Frank McCourt cible un profil d'envergure pour diriger l'OM. Richard Teyssier figure dans la short-list pour succéder à Alban Juster, simple intérimaire.
Frank McCourt veut quelqu'un de solide. Selon nos informations, le propriétaire américain de l'Olympique de Marseille a engagé des discussions pour trouver un président capable de remettre le club sur de bons rails — structurellement, sportivement, commercialement. Et dans la liste restreinte des candidats ciblés, le nom de Richard Teyssier revient avec insistance. L'homme n'est pas inconnu du milieu sportif français. Sa présence dans cette short-list en dit long sur le type de profil recherché par McCourt : un manager aguerri, loin du simple gestionnaire.
Alban Juster ne fait que garder le siège au chaud
La situation est claire, et personne à Marseille ne s'en cache vraiment. Alban Juster, nommé en urgence pour assurer la continuité après le départ de Pablo Longoria — propulsé, lui, au poste de superviseur sportif général — ne constitue pas une solution pérenne. Il fait de l'intérim, tout le monde le sait, lui le premier. McCourt a besoin d'une tête, d'un visage, d'un capitaine pour la salle des machines.
Ce que l'entourage du propriétaire décrit comme un profil de « manager d'envergure, d'expérience » n'est pas anodin. Ça exclut d'emblée les candidatures symboliques, les anciens joueurs reconvertis ou les techniciens sans expérience de direction exécutive. McCourt cherche un opérationnel. Quelqu'un qui comprend les enjeux économiques d'un grand club européen, qui sait parler aux partenaires, aux diffuseurs, et qui peut tenir une salle de presse sans trembler.
Richard Teyssier coche plusieurs de ces cases. Ancien dirigeant expérimenté dans le sport et le marketing, il possède une connaissance du secteur qui dépasse largement les frontières du football hexagonal. À en croire des sources proches du dossier, des échanges préliminaires auraient déjà eu lieu. Rien de signé, rien d'officiel — mais sa présence dans la liste restreinte est confirmée.
Un club à la croisée des chemins depuis trop longtemps
L'OM, c'est 920 millions d'euros investis par Frank McCourt depuis son rachat en 2016. Neuf ans plus tard, le bilan est contrasté. Un titre de champion de France en 2010 reste le dernier, la Ligue des champions est une promesse qui se répète sans se concrétiser durablement, et l'instabilité institutionnelle a longtemps plombé les projets sportifs. Les présidents se sont succédé — Jacques-Henri Eyraud, Pablo Longoria dans un rôle hybride — sans qu'une ligne directrice stable ne s'impose vraiment.
La saison 2024-2025 sous la houlette de Roberto De Zerbi représente pourtant une tentative de rupture assumée. L'entraîneur italien, recruté pour 10 millions d'euros par an selon plusieurs sources concordantes, incarne une ambition retrouvée sur le plan sportif. Mais le terrain ne suffit pas. Un club de ce calibre — environ 100 000 abonnés au Vélodrome, une des plus grandes bases de supporters d'Europe — a besoin d'une direction solide pour transformer l'essai commercialement et structurellement.
C'est précisément ce vide que McCourt cherche à combler. La gouvernance marseillaise a souffert de guerres internes, de décisions prises dans la précipitation, d'une communication erratique qui a fini par lasser même les plus fidèles défenseurs du projet américain. L'heure est au sérieux. Un président fort, avec une vraie légitimité managériale, changerait la donne en interne comme en externe.
Ce que ce choix engagera pour les années à venir
Nommer Richard Teyssier — ou tout autre candidat du même profil — ne sera pas un acte anodin. Le prochain président de l'OM héritera d'un chantier considérable : renégociation des contrats partenaires, gestion des relations avec Roberto De Zerbi dont l'exigence en matière de recrutement est connue, et surtout repositionnement du club sur l'échiquier européen alors que les droits TV nationaux continuent de peser sur les équilibres financiers de la Ligue 1.
La question du modèle économique sera centrale. L'OM a longtemps vécu sur ses ventes de joueurs — Boubacar Kamara, Mattéo Guendouzi ou plus récemment Iliman Ndiaye ont alimenté les caisses — mais cette stratégie atteint ses limites quand on veut simultanément construire une équipe compétitive en Ligue des champions. Le futur président devra trancher entre une logique de formation-revente et une ambition de stabilité sportive à moyen terme. Les deux ne sont pas incompatibles, mais elles nécessitent une vision claire et des arbitrages courageux.
À en croire l'entourage du club, McCourt souhaite boucler cette nomination avant la fin du mercato estival 2025. La fenêtre de transferts, qui ouvrira ses portes en juin, réclame une direction en ordre de marche. Recruter avec un président intérimaire aux manettes fragilise la position du club dans les négociations — les agents le savent, les clubs vendeurs aussi.
Si Richard Teyssier confirme sa candidature et emporte la décision de Frank McCourt, il deviendra le patron d'une institution qui n'a pas gagné le championnat depuis quinze ans mais qui reste l'un des clubs les plus passionnés et les plus exigeants de France. Une équation enthousiasmante pour qui aime les défis. Un piège pour qui n'est pas préparé à la pression du Vélodrome. La prochaine étape ? Les entretiens formels, attendus dans les prochaines semaines. Le feuilleton ne fait que commencer.