Folarin Balogun a crucifié l'OM d'un lob somptueux, servi par Benjamin Pavard, lors du choc de la 28e journée de Ligue 1 à Louis II.
Un lob. Un seul, mais quel lob. Folarin Balogun a réglé le sort du Classique bis de la saison dimanche soir au Stade Louis II, en expédiant le cuir par-dessus le portier marseillais d'une frappe aérienne venue d'une autre galaxie. Et le piquant de l'histoire ? C'est Benjamin Pavard, l'international français prêté par l'Inter Milan, qui a trouvé l'ouverture décisive dans le dos de la défense phocéenne. Monaco n'en avait pas besoin de deux. Un éclat de génie, et l'affaire était pliée.
Pavard lance, Balogun conclut — Monaco fait la loi chez elle
Sur la pelouse monégasque, l'AS Monaco n'a pas eu à forcer son talent. Portée par une dynamique de six matchs consécutifs sans défaite en Ligue 1 avant cette rencontre, l'équipe d'Adi Hütter a dicté le tempo face à un Olympique de Marseille incapable de trouver la faille dans l'organisation rouge et blanche. Le déplacement sur le Rocher est toujours un test de caractère — et les hommes de Roberto De Zerbi l'ont subi de plein fouet.
L'action qui tue est venue d'une combinaison qu'on n'attendait pas forcément. Benjamin Pavard, défenseur central reconverti en relanceur hors pair depuis ses débuts en principauté, a trouvé Folarin Balogun dans un espace improbable. L'attaquant américain, 23 ans et déjà une saison pleine dans les pattes avec l'ASM, n'a eu qu'une chose à faire : ajuster. Et il l'a fait avec une classe froide, soulevant le ballon par-dessus le gardien adverse d'un geste technique qui a immédiatement enflammé les tribunes du Louis II.
Ce but, c'est aussi le symbole d'un Monaco qui a su recruter intelligemment. Balogun, arrivé en provenance d'Arsenal l'été dernier pour 38 millions d'euros, répond présent dans les grands rendez-vous. Pavard, lui, apporte bien plus que sa simple présence défensive — il pense le jeu, anticipe, déclenche. Cette complémentarité entre un défenseur visionnaire et un attaquant clinique, c'est exactement ce qu'Adi Hütter avait dessiné sur le tableau blanc.
L'OM, de son côté, a semblé désorganisé chaque fois que Monaco montait d'un cran dans l'intensité. Roberto De Zerbi aura beau chercher des explications tactiques, la réalité est simple : son équipe n'a pas su imposer son pressing ni exploiter les transitions qu'elle affectionne habituellement. Dans un match à ce niveau d'enjeu, ces lacunes coûtent.
- 6 matchs sans défaite pour Monaco en Ligue 1 avant cette rencontre
- 38 millions d'euros déboursés par l'ASM pour recruter Folarin Balogun à Arsenal
- 28e journée de Ligue 1, un choc au sommet avec des implications directes sur le podium
- Benjamin Pavard, seulement prêté par l'Inter Milan — sa situation contractuelle reste une épée de Damoclès
Que retenir pour la course au podium et l'avenir immédiat des deux clubs
Ce succès propulse Monaco dans une position stratégique. Avec ce résultat, l'AS Monaco confirme qu'elle entend bien se mêler à la lutte pour les premières places de Ligue 1, voire décrocher un ticket européen de premier rang. À dix journées de la fin, chaque point devient une monnaie rare, et battre l'OM à domicile dans un tel style envoie un message fort à Paris, Lille et tous les autres prétendants.
Pour Marseille, la blessure est double. Non seulement les Phocéens perdent des points précieux dans la course aux places européennes, mais ils subissent surtout un revers psychologique. Affronter Monaco en pleine forme, sur sa pelouse, et repartir les mains vides — cela laisse des traces. Roberto De Zerbi devra recoller les morceaux rapidement, car l'agenda ne laisse aucun répit.
L'autre question qui agite les coulisses monégasques depuis plusieurs semaines concerne précisément Benjamin Pavard. Son prêt en provenance de l'Inter Milan prend fin en juin, et l'ancien défenseur du Bayern Munich n'a pas encore indiqué ses intentions. Les dirigeants de l'ASM seraient favorables à une prolongation de l'aventure, voire à un transfert définitif — mais les chiffres avancés côté nerazzurri restent élevés. Si Monaco veut bâtir sur des bases solides, conserver Pavard sera l'un des chantiers prioritaires de l'intersaison.
Quant à Balogun, le voir signer un but de cette facture dans un tel contexte ne fait que renforcer sa cote sur le marché. Plusieurs clubs anglais observent avec attention sa progression en Ligue 1, et un été agité autour de son cas n'est pas à exclure si Monaco ne confirme pas ses ambitions avec une qualification en Ligue des Champions. L'attaquant américain vaut désormais bien plus que les 38 millions payés à l'été 2024.
Une chose est sûre : ce Monaco-OM du 28e acte de la saison restera dans les mémoires pour ce lob venu d'ailleurs. Et dans la lutte acharnée qui se dessine pour les dernières places de podium, les Rouge et Blanc ont montré qu'ils avaient les armes — et le sang-froid — pour aller chercher ce qu'ils veulent.