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Football

Aguerd, l'absent qui pèse lourd sur les rêves marocains

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Blessé à Marseille, Nayef Aguerd traverse une période sombre. Le Maroc mise pourtant sur son retour pour le Mondial 2026. Une prise de risque calculée.

Aguerd, l'absent qui pèse lourd sur les rêves marocains

Nayef Aguerd ne joue plus. Depuis des semaines, le défenseur central de l'Olympique de Marseille accumule les blessures comme d'autres accumulent les sélections, et c'est justement là le problème. Alors que Mohamed Ouahbi, le sélectionneur marocain, prépare l'appel pour le prochain rassemblement des Lions de l'Atlas, un nom revient en boucle : celui d'Aguerd, l'absent de plus en plus pesant.

Le Maroc n'est pas un pays qui oublie ses piliers. Aguerd, c'est 44 sélections, c'est une présence stable depuis 2017, c'est surtout le seul défenseur central marocain capable de rivaliser avec les meilleurs mondiaux dans un championnat élitiste. Sauf qu'il n'y a rien de stable dans une blessure qui traîne, rien de fiable dans un joueur qui regarde ses coéquipiers depuis les tribunes.

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Pourquoi Ouahbi mise-t-il sur son retour ?

La réponse tient en trois lettres : deux mille vingt-six. Le Mondial au Maroc, c'est dans quatre ans à peine. Pour Ouahbi, chaque camp de préparation compte. Chaque minute de compétition vaut or. Rappeler Aguerd, c'est un signal : « on ne vous oublie pas, on croit en votre rétablissement. »

Mais c'est aussi une prise de risque méthodique. Actuellement, Aguerd sort à peine de l'infirmerie de Marseille. La succession de blessures qui l'a frappé cette saison ressemble moins à une malchance qu'à un pattern préoccupant. À trente ans, on ne revient pas deux fois de suite d'une blessure musculaire comme on le ferait à vingt-trois. Le corps se souvient.

Pourtant, regarder les alternatives défensives marocaines donne des vertiges. Romain Saïss vieillit doucement à Besiktas. Achraf Dari, défenseur gauche polyvalent, reste un pari. Les autres ? Ils jouent dans des championnats secondaires, ou ils ne jouent pas du tout. Aguerd n'est donc pas rappelé par nostalgie. Il est rappelé par nécessité architecturale. C'est ce qui rend la décision moins romantique, plus cynique, plus… professionnelle.

Marseille laissera-t-il partir son défenseur ?

Voilà la vraie question. L'Olympique de Marseille, c'est un club qui se construit pièce par pièce depuis trois ans. Avec l'argent saoudien qui a fondu dans les caisses, chaque joueur compte doublement. Un défenseur central ? C'est de l'or brut à la Canebière, même blessé.

Cela dit, Marseille ne va probablement pas bloquer Aguerd pour un rassemblement international prévu dans quelques semaines. Les clubs, même affamés, savent jouer le jeu diplomatique avec les fédérations. L'enjeu n'est donc pas là. L'enjeu, c'est ailleurs : dans la récupération progressive du joueur.

Ouahbi devra jongler. Intégrer Aguerd sur trente minutes ? Une mi-temps ? Ou le garder dans le groupe sans le faire jouer ? Chaque option porte ses risques. Le laisser sur le banc enverrait un message de défiance. Le faire jouer 90 minutes serait de la folie. Et puis, reconnaissons-le, il y a quelque chose de pathétique à rappeler un joueur juste pour qu'il soit spectateur — même privilégié — dans les tribunes.

Qu'est-ce que ce choix dit du projet marocain ?

Il dit avant tout que le Maroc n'a pas de plan B crédible en défense centrale. Il dit que quatre années séparent le présent du Mondial 2026, mais que chaque jour compte. Il dit aussi quelque chose de plus large sur la réalité des sélections africaines : on joue avec ce qu'on a, on espère que ce qu'on a tiendra bon, on fait des paris calculés sur les blessures et les rétablissements.

Le Maroc a atteint les demi-finales du Mondial 2022. C'était une performance historique pour un pays africain. Depuis, les attentes ont gonflé. La pression aussi. On ne revient pas à la normal après avoir disputé une demi-finale : on veut recommencer. Ouahbi ressent cette pression. Il savait que rappeler Aguerd ferait polémique. Il a décidé de le faire quand même parce qu'il regarde le carnet d'adresses de ses défenseurs centraux et qu'il se demande comment gagner le Mondial autrement.

Aguerd, s'il revient à temps et surtout à la hauteur, restera une pièce maîtresse des plans défensifs marocains jusqu'en 2026. S'il ne revient pas, le Maroc aura un problème structurel grave bien avant 2026. C'est pour cela qu'Ouahbi appelle. C'est pour cela qu'Aguerd, même malmené par les blessures, reste indispensable. Pas par luxe, mais par réalité.

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