La presse italienne annonce que Conte cédera à l'appel de la Squadra Azzurra. Naples anticipe déjà l'après.
L'Italie appelle, et Antonio Conte entendrait la voix. Selon plusieurs médias transalpins ce mercredi matin, le technicien de 54 ans serait sur le point de tourner la page napolitaine pour retrouver le banc de la Nazionale, qu'il avait déjà dirigée entre 2014 et 2016. Dans les couloirs du Napoli, on se préparerait déjà à gérer l'après. Une séparation qui, si elle se confirme, redessinerait durablement le paysage du football italien.
Pourquoi Conte lâcherait-il un Napoli en pleine reconstruction ?
Il y a des postes qui transcendent les contrats. Sélectionneur de l'Italie en fait partie. Conte le sait mieux que quiconque. Quand il avait pris les rênes de la Squadra Azzurra en 2014, il avait livré une équipe compétitive, ragueuse, qui avait quitté le Mondial brésilien sur une performance honorable avant une élimination en huitièmes de finale contre l'Uruguay. Deux ans de travail, une identité tactique nette, un sentiment d'inachevé. À en croire l'entourage du technicien, cette page ne serait jamais vraiment tournée.
Sa saison à Naples a pourtant été remarquable. Arrivé à l'été 2023 pour reconstruire un club déboussolé après un titre de Serie A en demi-teinte et une saison suivante catastrophique, Conte a rendu au Napoli sa cohérence défensive et sa verticalité offensive. Le Napoli a terminé champion d'Italie en 2024-2025, un succès qui redore son image et renforce, paradoxalement, sa valeur sur le marché des entraîneurs. Le problème, c'est que ce succès même l'expose davantage aux sollicitations extérieures.
Selon nos informations, les discussions entre la Fédération italienne de football et l'entourage de Conte auraient franchi un cap ces dernières semaines. Luciano Spalletti, en poste depuis 2023, traverse une période délicate après des résultats décevants en qualifications. La FIGC, sous pression, cherche une figure capable de redonner du souffle à une génération de joueurs talentueux mais sans chef de file évident.
Naples peut-il encaisser un tel départ sans tout perdre ?
Aurelio De Laurentiis n'est pas du genre à subir. Le président napolitain a construit sa réputation sur sa capacité à anticiper les crises plutôt qu'à les gérer dans l'urgence. Et selon plusieurs sources proches du club, le numéro un du Napoli aurait déjà commencé à dresser une liste de successeurs potentiels, sans attendre la confirmation officielle d'un départ.
Reste que perdre Conte, c'est perdre bien plus qu'un entraîneur. C'est perdre une méthode, une autorité morale, un rapport aux joueurs qui a transformé des individualités fragilisées en collectif soudé. Giovanni Di Lorenzo, capitaine ressorti de sa crise existentielle par Conte lui-même, ou encore Khvicha Kvaratskhelia, relancé après des mois de spéculations sur son avenir, sont des exemples concrets de ce travail de reconquête. Refaire ça avec un nouveau staff prendra du temps.
Les noms qui circulent à Naples sont variés. Celui de Roberto De Zerbi revient avec insistance depuis plusieurs semaines. L'ancien coach de Brighton et de l'Olympique de Marseille, libre depuis l'été 2025 après une saison compliquée sur la Canebière, correspondrait au profil recherché par De Laurentiis — un technicien à l'identité de jeu marquée, capable de gérer un vestiaire de haut niveau. D'autres pistes mènent vers Stefano Pioli, toujours sans club depuis son départ d'Al-Nassr.
Que deviendrait la Nazionale avec Conte sur le banc ?
La question est légitime. L'Italie traverse une période charnière. Eliminée dès la phase de groupes de l'Euro 2024 — un électrochoc dans un pays où le football est religion — elle se cherche depuis. Spalletti n'a pas convaincu. La fédération a besoin d'un homme capable de remettre de l'ordre, d'imposer un cadre, de faire des choix forts même impopulaires. Conte, justement, excelle dans cet exercice.
Son bilan à la tête de la Nazionale entre 2014 et 2016 reste l'un des plus solides de l'ère récente pour les Azzurri. Trente-quatre matches, vingt-quatre victoires, une seule défaite : la Juventus Turin avant d'entraîner l'équipe nationale, puis l'Inter Milan et Chelsea, lui avait appris à diriger des egos et à construire des systèmes imperméables. Avec une génération qui compte des talents comme Sandro Tonali — de retour sur la scène internationale après sa suspension —, Federico Chiesa ou Mateo Retegui, le matériau humain existe.
À en croire la presse italienne, Conte serait séduit par le projet et par la perspective de mener l'Italie vers la Coupe du Monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Un tournoi continental, une vitrine mondiale : difficile d'imaginer meilleure motivation pour un entraîneur de sa trempe, dont l'ambition n'a jamais été un secret.
Le calendrier, lui, joue en faveur d'un départ rapide. La fenêtre internationale de septembre approche, et la Fédération italienne voudrait installer son nouveau sélectionneur avant les prochaines échéances qualificatives. Naples, de son côté, aurait besoin de temps pour recruter et intégrer un successeur avant la reprise de Serie A. Les deux parties auraient donc intérêt à trancher vite. Reste à savoir si De Laurentiis, connu pour son goût des rapports de force, laissera filer son entraîneur sans négocier ferme — y compris sur les indemnités de rupture. L'épilogue de cette saga se joue maintenant.