Écrasés 4-0 par Manchester City en FA Cup, les Reds débarquent à Paris mercredi dans un état de délabrement rarement vu pour un club de ce calibre.
Quatre buts encaissés, zéro réponse sur le terrain, et un vestiaire qui, selon nos informations, gronde en sourdine. Liverpool s'est fait humilier par Manchester City ce samedi en FA Cup, et le timing ne pouvait pas être plus catastrophique. Mercredi soir, les hommes d'Arne Slot posent leurs valises au Parc des Princes pour un choc de Ligue des Champions face au Paris Saint-Germain. Un rendez-vous majeur, et les Reds y arrivent brisés.
Une débâcle à Wembley qui rouvre toutes les plaies
Le score de 4-0 infligé par Manchester City en FA Cup, c'est bien plus qu'une défaite de coupe. C'est un électrochoc brutal qui remet en question tout ce que Liverpool avait construit depuis le début de la saison. Les Citizens ont fait ce qu'ils savent faire contre une équipe en perdition : ils ont appuyé sur les meurtrissures, exploité les espaces, transformé chaque transition en sentence. Liverpool n'a jamais existé.
Arne Slot, le technicien néerlandais qui a succédé à Jürgen Klopp sur le banc d'Anfield, se retrouve dans une position inconfortable. Lui qui avait réussi à maintenir une certaine continuité en début de saison voit aujourd'hui son vestiaire montrer des signes de fragmentation. À en croire l'entourage du groupe professionnel, le moral est au plus bas. Les automatismes qui faisaient la force des Reds ont disparu, remplacés par une fébrilité défensive et une stérilité offensive inquiétantes.
Mohamed Salah, en fin de contrat et dont l'avenir à Liverpool reste flou, n'a pas pesé sur la rencontre. Virgil van Dijk, lui aussi dans la dernière ligne droite de son bail, a semblé dépassé par les événements. Deux cadres absolus, deux géants du football européen, réduits à l'état de spectateurs dans leur propre match. C'est l'image la plus parlante de ce Liverpool-là.
Un club fragilisé par des mois de turbulences cachées
Pour comprendre ce chaos, il faut remonter plusieurs semaines en arrière. Liverpool n'est pas tombé du ciel en l'espace d'un week-end. Les signaux d'alarme clignotaient depuis un moment, mais la solidité apparente des résultats en Premier League avait permis de maquiller les fissures. Avec 60 points au compteur avant cette désintégration, les Reds trônaient en tête du championnat anglais. Les chiffres rassurants avaient anesthésié la critique.
Mais en coulisses, la situation est nettement plus complexe. Les négociations contractuelles avec Salah et Van Dijk ont installé une atmosphère de flottement dans le vestiaire. Quand les deux leaders d'une équipe ne savent pas s'ils seront encore là la saison prochaine, c'est tout un groupe qui perd ses repères. Ce type de situation, les observateurs du football anglais le savent, ronge les collectifs de l'intérieur bien plus sûrement qu'une série de défaites.
Slot, de son côté, n'a pas encore trouvé les mots, ni les schémas tactiques, pour maintenir le niveau d'intensité qu'exige la saison la plus longue de l'histoire du club. Liverpool joue sur tous les fronts, et les jambes commencent à répondre moins vite que la tête. La Ligue des Champions a imposé ses propres exigences, et la FA Cup, que beaucoup considéraient comme une parenthèse gérable, s'est transformée en révélateur impitoyable.
Le PSG face à un adversaire blessé mais jamais inoffensif
Du côté de Paris, on observe. Et on n'est pas mécontent de ce qu'on voit. Luis Enrique avait préparé cette double confrontation depuis des semaines, et l'état de délabrement affiché par Liverpool change forcément les paramètres. Un adversaire blessé dans son orgueil peut devenir imprévisible — les Reds ont suffisamment d'expérience européenne pour ne jamais être rayés d'un trait de plume — mais un adversaire qui perd 4-0 à 96 heures d'un match de Ligue des Champions, ça change les rapports de force.
Le Parc des Princes, plein à craquer mercredi soir, va se transformer en chaudron. Le PSG, qui cherche à s'affirmer comme une vraie puissance continentale sous l'ère Luis Enrique, sait que battre Liverpool — même un Liverpool en crise — aurait une valeur symbolique considérable. Ousmane Dembélé, en grande forme ces dernières semaines, représente le danger numéro un pour une défense rédienne qui encaisse comme un passoire dès que la pression monte.
Reste une inconnue de taille : comment Liverpool va-t-il réagir ? L'histoire du club est faite de ces résurrections que personne n'avait vues venir. En 2005 à Istanbul, les Reds étaient menés 3-0 à la mi-temps de la finale de Ligue des Champions face au Milan AC. On connaît la suite. Slot le sait, ses joueurs le savent. L'humiliation de Wembley peut soit achever ce groupe, soit le réveiller d'une manière que peu anticipent.
Ce qui est certain, c'est que Liverpool arrive à Paris sans filet. Pas le droit à l'erreur, pas le droit à l'approximation. Si les Reds s'inclinent au Parc des Princes avec la même désorganisation que face à City, les questions sur l'avenir d'Arne Slot, sur le recrutement hivernal raté, sur les choix de la direction, vont s'abattre comme une tempête sur Anfield. Mercredi soir, c'est bien plus qu'un match de Ligue des Champions qui se joue. C'est peut-être l'âme d'une équipe qui est en jeu.