui-même : la Nazionale manque de profondeur, de solutions, de feu offensif.

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Le sélectionneur Luciano Spalletti, dont l'avenir à la tête de l'équipe nationale est désormais sérieusement remis en cause, avait pourtant tenté de construire quelque chose après l'Euro 2024. Insuffisant. La machine italienne cale au pire moment, et les dirigeants fédéraux cherchent des réponses rapides à un problème structurel qui s'étale sur près d'une décennie. Certains commencent à regarder du côté du Brésil, terre fertile en talents offensifs, où plusieurs joueurs évoluant en Europe pourraient être éligibles à une naturalisation italienne via leurs origines ou leur résidence prolongée sur le sol transalpin.

Le profil brésilien qui fait saliver la FIGC

L'identité exacte de l'attaquant ciblé n'a pas encore été officiellement confirmée, mais le profil qui circule est celui d'un buteur prolifique, déjà installé dans le championnat italien, et dont les statistiques parlent d'elles-mêmes. Ce type de démarche n'est pas inédit dans le football européen. L'Espagne a naturalisé Diego Costa, le Portugal a intégré des joueurs aux origines brésiliennes pendant des années, et la Croatie a fabriqué une génération dorée en partie grâce à la diaspora. L'Italie, longtemps réticente à ce genre de raccourcis, semble prête à franchir le pas.

Ce qui est frappant, c'est la vitesse à laquelle le débat a émergé après l'élimination. En quelques heures, les réseaux italiens se sont enflammés. Entre ceux qui voient dans cette naturalisation une trahison de l'identité footballistique italienne et ceux qui réclament du pragmatisme à tout prix, le fossé est immense. Mais la FIGC, elle, regarde les chiffres. Et les chiffres disent qu'avec moins de 1,5 but par match en qualification, on ne va nulle part.

Ce buteur brésilien — dont les performances en Serie A ont attiré l'attention des recruteurs fédéraux — présente un profil atypique pour la Nazionale : explosif, technique, capable de créer le danger dos au but comme dans la profondeur. Exactement ce qui manque à une Italie trop portée sur le bloc défensif et l'organisation collective depuis des années. Depuis la génération Totti-Del Piero-Inzaghi, l'Italie n'a jamais vraiment retrouvé un attaquant capable de peser seul sur un match. Retegui a des qualités, mais une concurrence de haut niveau ne peut que le tirer vers le haut.

Naturalisation, identité et pragmatisme, l'Italie face à ses contradictions

Le football italien est paradoxal. La Serie A est l'un des championnats les plus cosmopolites d'Europe, avec des clubs comme l'Inter Milan ou l'AC Milan qui ont bâti leur légende sur des effectifs internationaux. Pourtant, la Nazionale a longtemps cultivé un entre-soi, une fierté de ne sélectionner que des joueurs formés dans le creuset du calcio. Ce modèle a produit des champions du monde en 2006, une génération Pirlo-Buffon-Cannavaro qui reste gravée dans les mémoires. Mais ce modèle est à bout de souffle.

La naturalisation d'un Brésilien ne sera pas une baguette magique. Ce serait une erreur de le croire. Les problèmes de l'Italie sont plus profonds : un vivier de jeunes talents insuffisamment développés, une culture tactique trop conservatrice dans les centres de formation, et une dépendance aux schémas défensifs qui étouffe la créativité des attaquants. Intégrer un joueur brésilien peut apporter un souffle nouveau, une énergie différente, mais cela ne résoudra pas les problèmes structurels du football de formation transalpin.

Reste une question qui agite les commentateurs italiens depuis l'élimination : jusqu'où la FIGC est-elle prête à aller ? Si la naturalisation aboutit, ce sera un signal fort envoyé à toute une génération de joueurs nés ailleurs mais évoluant en Italie. Plusieurs noms pourraient alors suivre. Le précédent Matteo Retegui — né en Argentine, naturalisé italien — a ouvert une brèche. Une brèche que la fédération semble décidée à élargir.

En attendant le Mondial 2026, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, l'Italie dispose d'un temps limité pour se réinventer. La naturalisation d'un attaquant brésilien prolifique pourrait être le premier acte d'une reconstruction audacieuse — ou le symbole d'une fédération qui cherche des solutions de façade plutôt que de regarder en face ses propres failles. Le verdict tombera sur le terrain. Il tombe toujours sur le terrain.

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