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Football

OGC Nice au bord du gouffre, Claude Puel sans filet

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Battus 3-1 par Strasbourg, les Niçois s'enfoncent en bas de tableau et voient la Ligue 2 se rapprocher dangereusement. Une crise existentielle.

OGC Nice au bord du gouffre, Claude Puel sans filet

Trois buts encaissés, un seul marqué, et une équipe qui semble avoir perdu jusqu'à l'envie de se battre. La défaite de l'OGC Nice face au RC Strasbourg (3-1) n'est pas un simple faux pas — c'est le reflet d'un club en déshérence totale, incapable de trouver la moindre cohérence dans son jeu comme dans sa tête. À quelques journées de la fin de saison, les Aiglons regardent dans le rétroviseur et ce qu'ils y voient n'est pas beau : les barrages de relégation, voire la descente directe en Ligue 2, ne sont plus des hypothèses de travail. Ce sont des réalités qui cognent à la porte.

Comment une équipe aussi bien dotée a-t-elle pu en arriver là ?

La question mérite d'être posée sans détour. L'OGC Nice, propriété du groupe INEOS dirigé par Sir Jim Ratcliffe depuis 2019, a été l'un des projets les plus ambitieux du football français ces dernières années. Des investissements massifs, des recrutements ronflants, une Coupe de France en 2023 comme signe tangible que quelque chose se construisait sur la Côte d'Azur. Et pourtant.

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La saison 2024-2025 ressemble à un naufrage au ralenti. Nice pointe à une position de relégable et encaisse les défaites avec une régularité qui finit par ressembler à de la fatalité. Face à Strasbourg, les Alsaciens — eux-mêmes engagés dans une course à la survie — n'ont pas eu à forcer leur talent pour l'emporter. Trois buts, dont deux en première période, ont suffi à éteindre définitivement les velléités niçoises. Nice n'a remporté que deux de ses dix derniers matchs de championnat — une statistique qui, à elle seule, résume l'étendue du désastre.

Les raisons sont multiples et s'accumulent comme des ardoises dans un bistrot oublié. Un vestiaire fracturé par les départs successifs et les changements de cap incessants, une identité de jeu introuvable, et surtout cette impression tenace que le groupe ne joue plus pour quelque chose — ni pour un titre, ni pour l'Europe, ni même pour sa peau.

Claude Puel peut-il encore renverser la table ?

C'est la grande interrogation qui agite le Gym en ce moment. Claude Puel, rappelé à la tête de l'équipe dans l'espoir d'un miracle qu'il avait déjà accompli lors de son premier passage, se retrouve face à un défi autrement plus périlleux. À 63 ans, l'entraîneur castrais a une réputation de tacticien rigoureux, homme de structure et de travail. Mais la structure, justement, semble absente.

Son bilan depuis sa prise de fonction est insuffisant pour parler d'une vraie dynamique positive. Les quelques matchs encourageants ont vite été effacés par des rechutes inquiétantes. Face à Strasbourg, son équipe a semblé désorganisée, fébrile défensivement, et stérile offensivement pendant de trop longues séquences. Un seul but inscrit, sur l'ensemble d'un match où Nice aurait dû se montrer incandescent pour espérer remonter la pente — la réalité est cruelle.

Puel dispose de peu de marges de manœuvre. Le mercato hivernal est loin, les automatismes sont compliqués à installer dans une course contre la montre, et la pression psychologique sur des joueurs déjà fragiles ne peut que s'alourdir à mesure que le calendrier tourne. Chaque match est désormais une finale. Et les finales, Nice les perd trop souvent cette saison.

Il serait injuste de tout mettre sur le dos du technicien. Puel a hérité d'une situation compliquée, d'un effectif déséquilibré et d'une confiance collective érodée par des mois de turbulences. Mais le football ne récompense pas l'excuse — il récompense les points. Et les points manquent cruellement.

Que se passerait-il concrètement si Nice descendait en Ligue 2 ?

La question peut sembler prématurée. Elle ne l'est pas. Quand on navigue à des places de relégable avec peu de journées à jouer, il faut envisager tous les scénarios, y compris le pire. Et pour un club comme l'OGC Nice, la Ligue 2 serait une catastrophe à plusieurs niveaux.

D'abord sportivement : la Côte d'Azur ne mérite pas le deuxième échelon du football français. Une ville de cette dimension, un bassin de supporters passionnés, un stade l'Allianz Riviera qui affiche des affluences moyennes autour de 25 000 spectateurs — tout cela nourrit une ambition naturellement tournée vers l'Europe, pas vers les déplacements à Gueugnon ou Rodez.

Ensuite économiquement, et c'est peut-être là que le bât blesse le plus fort. La descente en Ligue 2 signifie une chute brutale des droits télévisuels — de l'ordre de 60 à 70 % selon les estimations — une hémorragie de sponsors et une remise en cause totale du modèle économique bâti par INEOS. Les actionnaires britanniques, qui ont déjà opéré des coupes drastiques dans leurs autres projets sportifs, n'auraient aucune raison de maintenir un niveau d'investissement identique dans une équipe de deuxième division française.

Les joueurs à valeur marchande quitteraient le navire dès le premier mercato estival venu. Un possible effet domino qui pourrait transformer Nice en club fantôme en l'espace d'un été. Ce n'est pas de la science-fiction — on a vu des clubs bien plus solides s'effondrer après une relégation mal digérée.

Les prochaines semaines seront absolument déterminantes. Si Nice ne réussit pas à engranger des victoires en série, la question ne sera plus de savoir si le club passe par les barrages — elle sera de savoir si le Gym retrouvera la Ligue 1 la saison prochaine ou dans deux ans. Puel le sait, les dirigeants le savent, et les supporters qui remplissent l'Allianz Riviera avec une foi de charbonniers le savent aussi. La mission sauvetage a démarré trop tard, elle manque d'intensité, et le temps, lui, ne s'est jamais montré aussi impitoyable. Nice n'a plus le droit à l'erreur — ni à l'indifférence.

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