Tenu en échec 0-0 par Angers en Ligue 1, l'Olympique Lyonnais rate une occasion précieuse de se rapprocher du podium. Paulo Fonseca livre des nouvelles de Pavel Sulc.
Un point pris ou deux points perdus ? La question mérite d'être posée. En recevant Angers ce dimanche au Groupama Stadium, l'Olympique Lyonnais avait une occasion en or de réduire l'écart sur le podium de Ligue 1. Le résultat, un 0-0 sans relief, dit tout d'un club qui tourne en rond offensivement depuis trop de matchs. Et Paulo Fonseca, interrogé en conférence de presse, a fini par lâcher le nom que tout le vestiaire attendait : celui de Pavel Sulc, l'ailier tchèque recruté l'été dernier et dont l'absence commence à peser sur le collectif rhodanien.
Une attaque sans tranchant, un système qui cherche encore son équilibre
Il y a quelque chose d'un peu cruel dans la trajectoire actuelle de l'OL. Le club a consenti des efforts financiers considérables — environ 200 millions d'euros investis sur le mercato estival 2024 — pour se doter d'un effectif capable de jouer le haut de tableau. Et pourtant, dimanche, face à une équipe d'Angers qui lutte pour son maintien, les Lyonnais n'ont pas réussi à trouver la faille une seule fois en 90 minutes. Zéro tir cadré, ou presque. Une possession stérile qui tourne à vide.
Le problème est structurel autant qu'humain. Paulo Fonseca, arrivé sur le banc avec une réputation de technicien offensif bâtie à Rome et à Milan, peine à trouver la bonne combinaison dans un secteur offensif où les individualités ne se parlent pas encore vraiment. Alexandre Lacazette, capitaine et référence de l'attaque, est souvent trop isolé. Rayan Cherki, brillant par intermittence, alterne le très bon et le trop timide. Et l'absence de Pavel Sulc prive l'équipe d'une alternative technique et d'un profil différent sur le côté droit.
Car Sulc, c'est précisément ce que manque cette équipe dans ses mauvais jours : la capacité à créer du déséquilibre sur un côté, à prendre un défenseur dans la profondeur, à rendre le jeu vertical là où il devient trop horizontal. Le joueur de 24 ans, international tchèque formé au Viktoria Plzeň avant de rejoindre Pilsen puis de signer à Lyon, avait montré des séquences prometteuses avant sa blessure. Son retour est attendu comme une bouffée d'oxygène.
Fonseca prudent, mais le retour de Sulc se précise
Face aux journalistes après le match nul contre Angers, Paulo Fonseca a tenu un discours mesuré mais pas sans espoir sur l'état de santé de son ailier. Sans donner de date précise, le technicien portugais a laissé entendre que Pavel Sulc approchait du bout du tunnel, que sa reprise avec le groupe ne serait plus qu'une question de jours. Une formulation volontairement vague, mais qui tranche avec le silence des semaines précédentes.
Ce type de communication calibrée est caractéristique de Fonseca, qui évite soigneusement de mettre la pression sur ses joueurs blessés. C'est une méthode. Mais elle alimente aussi la frustration d'un public lyonnais qui cherche des raisons d'y croire dans un calendrier de Ligue 1 qui ne pardonne plus. À douze journées de la fin de la saison régulière, l'OL pointe à cinq points du podium — la troisième place qui ouvrirait les portes d'un barrage pour la Ligue des champions. Cinq points, ce n'est pas un abîme. C'est un retard qui exige pourtant une réaction immédiate.
- 0-0 : score du match OL-Angers, dimanche en Ligue 1
- 5 points : l'écart entre l'OL et le troisième du classement de Ligue 1
- 200 M€ environ : le montant des investissements lyonnais sur le dernier mercato estival
- 24 ans : l'âge de Pavel Sulc, international tchèque attendu comme renfort offensif majeur
Ce qui rend ce nul contre Angers particulièrement amer, c'est le contexte dans lequel il s'inscrit. Les Angevins, revenus en Ligue 1 après une saison en Ligue 2, affichaient l'un des bilans extérieurs les plus fragiles du championnat. L'OL avait toutes les cartes en main pour s'imposer. La domination territoriale était réelle — plus de 60 % de possession selon les statistiques de la rencontre — mais elle n'a jamais débouché sur une véritable occasion franche. C'est le paradoxe d'une équipe qui contrôle sans convaincre, qui occupe l'espace sans jamais vraiment l'exploiter.
Fonseca a bien tenté de modifier la physionomie du match en cours de partie, en faisant appel à ses remplaçants, mais aucun n'a apporté ce supplément de créativité espéré. Ce manque de profondeur de banc — ou plutôt d'impact des entrants — est une autre donnée que le staff lyonnais devra analyser sérieusement. Quand un match est bloqué, il faut pouvoir changer quelque chose. Dimanche, rien n'a changé.
La question qui se pose désormais est celle de la résilience mentale d'un groupe. Encaisser un nul à domicile contre une équipe de bas de tableau, c'est techniquement un incident de parcours. Répété sur plusieurs semaines, ce type de résultat devient une habitude, et les habitudes sont les choses les plus difficiles à briser dans le football professionnel. L'OL n'a plus le droit à l'erreur s'il veut rester dans la course européenne, et les prochaines échéances s'annoncent cruciales.
Le retour de Pavel Sulc pourrait changer la donne. Ou pas. Parce que le problème de Lyon en ce moment ne se résume pas à un seul joueur manquant — c'est un collectif qui n'a pas encore trouvé sa mécanique de croisière, une identité de jeu qui hésite entre la verticalité voulue par Fonseca et la prudence dictée par les circonstances. Quand un club de cette taille commence à s'interroger sur son système après plusieurs mois de travail commun, c'est souvent le signe que quelque chose de plus profond est à revoir. L'été prochain sera révélateur. D'ici là, la saison continue, et avec elle, la course haletante à une Europe que Lyon n'a plus le droit de manquer.