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Football

Jah-Mason Telusson, la pépite de Nice qui affole déjà les recruteurs

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

À seulement 17 ans, l'attaquant de l'OGC Nice Jah-Mason Telusson s'impose comme l'une des révélations de la Coupe Gambardella et attise les convoitises des grands clubs européens.

Jah-Mason Telusson, la pépite de Nice qui affole déjà les recruteurs

Dix-sept ans, quelques apparitions remarquées en équipe professionnelle et une Coupe Gambardella comme terrain d'expression. Jah-Mason Telusson n'a pas encore signé son premier contrat professionnel que son nom circule déjà dans les couloirs feutrés des cellules de recrutement européennes. Dimanche, l'OGC Nice compte sur lui pour franchir le cap des demi-finales face au Montpellier Hérault Sport Club, dans une confrontation qui, au-delà du résultat sportif, pourrait bien servir de vitrine internationale au jeune attaquant niçois. Le football français a ce don particulier de transformer ses compétitions de jeunes en marchés à ciel ouvert — et la Gambardella, mieux que n'importe quelle autre, concentre depuis des décennies l'attention des observateurs du monde entier.

Un profil qui tranche dans le paysage de la formation française

Ce qui frappe d'emblée chez Telusson, c'est la maturité du geste dans un corps encore en construction. Formé au sein du centre de formation niçois, restructuré en profondeur depuis le rachat du club par le consortium INEOS en 2019, il bénéficie d'un environnement pensé pour accélérer l'éclosion des talents. La direction sportive emmenée par Dave Brailsford a fait de l'identification et du développement des jeunes joueurs un axe stratégique non négociable, à l'image de ce que le groupe britannique a su construire dans le cyclisme avec la formation de champions du monde.

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Telusson s'inscrit dans cette logique. Attaquant capable d'évoluer sur les côtés comme en position centrale, il présente ce profil polyvalent que les clubs de premier plan s'arrachent à prix d'or sur le marché des transferts. Sa vitesse d'exécution, sa capacité à se projeter dans la profondeur et une technique individuelle au-dessus de la moyenne pour son âge lui valent des comparaisons flatteuses. Il a déjà été convoqué dans le groupe professionnel de l'OGC Nice, preuve que le staff de Franck Haise — arrivé sur le banc niçois à l'été 2023 — le considère comme une option crédible à court terme, et non comme un simple argument marketing de la formation.

La Gambardella joue ici un rôle d'amplificateur. Cette compétition centenaire, souvent mésestimée dans le débat public, reste l'un des meilleurs indicateurs avancés du potentiel d'un joueur. Des noms comme Kylian Mbappé, Hatem Ben Arfa ou encore Samir Nasri l'ont marquée de leur empreinte avant d'exploser au plus haut niveau. Statistiquement, près de 60 % des lauréats de la compétition ces quinze dernières années ont évolué en Ligue 1 ou dans un championnat étranger majeur. Ce chiffre n'échappe à personne — certainement pas aux recruteurs anglais, allemands ou espagnols qui se déplacent régulièrement pour observer les quarts et demi-finales.

  • Rachat de l'OGC Nice par INEOS en 2019 pour environ 100 millions d'euros
  • Plus de 60 % des finalistes de la Gambardella ces 15 ans ont atteint le niveau professionnel
  • Franck Haise, arrivé à Nice à l'été 2023, a déjà intégré Telusson dans les séances du groupe pro
  • Nice figure parmi les cinq centres de formation les mieux notés de Ligue 1 selon la DNCG

Le vrai enjeu, celui que le score de dimanche ne résoudra pas

La rencontre face à Montpellier dépasse le simple cadre d'un quart de finale de Coupe de France des jeunes. Pour l'OGC Nice, elle constitue un test de crédibilité sur deux fronts simultanément. Sportif, d'abord, puisque le club azuréen n'a jamais remporté la Gambardella et que cette génération est présentée en interne comme l'une des plus prometteuses depuis des années. Économique, ensuite, parce que dans le contexte actuel du football européen, un talent identifié et valorisé en compétition officielle peut générer une plus-value considérable.

Le modèle économique des clubs de milieu de tableau en Ligue 1 repose de plus en plus sur cette équation. Vendre un joueur formé au club à prix fort, c'est oxygéner les comptes, satisfaire aux exigences du fair-play financier et financer le recrutement d'éléments expérimentés. Monaco a bâti sa réputation européenne sur ce modèle pendant une décennie. Rennes, dans une moindre mesure, également. Nice cherche à emprunter ce chemin, mais avec la particularité d'un actionnaire qui n'a pas vocation à brader ses actifs — INEOS préférant, autant que possible, conserver ses talents ou les céder au moment optimal.

C'est là que la situation de Telusson devient délicate à arbitrer. À 17 ans, partir trop tôt expose au risque bien documenté du talent étouffé par une transition prématurée. Rester trop longtemps, en revanche, c'est laisser filer la fenêtre de négociation la plus favorable. Le club niçois doit trouver l'équilibre entre protection sportive du joueur et valorisation économique du profil. Plusieurs académies anglaises, notamment en Premier League, surveillent de très près l'évolution du dossier depuis plusieurs semaines.

Ce que le match de dimanche peut changer, concrètement, c'est la pression du marché. Une performance tranchante contre Montpellier, dans un contexte à enjeu, ferait mécaniquement monter les enchères et accélérerait des discussions encore informelles. Le football moderne fonctionne ainsi : la confirmation en compétition de jeunes, devant des recruteurs qui se déplacent exprès, vaut parfois davantage qu'une saison entière de statistiques en réserve.

Au-delà du destin individuel de Jah-Mason Telusson se dessine une question plus large pour le football français. La Ligue 1 et ses clubs forment des talents à un rythme soutenu, mais peinent structurellement à les retenir assez longtemps pour en tirer le plein bénéfice sportif. La Commission des études de la LFP estimait récemment que la France exportait plus de joueurs formés localement que n'importe quel autre championnat européen — une fierté teintée d'une certaine amertume. Si Telusson quitte la Côte d'Azur dans les dix-huit prochains mois, il ne fera qu'alimenter une tendance qui interroge sur la capacité du football hexagonal à se construire autour de ses propres génies plutôt que de les offrir, systématiquement, aux ligues voisines.

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