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Football

Habib Beye et l'OM, une histoire qui cherche encore son épilogue

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après deux défaites consécutives, l'OM a retrouvé le chemin du succès en Ligue 1. Mais c'est la sortie cash de Habib Beye sur son avenir qui retient l'attention.

Habib Beye et l'OM, une histoire qui cherche encore son épilogue

Il y a des victoires qui soulagent plus qu'elles ne convainquent. Vendredi soir au Vélodrome, l'Olympique de Marseille a renoué avec le succès en Ligue 1 face à la lanterne rouge du championnat, mettant fin à une série de deux défaites consécutives contre le LOSC et l'AS Monaco. Mais dans les couloirs du stade, c'est une autre histoire qui s'écrit en parallèle — celle d'Habib Beye, entraîneur aux contours flous, dont les mots sur son avenir ont résonné bien au-delà du simple débrief d'après-match.

Un rebond en trompe-l'œil ou le signe d'une équipe qui repart sur de bonnes bases ?

Battre la lanterne rouge à domicile, cela n'a jamais valu un titre. Pourtant, après les soubresauts des dernières semaines, la moindre victoire devient un événement politique à Marseille. La cité phocéenne n'a pas changé : elle amplifie tout, les triomphes comme les désastres. Et ce succès laborieux, arraché sans la flamboyance qu'on associe romantiquement à ce club, dit quelque chose d'essentiel sur l'état actuel du groupe.

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Les deux revers concédés face au LOSC de Bruno Génésio et à l'AS Monaco de Adi Hütter — deux des équipes les plus ambitieuses du championnat cette saison — avaient mis à nu des fragilités défensives que l'entraîneur peine encore à colmater. Marseille reste l'une des équipes qui concède le plus d'occasions nettes par match dans le top 6 de Ligue 1, un paradoxe pour un club qui a recruté massivement l'été dernier. La victoire de vendredi ne répond pas à ces questions structurelles. Elle les reporte.

Ce que l'on sait, c'est que Beye travaille avec un groupe jeune, hétérogène, en construction identitaire. Il faut du temps. Sauf que le temps, à Marseille, est une denrée qu'on ne distribue pas facilement. L'histoire du club est pavée d'entraîneurs partis avant d'avoir pu terminer leur phrase.

Beye face à sa propre vérité, que cache vraiment son aveu sur l'avenir ?

« L'aveu cash. » La formule circule. Et elle dit tout d'un homme qui, contrairement à la rhétorique habituelle des coaches en exercice, a choisi de ne pas jouer le jeu du discours lisse. Habib Beye a grandi dans le foot professionnel avec une franchise que l'on retrouve rarement dans les conférences de presse formatées. Joueur à Newcastle, à Aston Villa, à Stoke City, il a traversé la Premier League dans ses années les plus rugueuses, celles où le football anglais récompensait encore la sincérité avant que la com' corporate ne standardise les prises de parole.

Ce qu'il a dit sur son avenir mérite d'être lu entre les lignes. Pas parce que c'est obscur, mais parce que c'est rare. Un entraîneur qui reconnaît publiquement que sa situation n'est pas gravée dans le marbre, c'est soit un homme acculé, soit un homme suffisamment sûr de lui pour s'affranchir des conventions. Difficile, à ce stade, de déterminer dans quelle case ranger Beye. Sa prise en main de l'OM remonte à cet été, dans un contexte de reconstruction totale après les départs successifs qui ont secoué le vestiaire. Il hérite d'un projet, mais aussi d'une instabilité chronique.

Le paradoxe Beye, c'est qu'il est arrivé avec un capital sympathie immense — celui d'un ex-joueur qui connaît le milieu de l'intérieur, qui parle aux joueurs avec l'autorité de quelqu'un qui a mis les crampons. Mais la sympathie ne suffit pas à gagner des points. Et à Marseille, les états d'âme publics d'un coach, aussi sincères soient-ils, peuvent rapidement être interprétés comme un aveu de faiblesse par un environnement qui scrute chaque mot.

L'OM peut-il vraiment se projeter sereinement dans ce championnat ?

La Ligue 1 2024-2025 ressemble à un championnat où les certitudes s'effritent plus vite que d'habitude. Paris Saint-Germain, libéré du poids de Kylian Mbappé, tente de réinventer son identité sous Luis Enrique. Monaco confirme sa montée en puissance. Lille, fidèle à sa ligne directrice, continue de produire du jeu cohérent. Dans ce contexte, Marseille occupe une position intermédiaire inconfortable — trop fort pour être anecdotique, pas encore assez solide pour inquiéter les trois premières places de façon durable.

Les chiffres le confirment : l'OM a alterné victoires larges et défaites évitables depuis le début de la saison, avec un écart-type dans ses performances qui trahit un manque de régularité. Ce n'est pas forcément la marque d'une équipe mauvaise — c'est souvent celle d'un groupe en transition, où les automatismes se cherchent encore. On a vu des équipes beaucoup plus brouillonnes finir à la deuxième place. Mais on en a aussi vu d'autres imploser en janvier, quand la fatigue physique et mentale rattrape les lacunes tactiques.

L'équation est connue : Marseille a besoin de stabilité. Or la stabilité, dans ce club, a toujours été une promesse plus qu'une réalité. Depuis la révolution McCourt en 2016, pas un seul entraîneur n'a pu mener deux saisons complètes avec une trajectoire linéaire. Jorge Sampaoli, André Villas-Boas, Tudor, Gattuso — chacun est arrivé avec un projet, et chacun est reparti avant de le voir aboutir. Beye sait tout ça. C'est peut-être pour ça qu'il parle sans filet.

Ce vendredi soir restera donc une parenthèse dans un récit plus large. La victoire est là, elle compte dans la colonne des points, elle évite un troisième revers d'affilée qui aurait commencé à sentir la crise. Mais la vraie question, celle que Beye a posée sans la formuler explicitement, est plus existentielle : à Marseille, peut-on vraiment construire quelque chose qui dure ? La réponse appartient autant aux dirigeants qu'à l'entraîneur. Et elle se jouera sur les semaines qui viennent, bien plus que sur les quatre-vingt-dix minutes de vendredi.

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