Quatrième de Ligue 1, l'Olympique Lyonnais devra passer par deux tours préliminaires de Ligue des Champions cet été. Une route semée d'embûches avant la vraie compétition.
Paulo Fonseca et ses joueurs vont goûter à l'un des châtiments les plus cinglants du calendrier européen : les barrages de Ligue des Champions. Quatrième de Ligue 1 la saison dernière, l'Olympique Lyonnais n'aura pas droit à l'accès direct à la phase de poules, contrairement aux trois premiers. Cette décision, prise par l'UEFA lors de sa réforme du format, transforme la fin d'été du club du Rhône en véritable épreuve de résistance. Deux matches éliminatoires à négocier, deux équipes adverse à écarter, deux occasions de tout perdre avant même de fouler les pelouses où se jouent vraiment les ambitions continentales.
Un châtiment qui résonne comme une déchéance
L'OL n'en est pas à son premier rodéo des préliminaires européens, mais le contexte pèse différemment en 2024. Longtemps seigneur incontesté de Ligue 1, avec sept titres consécutifs entre 2004 et 2008, le club a connu sa traversée du désert ces dernières années. Revenir en Ligue des Champions est déjà une forme de victoire, mais l'itinéraire imposé par l'UEFA ressemble à une gifle supplémentaire. Fonseca doit désormais construire sa préparation estivale autour de cet impératif : ne pas se faire éliminer par deux formations potentiellement bien moins titrées, mais assurément affamées d'exploit.
La réforme du format de la Ligue des Champions, entrée en vigueur graduellement, reflète aussi une certaine démocratisation de la compétition. Finis les jours où être quatrième français suffisait à garantir une place en poule. L'UEFA a décidé qu'il fallait mériter davantage, qu'il fallait gravir des marches supplémentaires. Pour l'OL, habitué au confort relatif des phases de poules, c'est un retour aux réalités. Les trois quarts d'un championnat français ne valent plus grand-chose. Il faut les valider en matches secs.
Un été qui ressemble à une saison entière
La gestion logistique et physique de ce double tour préliminaire s'annonce redoutable. Fonseca ne pourra se permettre aucune expérimentation en juin et juillet. Pas de rotation pour tester les jeunes talents, pas de phase de construction tranquille. Chaque séance d'entraînement doit servir une chose : préparer deux matches qui ne souffrent aucune défaillance. C'est d'ailleurs là que réside le véritable danger : dans cette accumulation d'enjeux qui transforme les vacances d'été en prolongement stressant de la saison écoulée.
Les calendriers d'Europe du football n'ont jamais été clément avec les prétendants aux miettes de la Ligue des Champions. Entre fin juillet et mi-août, l'OL devra enchaîner les déplacements, gérer la fatigue, éviter les blessures dans des rencontres où l'intensité monte progressivement. Pendant ce temps, les équipes qualifiées d'office pour la phase de poules auront le luxe de terminer leur préparation dans la sérénité. Paris, Monaco, Marseille disposeront d'une tranquillité que Lyon ne connaîtra pas. C'est une inégalité factuelle du système nouveau, et elle pénalise particulièrement les quatrièmes, qui ne peuvent ni revendiquer la stature des podiums ni accepter l'absence totale d'enjeu.
La vraie question : qui mènera cette croisade ?
Au-delà du simple calendrier, se pose la question existentielle des effectifs. L'OL parviendra-t-il à conserver sa base offensively capable de faire peur en Ligue des Champions ? Les transferts d'été vont modeler cet équilibre. Si le club vend ses meilleurs éléments à la manière classique, il arrive aux préliminaires affaibli. S'il conserve son effectif, il aura une équipe fraîche pour affronter ses deux adversaires, mais il risquera de voir ses meilleures ventes reportées à la rentrée de septembre, après élimination éventuelle.
Fonseca, qui a commencé à reforgera la mentalité lyonnaise après plusieurs saisons chaotiques, devra exprimer une certaine autorité. Pas d'excuses du type « préparation difficile » ou « calendrier injuste ». Les entraîneurs gagnants réinventent leur approche en fonction des contraintes. Le Portugais a d'ailleurs montré à Lille qu'il pouvait bâtir quelque chose de solide rapidement. L'OL lui offre maintenant l'occasion de valider cette capacité, mais dans un contexte moins confortable que celui qu'il affrontait avec les Dogues.
Il est aisé de voir ces deux tours préliminaires comme une malédiction. Il est plus productif d'y voir une ultime étape de reconstruction. Si Fonseca et ses hommes passent ces barrages, ils entreront en phase de poules avec une confiance intacte et un groupe rodé. Si elle s'effondrent, alors l'OL devra s'interroger plus largement : la quatrième place française était-elle une conquête survendues ou confirmait-elle simplement un état des lieux qui ne correspond pas aux prétentions du club ? Pour l'instant, une seule certitude : l'été 2024 ne sera pas de repos à Décines.