Romelu Lukaku traverse une période délicate à Naples. Deux clubs seraient prêts à le tirer d'affaire lors du prochain mercato.
Romelu Lukaku n'en finit plus de faire parler de lui pour les mauvaises raisons. Durant la dernière trêve internationale, l'attaquant belge a créé la polémique en restant en Belgique de son propre chef, sans répondre à la convocation de sa sélection nationale. Une absence remarquée, un comportement qui interroge, et surtout une situation à Naples qui semble se dégrader à vitesse grand V. Derrière ce feuilleton, deux clubs ont déjà flairé l'opportunité et travaillent en coulisses pour récupérer le colosse de 31 ans.
Lukaku est-il vraiment en froid avec le Napoli ?
Le tableau à Naples n'est pas celui qu'Antonio Conte avait imaginé en recrutant Lukaku l'été dernier. Le technicien italien, connu pour son exigence absolue et sa gestion draconienne du groupe, attendait un attaquant de référence capable de peser sur chaque défense d'Europe. Sur le papier, l'ancien joueur de Chelsea, de l'Inter Milan et de la Roma incarnait ce profil à la perfection. Dans les faits, le bilan est plus contrasté.
L'épisode de la trêve internationale a mis de l'huile sur le feu. Alors que la Belgique mobilisait ses forces pour ses matchs de qualification, Lukaku a fait le choix de rester à Bruxelles sans en informer correctement ni la fédération belge ni, selon certaines sources italiennes, le staff du Napoli. Une initiative personnelle qui a irrité en interne. Conte, qui tolère zéro écart dans la discipline de groupe, n'aurait pas apprécié. Les relations entre les deux hommes, déjà tendues par des prestations en dents de scie, seraient au plus bas.
Depuis le début de la saison, Lukaku a certes inscrit quelques buts, mais son rendement reste en deçà des attentes pour un joueur à ce niveau de salaire. Le Napoli, champion d'Italie en 2023 sous Luciano Spalletti, a besoin de retrouver son statut européen. Et Conte ne s'embarrasse pas longtemps avec les joueurs qui freinent cette dynamique.
Quels clubs sont prêts à miser sur Big Rom ?
Deux écuries auraient activé leurs réseaux pour sonder la faisabilité d'un transfert dès le prochain mercato hivernal ou à l'été 2025. Sans surprise, les pistes mènent vers des championnats où la puissance physique de Lukaku reste une valeur marchande forte.
Du côté de la Saudi Pro League, l'intérêt ne faiblit pas. Plusieurs clubs saoudiens ont les moyens de satisfaire les exigences salariales de Lukaku — estimées autour de 9 à 10 millions d'euros nets par an — et pourraient offrir au Napoli une porte de sortie financièrement acceptable. Pour un joueur acheté environ 30 millions d'euros à Chelsea l'été dernier, la revente pourrait même limiter la casse si une offre sérieuse se présente rapidement.
L'autre piste est plus surprenante et beaucoup plus alléchante sportivement. Un club de Premier League, dont les noms circulent prudemment dans les milieux du football européen, aurait fait effectuer des sondages discrets. Lukaku en Angleterre, c'est un retour aux sources pour un joueur qui a porté le maillot de Chelsea, de Manchester United et d'Everton. Il connaît le championnat comme sa poche. Et à 31 ans, avec une carrière qui s'accélère vers son crépuscule, l'idée d'une dernière grande aventure en Premier League n'est pas à écarter.
Ce qui complique la manœuvre, c'est le rapport de force entre Lukaku et Naples. Le Belge est sous contrat, et Antonio Conte ne laissera pas partir un attaquant de ce calibre sans un remplaçant crédible dans les tuyaux. Le mercato napolitain ne se gère pas à la légère depuis l'arrivée du président Aurelio De Laurentiis, homme de dossiers et négociateur redoutable.
Que risque vraiment Lukaku si la situation se bloque ?
Le précédent existe, et il est récent. La saison passée encore, Lukaku avait vécu un exercice compliqué à Chelsea, relégué en tribunes, avant de rebondir en prêt à la Roma puis de signer définitivement à Naples. Un joueur de son acabit ne peut pas se permettre deux hivers difficiles consécutifs. Sportivement, physiquement, psychologiquement — le risque est réel.
Ce qui est certain, c'est que la valeur de Lukaku sur le marché ne sera jamais aussi haute qu'aujourd'hui. À 31 ans, avec un gabarit encore impressionnant — 190 cm, 94 kg — et un palmarès qui force le respect (Champion d'Italie avec l'Inter en 2021, meilleur buteur de Serie A à plusieurs reprises), il reste bankable. Mais cette fenêtre se referme. Dans dix-huit mois, les négociations seront nettement moins favorables pour son entourage.
Son agent devrait donc pousser pour une sortie rapide si la relation avec Conte continue de se dégrader. Un joueur mis à l'écart, c'est un joueur qui perd ses statistiques, sa visibilité et donc sa valeur marchande. Le timing est crucial dans ce type de situation.
À Naples, on joue gros cette saison. Conte a accepté le projet parce qu'on lui a promis une équipe compétitive. Si Lukaku ne produit pas, si l'ambiance se délite, c'est l'ensemble de la reconstruction napolitaine qui vacille. La décision pourrait intervenir dès janvier, lors d'un mercato hivernal qui s'annonce agité aux quatre coins de l'Europe.
Une chose est sûre : Romelu Lukaku ne restera pas dans l'ombre. Trop grand, trop cher, trop clivant. Les deux clubs qui rôdent autour de lui savent qu'une opportunité comme celle-là ne se reproduit pas souvent. La question n'est plus vraiment de savoir s'il va partir de Naples, mais quand — et surtout à quel prix.