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Football

Salah titulaire contre Chelsea, Slot clôt la polémique

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après sa mise sur le banc face au PSG en Ligue des Champions, Mohamed Salah retrouve sa place de titulaire en Premier League. Un signal fort d'Arne Slot.

Salah titulaire contre Chelsea, Slot clôt la polémique

Soixante-douze heures après une soirée qui a failli tout faire basculer, Mohamed Salah était bien aligné dans le onze de départ de Liverpool samedi en Premier League. La décision d'Arne Slot de laisser l'Égyptien sur le banc lors du quart de finale aller de Ligue des Champions face au Paris Saint-Germain — défaite 2-0 à Anfield, un résultat qui fait mal — avait ouvert une brèche narrative que les médias britanniques s'étaient empressés d'élargir. Clash entre l'entraîneur et sa star, fin de cycle, départ anticipé cet été... Le feuilleton n'aura finalement duré que quelques jours. Slot a tranché, et Salah est là où il a toujours été : sur le terrain.

Un choix tactique transformé en crise par l'ampleur de la défaite

Pour comprendre l'emballement, il faut revenir au contexte exact de la décision. Arne Slot n'a pas mis Mohamed Salah sur le banc par caprice ou par conflit larvé. Le technicien néerlandais, arrivé à Liverpool l'été dernier pour succéder à Jürgen Klopp après treize ans de règne, a opté pour une rotation calculée face au PSG, préservant son joueur le plus influent en vue d'une semaine chargée. Une logique sportive parfaitement défendable. Sauf que Liverpool a perdu 2-0, que les Reds ont semblé dépourvus de leur principal créateur offensif pendant l'essentiel du match, et que Salah est entré en cours de jeu sans parvenir à changer la donne.

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C'est cette combinaison — choix discutable plus résultat désastreux — qui a transformé une décision banale en sujet de société à Liverpool. Anfield Road n'est pas un club comme les autres : c'est une institution où chaque choix de l'entraîneur est scruté avec une intensité particulière, et où Mohamed Salah occupe depuis 2017 un statut quasi-mythologique. Sept saisons, plus de 220 buts sous le maillot rouge, trois titres majeurs dont une Premier League et une Ligue des Champions — les chiffres parlent d'eux-mêmes.

La question de son avenir contractuel n'arrange rien. Salah est en fin de contrat en juin 2025, et les négociations pour une prolongation se font dans un silence assourdissant qui alimente toutes les spéculations. À 32 ans, le joueur reste statistiquement l'un des cinq attaquants les plus prolifiques d'Europe sur la saison en cours, avec plus de 25 contributions directes toutes compétitions confondues. Difficile, dans ces conditions, de parler de mise à l'écart progressive sans que la presse ne s'enflamme.

  • 220 buts et passes décisives en championnat depuis son arrivée à Liverpool en 2017
  • 2-0 : le score de la défaite contre le PSG au quart de finale aller de la Ligue des Champions
  • 32 ans : l'âge de Salah, dont le contrat expire en juin 2025
  • Plus de 25 contributions offensives toutes compétitions cette saison

Slot envoie un message, mais le vrai sujet reste ailleurs

En alignant Salah d'entrée contre Chelsea, Arne Slot a fait ce que font les grands entraîneurs dans ces moments-là : il a répondu par les actes. Pas de conférence de presse enflammée, pas de déclaration tonitruante. Le geste suffisait. Mais derrière cette apparente normalité retrouvée, la situation de Liverpool reste complexe et les enjeux qui s'accumulent d'ici la fin de saison sont considérables.

Il y a d'abord l'Europe. Menés 2-0 avant le match retour au Parc des Princes face au Paris Saint-Germain de Luis Enrique, les Reds devront réaliser l'un des comebacks les plus spectaculaires de leur histoire européenne récente pour atteindre les demi-finales. La tâche est immense, et nul doute que Salah, s'il est dans son état de forme habituel, sera au cœur du dispositif. Liverpool reste l'une des équipes les plus redoutables en déplacement en Europe cette saison, mais remonter deux buts d'écart contre une équipe parisienne qui a confirmé tout le bien qu'on pensait d'elle relève d'un défi d'une tout autre nature.

Il y a ensuite la course au titre en Premier League. Liverpool se bat pour conserver sa première place face à la pression d'Arsenal et de Manchester City, qui, malgré une saison en demi-teinte par rapport à ses standards habituels, reste une machine capable de se rappeler aux mauvais souvenirs à tout moment. Chaque point compte, chaque match perdu ou nul peut coûter le championnat. Dans ce contexte, se priver de Salah — même ponctuellement — devient un luxe que Slot ne peut se permettre qu'avec beaucoup de précautions.

La vraie question, celle qui court sous toutes les autres, est évidemment contractuelle. Mohamed Salah libre de tout engagement en juillet prochain représente une opportunité que les plus grands clubs du monde observent avec attention. La Saudi Pro League, qui avait déjà approché le joueur l'été 2023, serait toujours dans le dossier. Mais des clubs européens — on cite régulièrement le FC Barcelone ou l'Atlético de Madrid — ne seraient pas insensibles à l'idée de recruter l'un des meilleurs ailiers des dix dernières années sans la moindre indemnité de transfert.

Liverpool, de son côté, sait ce qu'il perdrait. Perdre Salah sur un transfert libre après l'avoir vu quitter Anfield sans un dernier titre, ce serait une blessure sportive et symbolique difficile à cicatriser. Le club a les moyens financiers de prolonger, la volonté semble là — du moins publiquement — mais le temps presse et chaque semaine qui passe sans annonce alimente un peu plus l'incertitude.

Arne Slot navigue donc dans des eaux particulièrement agitées pour un entraîneur à sa première saison sur un banc aussi exposé que celui de Liverpool. Gérer la fin de contrat d'une icône tout en menant simultanément deux courses majeures — un titre national et un quart de finale européen à remonter — n'a rien d'un exercice ordinaire. Sa décision de titulariser Salah face à Chelsea dit une chose simple : le Néerlandais a besoin de son joueur, et il entend bien que tout le monde le sache. La suite dira si cette réconciliation de façade cache ou non des tensions plus profondes. Mais pour l'heure, à Anfield, on préfère regarder vers l'avant — et vers Paris.

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