Flashé à 36,2 km/h à l'entraînement, Pierre-Emerick Aubameyang défie le temps à l'OM avant un choc de Ligue 1 crucial.
36,2 kilomètres par heure. Pas sur une piste d'athlétisme, pas lors d'un sprint chronométré dans un laboratoire de biomécanique — à l'entraînement, à 35 ans, sous le soleil du Pays de la Tignasse. Pierre-Emerick Aubameyang continue de tutoyer des vitesses qui font pâlir des ailiers de vingt-deux ans dans tous les grands championnats européens. Quand Habib Beye a décidé de s'appuyer sur lui cet hiver, certains ont ricané. Les données GPS, elles, ne rigolent pas.
Un chiffre qui remet les pendules à l'heure sur la longévité athlétique
Il y a quelque chose de presque provocateur dans cette information. À un âge où la plupart des attaquants de pointe commencent à négocier avec leur corps — à rogner sur les appels en profondeur, à préférer les combinaisons courtes aux courses dans le dos — l'ancien Borussien de Dortmund et capitaine d'Arsenal affiche une pointe de vitesse qui le classerait parmi les profils les plus explosifs du championnat. Pour mémoire, la vitesse maximale de référence en Ligue 1 tourne autour de 35 à 36 km/h pour les ailiers élite. Aubameyang est dans cet intervalle. À 35 ans.
Le parallèle avec certains grands fauves du sprint footballistique est inévitable. Zlatan Ibrahimovic marquait encore à 40 ans, Cristiano Ronaldo court toujours des 100 mètres indécents à 39 ans en Arabie Saoudite. Mais la longévité explosive d'Aubameyang appartient à une autre catégorie : lui, c'est le moteur pur, le type construit pour la vitesse depuis l'enfance à Milan, façonné par des années de discipline physique quasi-obsessionnelle. Son corps est moins une machine qui résiste au temps qu'une machine qui a appris à ne jamais lui donner prise.
Cette donnée de 36,2 km/h n'est pas anodine non plus dans le contexte de la reprise. La trêve internationale est souvent un couteau à double tranchant pour les clubs dont les joueurs restent sur place : risque de décrochage physique pour les non-convoqués, mais aussi opportunité de travailler les automatismes et l'intensité sur des séquences longues. À l'Olympique de Marseille, le staff d'Habib Beye a visiblement choisi l'intensité. Le fait qu'Aubameyang soit à ce niveau de vélocité en fin de trêve est un signal fort envoyé à la concurrence.
- 36,2 km/h — pointe de vitesse d'Aubameyang à l'entraînement pendant la trêve internationale
- 35 ans — l'âge de l'attaquant gabonais, qui évolue à Marseille depuis l'hiver 2024
- 28e journée — le prochain rendez-vous de l'OM en Ligue 1, un choc que Beye prépare avec une attention particulière
- Top 3 — objectif affiché de l'OM cette saison, dans une Ligue 1 où Paris, Monaco et Lille se livrent une bataille de haute intensité
Beye construit, Aubameyang confirme : Marseille prépare un choc sous haute tension
Habib Beye a pris les commandes d'une équipe en pleine reconstruction identitaire. Après les turbulences de l'ère Tudor et les ambiguïtés du projet De Zerbi, l'OM cherche une cohérence — un fil conducteur entre la passion bouillonnante du Vélodrome et des ambitions sportives qui ne peuvent plus se contenter de la rhétorique. Beye, lui, a cette capacité à faire coexister l'exigence tactique et la verticalité émotionnelle. Et dans cette équation, Aubameyang est une pièce maîtresse.
Ce n'est pas seulement une question de buts, même si les statistiques de l'attaquant en phase retour méritent attention. C'est une question de posture. Aubameyang à 36,2 km/h à l'entraînement, c'est un vestiaire qui voit son attaquant de pointe se crever la paillasse quand personne ne regarde — ou plutôt quand les GPS regardent. Ce genre de signal traverse les murs d'un centre d'entraînement plus vite que n'importe quel discours de coach.
Le choc de la 28e journée arrive dans un contexte de pression maximale. L'OM doit absolument engranger des points pour rester dans la course européenne, dans une Ligue 1 dont le plateau du haut de tableau s'est considérablement durci cette saison. Paris Saint-Germain, Monaco et Lille ont installé un rythme que Marseille doit matcher s'il veut exister dans la conversation des places qualificatives pour la Ligue des Champions. Chaque match, désormais, ressemble à une finale partielle.
Beye le sait. Son staff le sait. Et Aubameyang — qui a connu les nuits de Ligue des Champions avec Dortmund, les titres de Premier League avec Arsenal, la descente aux enfers à Barcelone et la résurrection à Chelsea — sait mieux que quiconque ce que signifie performer sous pression. Sa vitesse à l'entraînement n'est pas une anecdote de réseaux sociaux. C'est le baromètre d'un homme en état de marche.
La vraie question qui se pose maintenant est celle de la durabilité sur la longueur du sprint final d'une saison. Être rapide en mars, c'est bien. L'être encore en mai, quand les jambes brûlent et que les enjeux écrasent tout, c'est une autre histoire. Mais si les données de cette trêve indiquent quelque chose, c'est qu'Aubameyang n'a visiblement pas prévu de ralentir. Et à Marseille, ville qui a toujours eu un faible pour les gens qui courent vite et pensent encore plus vite, ça tombe plutôt bien.