Après le succès 2-1 de Monaco contre l'OM, Sébastien Pocognoli a pris la parole sur l'avenir de Paul Pogba au Rocher. Un dossier brûlant.
Deux buts, trois points, et une question qui brûle les lèvres depuis des semaines. L'AS Monaco a dominé l'Olympique de Marseille 2-1 lors de la 28e journée de Ligue 1, s'offrant un succès précieux dans la course à l'Europe. Mais au coup de sifflet final, c'est un nom absent de la feuille de match qui a monopolisé l'attention en conférence de presse : Paul Pogba. Sébastien Pocognoli, l'entraîneur monégasque, n'a pas esquivé.
Pourquoi Pogba était encore absent face à l'OM ?
On attendait peut-être le Piémontais sur la pelouse du Stade Louis-II. Il n'y était pas. Paul Pogba, recruté libre après la fin de son aventure chaotique à la Juventus Turin — suspension pour dopage incluse —, n'a toujours pas foulé une pelouse de Ligue 1 sous les couleurs du club du Rocher. Une absence qui commence à peser, et que Pocognoli a tenté d'expliquer avec prudence.
L'entraîneur belge a confirmé que le milieu de terrain français travaille, qu'il s'entraîne, qu'il progresse. Mais l'état de forme de l'ancien joueur de Manchester United et de la Juventus n'est pas encore celui attendu pour franchir le cap d'une titularisation ou même d'une entrée en jeu dans un match à enjeu. Pogba prend du temps. Et Monaco ne veut visiblement pas précipiter les choses.
À 31 ans, le champion du monde 2018 sort de deux saisons quasiment blanches entre blessures et suspension. Le remettre en route dans un club qui vise le podium de Ligue 1, ce n'est pas anodin. Pocognoli le sait mieux que quiconque : brûler les étapes avec un joueur de ce profil, c'est prendre le risque d'une rechute, physique ou mentale.
Monaco peut-il encore espérer quelque chose de Pogba cette saison ?
La question est légitime. Avec neuf journées restantes en Ligue 1, la fenêtre se rétrécit. Mais Pocognoli n'a pas fermé la porte. Loin de là. Le technicien a laissé entendre que Pogba pourrait encore apporter quelque chose avant la fin de l'exercice, sans avancer de date précise. Une communication volontairement floue, qui ressemble davantage à de la gestion qu'à de l'incertitude réelle.
Monaco, de son côté, n'a pas besoin de Pogba pour gagner. La victoire contre l'OM le prouve. Deux buts inscrits, un bloc discipliné, une équipe qui tourne. Pocognoli a construit un collectif qui fonctionne sans attendre la résurrection du numéro 6 le plus médiatique de la planète football. Mais si Pogba retrouve son niveau — même 70 % de ce qu'il était à son meilleur —, il deviendrait un atout considérable pour le sprint final et une potentielle qualification européenne.
Monaco pointe à une position qui rend chaque point crucial. Dans ce contexte, disposer d'un joueur capable de faire la différence sur phase arrêtée, de peser dans les duels et de faire lever un stade représente un luxe que peu de clubs de Ligue 1 peuvent s'offrir. Le Rocher l'a recruté pour ça. Pas pour garnir les tribunes.
Qu'est-ce que ce succès contre l'OM dit vraiment de Monaco ?
Battre Marseille 2-1, ce n'est jamais anodin. L'Olympique de Marseille reste l'une des équipes les plus complètes du championnat cette saison, portée par Roberto De Zerbi dans un système offensif séduisant. S'imposer contre eux en clôture de journée, devant les caméras du prime time, envoie un signal fort au reste du peloton.
Sébastien Pocognoli construit quelque chose de sérieux à Monaco. Arrivé dans des circonstances particulières, le Belge a rapidement imposé ses idées, son style de jeu et une exigence qui transparaît dans les résultats. Trois points contre l'OM, c'est aussi ça : la preuve qu'une équipe bien organisée peut faire tomber des ambitions plus clinquantes.
Dans le détail, Monaco a montré une solidité défensive rare. Concéder un but face à l'OM n'est pas une honte — l'attaque marseillaise compte parmi les meilleures de Ligue 1 cette saison, avec plus de 50 buts inscrits toutes compétitions confondues. Mais savoir gérer le score, tenir sous la pression et ne pas lâcher dans le money time, c'est la marque d'une équipe qui a mûri.
Le groupe monégasque reste dense, jeune pour une bonne partie, et porté par des individualités qui montent en puissance. Dans ce contexte, le retour possible de Pogba ne serait pas une bouée de sauvetage mais un bonus. Une option supplémentaire dans la boîte à outils d'un entraîneur qui a su rendre son équipe moins dépendante des stars.
La fin de saison s'annonce électrique sur la Côte d'Azur. Monaco joue gros dans les prochaines semaines, et Pocognoli devra gérer à la fois l'enjeu sportif immédiat et le dossier Pogba, dont le feuilleton n'a visiblement pas dit son dernier mot. Si le Piémontais parvient à trouver du temps de jeu d'ici la fin mai, cela changera aussi les discussions autour de son futur au-delà de cet exercice. Son contrat, sa place dans le projet, sa capacité à s'inscrire dans la durée — autant d'inconnues qui rendront les prochaines semaines particulièrement scrutées. À Monaco comme ailleurs.