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Football

Nasser Larguet quitte l'Arabie saoudite et relance sa carrière

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le technicien français Nasser Larguet s'apprête à tourner la page saoudienne. Un départ qui rouvre toutes les spéculations sur son avenir.

Nasser Larguet quitte l'Arabie saoudite et relance sa carrière

Nasser Larguet ne restera pas éternellement dans le désert. Après plusieurs années passées à construire les fondations du football de formation en Arabie saoudite en tant que Directeur Technique National, le technicien français s'apprête à plier bagage. Une nouvelle étape qui se ferme pour un homme dont la carrière ressemble à un roman de voyage — de Caen à Marseille, du Maroc au Golfe. Et maintenant, la suite.

La fin d'une mission au bout du monde

Quand Nasser Larguet avait accepté le défi saoudien, beaucoup avaient levé un sourcil. La Fédération Saoudienne de Football cherchait à professionnaliser ses structures de formation dans un pays qui, depuis l'attribution de la Coupe du monde 2034, a décidé de ne plus rien laisser au hasard. Le technicien français, fort d'une réputation bâtie sur des décennies de travail avec les jeunes, semblait être le profil idéal pour un chantier aussi ambitieux qu'urgent.

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Mais diriger techniquement un football national dans une monarchie du Golfe, c'est naviguer entre les injonctions politiques, les budgets pharaoniques et les réalités culturelles qui ralentissent parfois les projets les plus bien ficelés. L'Arabie saoudite investit des milliards — la Saudi Pro League a dépensé plus de 900 millions d'euros lors du seul mercato estival 2023 — mais la formation reste le parent pauvre de cette révolution sportive pensée d'abord pour le spectacle et les têtes d'affiche. Recruter Cristiano Ronaldo ou Karim Benzema, c'est vendable immédiatement. Former une génération de joueurs saoudiens capables de compétir mondialement, c'est l'affaire d'une décennie.

Larguet l'a compris mieux que quiconque. Son départ sonne comme l'aveu d'une frustration, ou du moins d'un chemin arrivé à son terme naturel. La mission était contractuellement définie, les objectifs ont été partiellement remplis, et le technicien, à 66 ans, n'est pas du genre à se laisser installer dans le confort d'un poste honorifique.

Un homme qui a toujours choisi les dossiers difficiles

Pour comprendre pourquoi ce départ saoudien mérite qu'on s'y attarde, il faut revenir sur le parcours atypique de Nasser Larguet. Formé à la rigueur de la méthode française, il a longtemps œuvré dans l'ombre des grands clubs avant d'être propulsé sur le devant de la scène dans des circonstances que personne n'avait anticipées.

C'est à l'Olympique de Marseille que son nom est devenu familier du grand public. En janvier 2021, alors que l'OM traverse une période de chaos sportif et institutionnel, il est nommé entraîneur intérimaire de l'équipe première. Pas vraiment son rôle — il dirigeait alors le centre de formation — mais Larguet n'a jamais reculé devant une responsabilité. Il tient le navire pendant plusieurs semaines, sans se ridiculiser, avant que Jorge Sampaoli ne prenne le relais. Une parenthèse, mais révélatrice d'un homme capable de s'adapter à n'importe quel contexte.

Avant Marseille, il y avait eu le Maroc. Directeur Technique National de la Fédération Royale Marocaine de Football, il avait participé à structurer un football qui allait connaître son apothéose au Qatar en 2022 avec une demi-finale de Coupe du monde historique. Larguet ne peut pas s'attribuer seul ce mérite — Vahid Halilhodžić, Walid Regragui et des dizaines d'autres ont contribué à ce miracle —, mais les jalons posés dans les structures de formation ont clairement joué leur rôle. Et avant le Maroc, il y avait eu le SM Caen, où son travail avec les jeunes avait déjà forgé sa réputation.

Ce fil conducteur — la formation, les structures, le temps long — dit quelque chose d'essentiel sur cet homme. Larguet n'est pas un entraîneur de résultats immédiats. C'est un architecte. Et les architectes, parfois, partent quand le bâtiment est construit.

Un nom qui va faire tourner des têtes sur le marché

Sa disponibilité annoncée va inévitablement alimenter les spéculations. Plusieurs pistes semblent crédibles, et plusieurs fédérations africaines ou clubs européens en quête de restructuration de leur formation pourraient rapidement approcher le technicien. Le marché des Directeurs Techniques Nationaux est plus actif qu'on ne le croit — la Confédération Africaine de Football recense aujourd'hui plus d'une vingtaine de fédérations en cours de réorganisation de leurs structures de jeunes.

Mais Larguet pourrait aussi surprendre. Un retour en club, en France ou ailleurs, dans un rôle de directeur sportif ou de responsable de la formation, n'est pas à exclure. La Ligue 1 manque cruellement de profils aussi expérimentés dans la gestion des centres de formation — moins de 30 % des joueurs formés en France évoluent ensuite dans l'élite française, un chiffre qui illustre les lacunes structurelles d'un système qui produit des talents mais peine à les retenir et les valoriser localement.

Une chose est certaine : Nasser Larguet ne va pas prendre sa retraite dans un fauteuil. Ce n'est pas son genre. L'homme a consacré sa vie professionnelle à des projets de long terme dans des environnements complexes — et cette complexité, visiblement, lui manquerait vite si elle venait à disparaître.

Reste à savoir quel sera le prochain défi. Une nouvelle fédération ? Un club qui cherche à rebâtir de l'intérieur ? Ou une mission internationale dans le cadre d'un programme FIFA ou UEFA de développement du football ? Les prochaines semaines devraient apporter des réponses. Et dans ce marché des techniciens de l'ombre — ces hommes qui bâtissent les fondations sans jamais recevoir les trophées —, l'annonce de la disponibilité de Larguet va résonner bien au-delà des frontières françaises.

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