Après son coup de sang contre un arbitre lors d'un match de Santos, Neymar risque une suspension qui pourrait lui coûter le Mondial 2026.
Il n'en fallait pas plus. Un geste de trop, quelques mots de travers envers un arbitre, et voilà Neymar Jr. au centre d'une nouvelle tempête de sa propre fabrication. Lors du dernier match de Santos en championnat brésilien, l'ancien prodige du FC Barcelone et du Paris Saint-Germain a complètement perdu les pédales face à l'homme en noir. Résultat : une procédure disciplinaire en cours qui pourrait déboucher sur une suspension de plusieurs matchs, voire sur une mise à l'écart jusqu'à la fin de saison. Pour un joueur qui court après la forme, la confiance et surtout une place dans la Seleção pour le prochain Mondial, c'est tout simplement une catastrophe annoncée.
Un craquage qui tombe au pire moment imaginable
On connaît Neymar. On connaît son talent brut, son génie balle au pied, mais aussi cette instabilité émotionnelle qui le ronge depuis des années. À 33 ans, il aurait dû avoir appris à maîtriser ces démons. Manifestement, non. L'incident contre l'arbitre lors de ce match de Santos n'est pas un fait anodin dans un calendrier anodin — c'est une bombe à retardement qui explose à quelques mois du Mondial 2026, que le Brésil accueille en co-organisation avec les États-Unis et le Canada.
La commission disciplinaire de la Confédération Brésilienne de Football (CBF) examine actuellement les images et les rapports officiels. Selon plusieurs sources proches du dossier, la suspension pourrait courir sur quatre à huit matchs, ce qui, dans la logique du calendrier de Santos, signifierait une fin de saison prématurée pour le numéro 10. Santos, club mythique du Pelé, se bat pour sa survie sportive et économique — et perdre son joueur le plus médiatique sur l'autel d'un craquage incontrôlé, c'est un luxe que personne ne peut se permettre dans ce vestiaire.
Mais le vrai problème est ailleurs. Dorival Júnior, le sélectionneur brésilien, observe. Il construit sa liste depuis des mois avec une obsession : emmener une Seleção compétitive, pas une galerie de stars incontrôlables. Neymar n'a disputé que 7 matchs officiels depuis le début de l'année 2025, entre blessures à répétition et retour laborieux au Santos FC après une aventure saoudienne au Al-Hilal qui a tourné court sur le plan physique. Chaque match disputé compte double pour lui. Chaque journée de suspension, c'est donc une double peine.
- 7 matchs environ disputés par Neymar depuis le début de l'année 2025
- 4 à 8 matchs de suspension potentielle selon les premières estimations disciplinaires
- 33 ans — l'âge de Neymar, probablement à sa dernière chance mondiale
- 77 buts en sélection brésilienne, record absolu de la Seleção
La Seleção peut-elle encore miser sur un joueur aussi fragile
La question se pose franchement, et elle est inconfortable. Neymar est le meilleur buteur de l'histoire du Brésil avec 77 réalisations en sélection. Ce chiffre-là, on ne l'efface pas. Il incarne une génération entière, il est le symbole d'un football brésilien qui a longtemps cherché son successeur à Ronaldo et Ronaldinho sans jamais vraiment le trouver ailleurs. Mais le football mondial a changé. Les sélectionneurs ne peuvent plus se permettre des paris sur la forme physique ou le comportement d'un joueur, aussi talentueux soit-il, quand un Mondial se joue à domicile.
Dorival Júnior le sait. Son staff le sait. Et Neymar, dans ses moments de lucidité, le sait probablement aussi. Le Mondial 2026 sera sa dernière chance de soulever le trophée qui lui échappe depuis 2014 — ce Mondial brésilien qui s'était terminé dans les larmes et la honte d'une demi-finale perdue 7-1 contre l'Allemagne à Belo Horizonte, une cicatrice nationale jamais vraiment refermée. À l'époque, il était blessé. Cette fois, il est debout. Mais pour combien de temps ?
Le problème de Neymar, c'est qu'il est devenu une équation impossible à résoudre pour n'importe quel sélectionneur. Quand il joue, il change les matchs. Quand il est sur le terrain avec son plein potentiel, peu d'équipes au monde peuvent se targuer d'avoir un joueur de son acabit. Mais voilà : cette version-là de Neymar, celle du génie absolu, on ne la voit plus qu'en pointillés. Et les arbitres, les cartonnades, les blessures viennent systématiquement effacer le peu de crédit accumulé.
Santos, de son côté, se retrouve dans une position délicate. Le club de la côte pauliste avait misé sur le retour de son fils prodigue pour relancer un projet sportif et commercial en reconstruction. Neymar ramène les caméras, les sponsors, les spectateurs au stade Vila Belmiro. Mais une suspension longue durée, c'est aussi un manque à gagner en termes d'image et de résultats sportifs. Le timing est cruel pour tout le monde.
Reste une inconnue : la décision finale de la CBF. Si la fédération choisit d'appliquer la sanction maximale, Neymar pourrait se retrouver à regarder la fin de saison depuis les tribunes, sans rythme, sans confiance, à quelques semaines des premiers matchs du Mondial. Dans ce scénario, Dorival Júnior aurait très peu de raisons sportives objectives de l'intégrer dans sa liste des 26. Et là, ce serait la fin d'une époque, brutalement, sur un coup de sang devant un arbitre brésilien que personne ne connaîtra jamais.
Le jugement de la commission disciplinaire est attendu dans les prochains jours. D'ici là, Neymar a tout intérêt à rester silencieux, à laisser ses avocats parler, et à réfléchir sérieusement à ce qu'il veut vraiment. Un dernier Mondial. Ou un dernier scandale.