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Football

OL en chute libre, les ambitions européennes s'évaporent

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le nul à Angers (0-0) confirme la spirale négative de Lyon. Paulo Fonseca ne parvient plus à redresser un club qui regarde les places européennes de loin.

OL en chute libre, les ambitions européennes s'évaporent

Quelque part, il y a une ironie cruelle à voir l'Olympique Lyonnais ramener un point d'un match contre Angers — un club qui se bat pour survivre en Ligue 1. Ce 0-0 anonyme au Raymond-Kopa n'est pas un accident de parcours. C'est le symptôme d'une équipe qui a perdu le fil, peut-être même la foi. Paulo Fonseca, arrivé cet été avec son CV ibérique bien garni et ses idées de jeu ambitieuses, se retrouve face à une réalité que aucune préparation tactique ne peut anticiper : un vestiaire qui ne vibre plus.

Un OL fantomatique que les chiffres accablent

Pour comprendre l'étendue du problème lyonnais, il faut remonter quelques semaines en arrière. La courbe est limpide, et elle descend. Les Gones n'enchaînent plus rien — pas deux victoires consécutives, pas deux prestations convaincantes à la suite, pas même la consolation d'un jeu identifiable. Le Groupama Stadium, jadis forteresse de la domination française au tournant des années 2000, ressemble désormais à un chantier sans architecte.

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Paulo Fonseca a pourtant les outils théoriques. L'entraîneur portugais a prouvé à Rome, puis à Lille, qu'il savait construire des équipes capables de phases offensives élaborées, de pressing haut, de transitions rapides. À Lille, il avait même réussi à hisser le LOSC en Ligue des Champions avec un budget incomparable avec ceux des mastodontes européens. Mais Lyon n'est pas Lille. Et 2024 n'est pas 2021.

Les statistiques sont impitoyables. Moins de deux buts marqués par match en moyenne sur les dernières semaines, un nombre de tirs cadrés en berne, et surtout cette incapacité à convertir les rares occasions créées. Rayan Cherki, prodige dont tout le monde attendait l'éclosion définitive, semble évoluer dans du coton. Alexandre Lacazette, capitaine et symbole du projet de reconstruction, pèse de moins en moins dans la surface adverse. À 32 ans, le retour de l'enfant du pays commence à ressembler à un pari nostalgique plutôt qu'à un choix sportif rationnel.

  • 0 victoire sur les 5 dernières journées de Ligue 1
  • Un bilan à l'extérieur parmi les plus faibles du haut de tableau
  • Moins de 35% de possession moyenne lors des matchs perdus cette saison
  • Un écart de plus de 8 points avec le dernier ticket européen

Huit points. Ce n'est pas un gouffre insurmontable sur le papier, mais au rythme actuel, c'est une distance qui se creuse à chaque week-end. La saison dernière, sous Peter Bosz puis sous Laurent Blanc, Lyon avait déjà connu ses vertiges. Le club semble condamné à répéter le cycle : promesses de renouveau, début de saison encourageant, puis effondrement progressif quand l'adversité se présente.

Fonseca sur un fil, l'institution lyonnaise à la croisée des chemins

La question n'est plus de savoir si Paulo Fonseca mérite plus de temps. Elle est de savoir ce que l'Olympique Lyonnais veut vraiment être. Parce que derrière la crise de résultats, il y a une crise d'identité bien plus profonde, héritée des années de gestion chaotique post-Jean-Michel Aulas. Le rachat par Eagle Football Group, la restructuration financière imposée, les ventes douloureuses — tout cela a laissé des cicatrices invisibles mais bien présentes dans l'organigramme et dans la tête des joueurs.

John Textor, le propriétaire américain qui jongle entre Lyon, Crystal Palace, Botafogo et d'autres actifs footballistiques comme un fonds d'investissement gère son portefeuille, n'a pas encore convaincu qu'il comprend les spécificités culturelles du football français. La direction sportive peine à imposer une ligne cohérente, et Fonseca se retrouve à naviguer sans boussole claire entre les injonctions contradictoires du board et les attentes d'un public qui se souvient encore des sept titres consécutifs.

C'est là que l'histoire du club pèse le plus lourd. Lyon entre 2002 et 2008, c'était une machine huilée, prévisible dans sa domination, presque ennuyeuse à force d'efficacité. Juninho, Karim Benzema, Éric Abidal, Sidney Govou — une génération qui avait transformé une ville entière en forteresse du football continental. Aujourd'hui, la Ligue des Champions semble aussi lointaine que cette époque dorée.

Les prochaines semaines seront déterminantes. Le calendrier ne pardonnera pas une nouvelle série de contre-performances. Face à des équipes directement concurrentes pour les places européennes, les Lyonnais ne pourront plus se contenter de faire le dos rond. Il faudra produire. Il faudra gagner. Et pour cela, il faudra que quelqu'un, dans ce vestiaire, se lève.

Rayan Cherki en est capable. À 21 ans, le milieu offensif natif de Lyon possède la technique et l'intelligence de jeu pour changer un match à lui seul. Mais le talent ne suffit pas quand le collectif est en panne. Fonseca le sait mieux que quiconque — c'est précisément ce collectif qu'il n'arrive pas à faire fonctionner. Le système 4-2-3-1 qu'il affectionne demande des automatismes que l'instabilité des compositions ne permet pas de construire.

On a vu des clubs se relever de situations similaires. Le Borussia Dortmund de 2014-2015, plombé par les blessures et le doute, semblait au bord du gouffre avant de se ressaisir en fin de saison. L'OM de Marcelo Bielsa, souvent décevant en championnat, gardait une identité de jeu reconnaissable qui permettait de croire en la reconstruction. À Lyon, aujourd'hui, il manque précisément ça — une identité. Un fil directeur. Une raison de croire.

Si les hommes de Paulo Fonseca ne trouvent pas rapidement les ressources pour inverser la tendance, la question de la position de l'entraîneur portugais se posera inévitablement avant la trêve hivernale. Et avec elle, celle, plus fondamentale, de la direction que John Textor entend vraiment donner à ce club. L'Olympique Lyonnais ne peut pas se permettre une deuxième saison consécutive hors d'Europe — ni sportivement, ni financièrement, ni symboliquement.

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