Après Mohamed Salah, Liverpool perd Andy Robertson en fin de saison. Le capitaine écossais quitte les Reds libre de tout contrat.
Salah d'abord, Robertson ensuite. Liverpool est en train de vivre une révolution silencieuse mais radicale, et l'été prochain ressemblera à un chantier d'ampleur historique à Anfield. Le club merseyside a officialisé cette semaine le départ du défenseur écossais Andy Robertson à l'issue de la saison en cours, le latéral gauche n'ayant pas prolongé son contrat. Une page supplémentaire se tourne, et pas des moindres.
Robertson libre, la confirmation d'une rupture générationnelle
Selon nos informations, les négociations entre le camp du joueur et la direction de Liverpool ont traîné en longueur depuis plusieurs mois, sans jamais aboutir. Le club a préféré officialiser la situation plutôt que de laisser planer le doute jusqu'au mercato estival. Andy Robertson, 30 ans, quittera donc Anfield sans indemnité de transfert. Libre. Après dix ans de bons et loyaux services, ou presque, le défenseur écossais s'en va sans bruit, mais avec un palmarès qui parle pour lui.
Le départ intervient quelques semaines seulement après l'annonce officielle du non-renouvellement de Mohamed Salah, lui aussi en fin de contrat en juin. Deux cadres, deux départs, deux symboles d'une époque révolue. À en croire l'entourage du joueur, Robertson souhaitait continuer l'aventure, mais les conditions proposées n'ont pas satisfait ses attentes sportives et financières. La réalité, c'est que Liverpool restructure, et que la direction sportive du club, emmenée par Richard Hughes depuis l'été 2023, assume pleinement ce tournant.
Pour Robertson, les chiffres de sa carrière sous le maillot rouge sont éloquents. Près de 350 matchs toutes compétitions confondues, un titre de champion d'Angleterre, une Ligue des Champions remportée en 2019 face au Tottenham Hotspur, une FA Cup, deux Carabao Cups. L'Écossais a été l'un des meilleurs latéraux gauches d'Europe pendant plusieurs saisons, pierre angulaire du système de Jürgen Klopp.
De Hull City à Anfield, une trajectoire hors norme
Pour comprendre ce que représente Robertson à Liverpool, il faut remonter à l'été 2017. Le club le recrute pour seulement 8 millions d'euros en provenance de Hull City, alors relégué en Championship. Une somme dérisoire pour celui qui allait devenir l'un des arrières gauches les plus dominants de Premier League. Peu y croyaient vraiment à l'époque. L'histoire s'est chargée de les contredire.
Sous les ordres de Jürgen Klopp, Robertson a gagné en stature, en leadership, en influence. Capitaine de l'équipe nationale écossaise depuis 2018, il a incarné pendant des années le profil type du joueur Klopp — pressing intense, générosité défensive, volume de jeu impressionnant sur tout le flanc gauche. À son meilleur niveau, il a compilé jusqu'à 12 passes décisives en une seule saison de Premier League, un chiffre exceptionnel pour un défenseur latéral.
La fin du règne Klopp, en mai 2024, a cependant marqué un tournant. Arne Slot, arrivé en provenance du Feyenoord Rotterdam pour succéder à l'Allemand, a construit une équipe compétitive — Liverpool domine la Premier League cette saison — mais le projet s'inscrit dans une logique de renouvellement. Robertson, dont les performances ont parfois été jugées irrégulières lors des deux derniers exercices, n'entre plus dans les plans à long terme du technicien néerlandais. Le message est clair, même si personne ne l'a formulé aussi directement en public.
Un mercato estival à hauts risques pour les Reds
Perdre Salah et Robertson le même été, c'est objectivement un défi colossal sur le plan sportif et médiatique. Selon nos informations, la direction de Liverpool a déjà identifié plusieurs profils pour renforcer le couloir gauche. Des noms circulent en Europe — notamment du côté de la Bundesliga et de la Liga — mais aucune piste n'est encore suffisamment avancée pour être confirmée à ce stade.
Le cas Robertson soulève aussi une question plus large sur la capacité des grands clubs anglais à gérer la fin de cycle sans traumatisme. Manchester United a mal vécu ses transitions, Arsenal a mis des années à digérer l'ère Wenger. Liverpool, lui, a déjà prouvé par le passé qu'il savait se réinventer. Le recrutement de Virgil van Dijk en janvier 2018 pour 84,65 millions d'euros — record mondial pour un défenseur à l'époque — avait précisément été le signal d'une montée en puissance calculée.
La question, aujourd'hui, est de savoir si Arne Slot et Richard Hughes ont les épaules assez larges pour renouveler ce type d'opérations intelligentes. Le contexte économique du football anglais, avec le fair-play financier de la Premier League désormais plus contraignant, complique l'équation. Liverpool ne peut pas dépenser sans limite. Il devra vendre pour acheter, ou trouver des profils sous-cotés, comme Robertson l'était en 2017.
Robertson, de son côté, ne manquera pas de prétendants. À 30 ans, il reste un joueur de très haut niveau lorsqu'il est utilisé à bon escient. Des clubs de Premier League pourraient se positionner, tout comme certaines écuries européennes. Ses représentants auraient déjà reçu plusieurs approches, à en croire son entourage. Le prochain chapitre s'écrit.
Ce qui est certain, c'est qu'Anfield ne sera plus tout à fait le même à la reprise de la saison prochaine. Salah, Robertson, et peut-être d'autres encore — la reconstruction est lancée, qu'on le veuille ou non. Arne Slot hérite d'une équipe en tête du championnat, d'un projet solide, mais aussi d'un chantier humain considérable à gérer dans les prochains mois. Le vrai test pour l'entraîneur néerlandais ne sera peut-être pas cette saison. Il commence cet été.