Le club lombard franchit un cap décisif en dominant Catanzaro en demi-finale des play-offs de Serie B. Hernani ouvre la voie vers un retour au sommet.
Seize ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Monza pour envisager sérieusement son retour parmi l'élite du football italien. Dimanche, face à Catanzaro en demi-finale aller des play-offs de Serie B, le club de la Brianza a livré une prestation d'une clarté rare, s'imposant 2-0 et plaçant ainsi un pied solidement dans les demi-finales de cette compétition. Hernani, auteur d'une frappe sublime à la 77e minute, puis un deuxième but dans les derniers instants, ont scellé le sort d'une rencontre où Monza a montré qu'il possédait désormais les ressources pour dominer cette deuxième division.
L'impatience payante de Silvano Benedetti
Depuis que Silvano Benedetti a pris les rênes du projet monzéen, il y a maintenant trois saisons, la trajectoire du club n'a cessé de s'élever. Le président, homme d'affaires lombard au portefeuille solide et à la vision claire, a compris que la Route vers la Serie A passait par une accumulation patiente de ressources, certes, mais aussi par une certaine implacabilité sportive. Monza ne joue plus à être un club de Serie B respectable ; il joue pour gagner, pour dominer, pour s'imposer comme incontournable. Cette victoire contre Catanzaro illustre parfaitement cette philosophie nouvelle.
Le football italien en deuxième division a longtemps été une affaire de talents éphémères et de candidats au retour. Monza change cette équation. Avec un effectif construit autour de joueurs d'expérience — Hernani en première ligne, mais aussi des éléments aux gabarits européens — le club lombard propose une autre vision de la Serie B : celle d'une équipe qui ne subit pas la compétition mais la façonne. Les 2-0 de dimanche n'est pas un hasard. C'est l'aboutissement d'une préparation méthodique durant une saison entière où Monza a terminé parmi les meilleures formations, accumulant 72 points en phase régulière.
Un retour qui redessinerait les équilibres régionaux
Si Monza venait à obtenir son billet pour la Serie A, il faudrait comprendre les implications d'un tel retour. La Lombardie, région dominée depuis décennies par Milan et l'Inter, verrait réapparaître un troisième pôle. Certes, modeste en comparaison, mais symboliquement important. Monza, c'est la banlieue nord de Milan, c'est une ville ouvrière qui a connu son apogée footballistique dans les années 1990 quand le club a flirté avec les sommets de la Serie A.
Catanzaro, pourtant, n'est pas un adversaire anodin. Le club calabrais figure lui aussi parmi les favoris de ces play-offs, incarnant cette nouvelle vague de formations du sud italien qui ont commencé à bousculer les hiérarchies. Mais dimanche, face à Monza, Catanzaro a eu l'impression de jouer contre une équipe d'une autre stature, d'une autre densité. Cette différence, qui explique largement le 2-0, provient d'une capacité à convertir les moments clés en buts — une qualité qui fait parfois défaut aux formations de Serie B, trop souvent imprécises aux instant décisifs.
Le retour en Serie A, pour Monza, constituerait aussi une forme de validation économique. Les recettes télévisées explosent en première division, les droits marketing deviennent exponentiellement plus lucratifs. Un club comme Monza, structuré autour d'une stratégie d'actionnaire engagé, pourrait rapidement devenir un candidat à la stabilité en Serie A — ni relégable d'emblée, ni aspirant aux Coupes d'Europe, mais un élément respectable de la pyramide italienne. Cela changerait profondément les perspectives de son modèle économique.
La marche vers un destin qu'on croyait réservé aux autres
Il reste néanmoins à Monza le match retour contre Catanzaro. En play-offs, dans le football italien comme ailleurs, une victoire à domicile ne vaut que si on sait la défendre en terre hostile. Les Calabrais, malgré leur revers dimanche, possèdent les ressources pour créer des problèmes au stade Brianteo lors de la deuxième manche. La dynamique reste cependant clairement favorable aux Brianzoli, qui jouent maintenant sans pression, confiants d'avoir montré l'essentiel : une capacité à produire du football efficace face à un adversaire légitime.
Ce que raconte véritablement cette semi-finale, c'est l'histoire d'un club qui a décidé de ne pas attendre, de ne pas se contenter du rôle mineur que l'histoire semblait lui avoir assigné. Monza, durant dix-sept ans, a accepté la Serie B comme une fatalité. Aujourd'hui, Benedetti et ses équipes refusent cette résignation. Les résultats commencent à suivre. Le football, justement, adore récompenser ceux qui osent croire à l'improbable.
La deuxième manche à Catanzaro aura lieu dans une semaine. Elle ressemblera moins à un dénouement qu'à une formalité, mais le football a l'habitude de punir ceux qui baissent la garde. Monza le sait. C'est précisément ce genre de lucidité qui explique pourquoi le club lombard se rapproche, match après match, du retour qu'on imaginait impossible il y a seulement trois ans.