Prêté par le Real Madrid, la jeune pépite brésilienne a déjà conquis Paulo Fonseca et l'Olympique Lyonnais. Sa première convocation en sélection arrive comme une validation naturelle.
Quand Paulo Fonseca parle d'Endrick, ses yeux brillent comme ceux d'un archéologue qui vient de déterrer un amphore intact. Le technicien portugais a vu juste en accueillant le Brésilien prêté par le Real Madrid à Lyon, et le jeune homme de 18 ans rend hommage à cette confiance par des performances qui ravissent le Groupama Stadium.
La convocation en sélection brésilienne qui vient de tomber n'est pas une surprise. C'est plutôt la confirmation d'une évidence qui s'impose chaque samedi. Depuis son arrivée dans le Rhône, Endrick a cette capacité rare de transformer un match où tout semble figé en opportunité. Il y a quelque chose de Ronaldinho dans sa gestuelle, cet équilibre entre la destruction et la création, entre l'égoïsme nécessaire et la générosité de celui qui sait que ses coéquipiers sont meilleurs quand il brille.
Lyon a trouvé plus qu'un attaquant, une respiration
Depuis cinq ans, l'Olympique Lyonnais ressemble à une maison où les fenêtres ne s'ouvrent plus assez largement. Les effectifs changent, les entraîneurs défilent, mais la sensation d'étouffement persiste. Puis arrive ce gamin qui dribble comme on respire, naturellement, sans calcul excessif. Endrick apporte ce que les clubs français oublient souvent de cultiver : la verticalité instinctive, cet art de trouver le chemin le plus court vers le danger sans passer par quarante petites touches.
Paulo Fonseca, lui, connaît cette grammaire du jeu depuis ses années à l'AS Rome ou au PAOK Salonique. Il a flairé chez Endrick cette capacité à changer les équilibres en quelques secondes. Le Brésilien ne joue pas à la mode française du ballon qui circule sage et policé. Il joue au football, point barre. Son positionnement ? Variable. Ses intentions ? Dangereuses. Ses appels de ballon ? Déroutants pour les défenses qui aiment les routines prévisibles.
Le Real Madrid savait, mais avait besoin de temps
Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre pourquoi le Real Madrid l'a prêté. Carlo Ancelotti a un effectif déjà stratosphérique, avec Vinícius Júnior, Rodrygo et Jude Bellingham qui encombrent les couloirs. Envoyer Endrick à Lyon plutôt qu'en Ligue 2 ou en championnat exotique, c'était un choix calculé. Les Merengues savaient qu'au Groupama Stadium, le jeune homme grandirait face à des adversaires de stature européenne, dans un championnat où les défenses ne lâchent rien sans contrepartie.
La première convocation du Brésilien avec la sélection est le fruit de cette stratégie. Dorival Júnior, entraîneur du Brésil, ne convoque pas sur des promesses. Il convoque sur des faits. Et à 18 ans peine révolu, Endrick a déjà accumulé des matchs où il s'est imposé comme plus qu'une simple alternative. Dans les trois dernières journées de Ligue 1, sa présence a souvent fait basculer les rapports de force.
Quand la jeunesse s'impose sans arrogance
Ce qui fascine chez Endrick, c'est son absence totale de suffisance. Les jeunes joueurs de ce calibre sortent généralement de leurs clubs de formation persuadés d'avoir tout compris. Lui non. Il arrive à Lyon avec l'humilité du mec qui sait que le Real Madrid a une file d'attente longue de cent kilomètres au poste. Il se fait petit, il écoute Fonseca, il regarde ses coéquipiers plus expérimentés. Et puis, samedi venu, il devient incontournable.
La réaction du coach portugais à l'annonce de sa convocation ? Une validation silencieuse, celle de celui qui avait pris le bon pari. Fonseca comprend que cette fenêtre internationale va permettre à Endrick de se nourrir encore davantage, de jouer contre des équipes d'une autre dimension, de mesurer où se situe réellement son plafond. À 18 ans, c'est un luxe que peu de joueurs possèdent : être soutenu par un entraîneur qui croit en vous, félicité par votre club formateur qui vous observe de loin, et convoqué par votre sélection nationale sans avoir besoin de plaider.
Lyon va devoir apprendre à gérer cette nouvelle dynamique. Un attaquant qui progresse à cette vitesse, c'est merveilleux pour l'immédiat mais source de stress pour l'après-prêt. Le Real Madrid reverra-t-il Endrick de la même façon après quelques mois rhodaniens ? Probablement. Et le Brésil aura-t-il un nouveau crack digne de ses traditions ? Tout indique que oui. Ce qui reste à voir, c'est si Lyon saura profiter de cette fenêtre de gloire avant que le destin n'emmène ailleurs celui qui commence tout juste à faire vibrer le Groupama Stadium.