Le groupe propriétaire de Manchester City affiche une perte nette historique de 291,1 millions de livres sterling pour l'exercice 2024-2025.
Le monde du football business retient son souffle. Le City Football Group, la puissante holding qui contrôle Manchester City et plusieurs autres clubs à travers le globe, vient de publier des résultats financiers alarmants pour l'exercice clos au 30 juin 2025. Une perte nette de 291,1 millions de livres sterling : un record historique qui interroge sur la viabilité du modèle multifranchisal adopté par le groupe émirati.
Un gouffre financier sans précédent pour le groupe
Les chiffres sont brutaux. Jamais le City Football Group n'avait enregistré de telles pertes sur un seul exercice comptable. Ce résultat négatif reflète plusieurs réalités structurelles : des investissements massifs dans le développement de nouveaux clubs, des charges salariales en forte hausse et des coûts opérationnels démultipliés par la gestion d'une constellation de franchises sur quatre continents.
Le groupe, fondé en 2013 et détenu majoritairement par le fonds souverain d'Abu Dhabi Abu Dhabi United Group, possède aujourd'hui plus d'une dizaine de clubs, de New York à Mumbai en passant par Montevideo et Yokohama. Chaque acquisition représente un investissement lourd, rarement rentable à court terme. La stratégie de développement global a un prix, et ce prix se lit désormais en rouge dans les bilans comptables.
Manchester City, pilier fragilisé d'un empire sous pression
Au cœur de cette tempête financière, Manchester City reste le joyau et le principal moteur de revenus du groupe. Le club mancunien génère l'essentiel des recettes grâce à ses droits TV, ses revenus commerciaux et ses performances en Ligue des Champions. Pourtant, même ce poids lourd ne suffit plus à compenser les pertes accumulées par les filiales déficitaires.
Par ailleurs, le club traverse une période de turbulences sportives et institutionnelles. Les 115 charges pour violations présumées des règles financières de la Premier League continuent de planer comme une épée de Damoclès. Une condamnation éventuelle pourrait aggraver considérablement la situation économique du groupe et remettre en cause sa stratégie d'expansion.
Un modèle à réinventer pour survivre
Face à ces résultats, la direction du City Football Group devra impérativement revoir sa copie. Accélérer la monétisation des clubs satellites, optimiser les transferts de joueurs entre franchises et réduire la voilure sur certains marchés moins porteurs semblent être des pistes incontournables.
Les investisseurs scrutent avec attention les prochaines décisions stratégiques. Le modèle multifranchisal, longtemps présenté comme l'avenir du football moderne, montre ici ses limites financières. Si la vision reste ambitieuse, l'heure est désormais à la rigueur budgétaire. Le City Football Group a les reins solides grâce au soutien d'Abu Dhabi, mais ces pertes records envoient un signal fort : même les empires les mieux financés du football mondial ne sont pas à l'abri des réalités économiques.