À 34 ans et au creux de sa carrière, Neymar veut forcer son retour en sélection brésilienne. Un transfert cet été serait sa dernière chance de tenir ce pari fou.
Trente-quatre ans, un corps abîmé par les blessures, un contrat avec Al-Hilal qui ressemble davantage à une retraite dorée qu'à un dernier baroud d'honneur. Et pourtant. Neymar Jr refuse de mourir sportif. Selon plusieurs sources proches de son entourage, le Brésilien préparerait activement un transfert pour l'été 2025, avec un objectif précis, presque romanesque : être du voyage au Mondial 2026. La dernière danse. Ou le dernier coup d'épée dans l'eau.
Le plan secret d'un joueur que tout le monde a enterré trop vite
Il n'a disputé que 7 matchs depuis son arrivée en Arabie Saoudite à l'été 2023. Sept. Une rupture des ligaments croisés en octobre 2023 l'a mis hors circuit pendant plus d'un an, et sa remise en forme a été laborieuse, jalonnée de rechutes et de coups de communication plus que de coups de génie sur le terrain. Al-Hilal a continué de le payer — environ 100 millions d'euros par an, bonus compris — sans vraiment le voir jouer.
Mais Neymar, lui, n'a jamais coupé le contact avec la Seleção. Il suit de près la construction du groupe de Carlo Ancelotti, nommé sélectionneur du Brésil en janvier 2025. Et ce nom, Ancelotti, change peut-être tout. L'Italien est l'un des rares entraîneurs au monde à ne jamais avoir fermé une porte définitivement sur quoi que ce soit. Il regarde. Il observe. Il n'exclut personne a priori. Et selon des informations qui circulent depuis plusieurs semaines, il garderait un œil sur l'état de forme de Neymar.
Le dossier d'un départ d'Al-Hilal serait donc bien ouvert. Plusieurs clubs européens auraient été sondés, sans qu'aucun accord ne soit proche. Le nom de l'Atlético de Madrid a circulé — Diego Simeone y est toujours, et il a la réputation de savoir ressusciter des carrières. Celui d'une MLS franchise aussi, ce qui serait une tout autre trajectoire. Neymar, lui, voudrait l'Europe. Il sait que c'est là-bas, face à un niveau de compétition crédible, qu'il pourrait convaincre Ancelotti.
Une carrière brésilienne hantée par les occasions manquées
Pour comprendre pourquoi ce Mondial 2026 représente quelque chose de si viscéral pour lui, il faut remonter à 2014. Ce soir de juillet au Mineirão, quand le Brésil a sombré 7-1 face à l'Allemagne sans lui — il était blessé. Une blessure à une vertèbre, contractée lors du quart de finale contre la Colombie. Il n'a pas joué ce match-là, il a regardé la catastrophe depuis un fauteuil, en larmes, impuissant.
Quatre ans plus tard, en 2018, le Brésil s'incline en quarts de finale contre la Belgique. Neymar est là, mais il est fantomatique, critiqué pour ses simulations, moqué par la planète entière avec le mème des roulades. En 2022, au Qatar, c'est une blessure à la cheville dès le premier match qui le handicape pendant toute la compétition. Il revient en quarts, marque un but magnifique contre la Croatie en prolongation — et le Brésil perd aux tirs au but. Sa dernière image en Coupe du Monde, c'est lui assis dans l'herbe de Lusail, la tête entre les mains, pleurant.
Trois Coupes du Monde. Zéro titre. Aucun joueur de sa génération n'aura porté autant d'espoirs sur ses épaules sans jamais les transformer en or. Le Mondial 2026, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, serait sa quatrième tentative. Peut-être la bonne. Certainement la dernière.
Ce que ce transfert changerait vraiment pour la Seleção et le marché
Sur le plan sportif d'abord, la question est légitime : Neymar a-t-il encore le niveau pour peser sur une compétition internationale ? À son âge, avec ses antécédents médicaux, les doutes sont immenses. Rodrygo Goes, Vinicius Junior, Raphinha — la concurrence est féroce et jeune. Ces joueurs-là ne lui feront pas de cadeau dans les couloirs de la sélection, même s'ils ont tous grandi en l'ayant comme modèle absolu.
Mais Ancelotti n'est pas du genre à raisonner uniquement en termes de fraîcheur athlétique. Il a relancé Luka Modric au Real Madrid bien après que tous les experts l'avaient déclaré fini. Il croit au génie, même intermittent. Et Neymar, quand il est en forme et motivé, reste capable de choses que personne d'autre sur cette planète ne sait faire. Ce dribble à l'extérieur du pied, cette façon de plier les trajectoires, cette lecture du jeu dans les espaces réduits — c'est inné, ça ne se perd pas totalement.
Sur le plan du marché, un transfert de Neymar cet été serait un événement considérable. Pas nécessairement par son montant — il ne vaut plus les 222 millions d'euros du transfert PSG-Barcelone de 2017, record absolu qui tient toujours — mais par sa symbolique. Un club européen qui mise sur lui prendrait un risque assumé, presque un pari de communication autant que sportif. Les droits d'image, les ventes de maillots, la visibilité sur les réseaux sociaux — Neymar compte encore 227 millions d'abonnés sur Instagram, ce qui en fait l'un des sportifs les plus suivis au monde. C'est une valeur que peu d'actifs peuvent égaler.
Al-Hilal, de son côté, n'a pas nécessairement envie de lâcher son investissement sans compensation. Les négociations, si elles s'enclenchent sérieusement, promettent d'être âpres. Le club saoudien a construit une partie de sa stratégie de rayonnement international autour de noms comme Neymar et Kalidou Koulibaly. Perdre le Brésilien sans rien récupérer serait une défaite symbolique autant que financière.
Ce qui est certain, c'est que l'été 2025 sera décisif. Neymar a encore quelques mois pour trouver un club, retrouver un niveau de jeu crédible et espérer qu'Ancelotti daigne l'appeler. C'est un scénario improbable. C'est aussi exactement le genre de scénario que le football a toujours adoré offrir — et que Neymar, plus que quiconque, sait transformer en spectacle. Reste à savoir si le film aura une fin heureuse, ou si le rideau tombera cette fois pour de bon.