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Football

OM : la piste Bouhafsi à la présidence démentie

Par Rédaction SBM··4 min de lecture·Source: Footmercato

RMC Sport avait sorti le nom de Mohamed Bouhafsi pour la présidence de l'OM. Le démenti est tombé rapidement, mais l'épisode révèle l'ampleur du flou qui règne au sommet du club.

OM : la piste Bouhafsi à la présidence démentie

Il y a des ballons d'essai qui n'atteignent pas l'altitude espérée. Hier soir, RMC Sport lâchait une information qui a électrisé la toile marseillaise : Mohamed Bouhafsi, journaliste reconnu devenu figure de la communication sportive, aurait été approché pour prendre la présidence de l'Olympique de Marseille. De simples échanges informels, précisait-on, histoire de tâter le terrain, de mesurer les appétits. Moins de vingt-quatre heures plus tard, l'information était démentie. Circulez. Sauf que dans ce genre d'affaires, les démentis sont rarement l'épilogue — ils sont souvent le début de quelque chose.

Quand une rumeur dit plus qu'elle ne cache sur l'état du club

Pour comprendre pourquoi ce nom a pu émerger, il faut rappeler le contexte dans lequel l'OM se trouve depuis plusieurs mois. Frank McCourt, propriétaire américain discret depuis son rachat du club en 2016, peine à convaincre quant à sa vision à long terme. La gouvernance marseillaise ressemble par moments à un chantier perpétuel : les présidents défilent, les directeurs sportifs aussi, et le projet sportif oscille entre ambition affichée et réalité budgétaire contrainte. Pablo Longoria, l'actuel président, a survécu à des séismes que d'autres n'auraient pas traversés, mais sa position n'est jamais pleinement stabilisée dans le roman-feuilleton permanent qu'est la vie institutionnelle du club phocéen.

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Dans ce paysage, l'idée de recruter un homme de médias pour incarner le club n'est pas absurde sur le papier. Bouhafsi, ancien journaliste de RMC précisément, connaît parfaitement les rouages du football professionnel français, dispose d'un réseau considérable et possède une image publique soignée. Certains clubs ont tenté ce pari de la figure médiatique transformée en dirigeant — avec des fortunes diverses. On se souvient que Florentino Pérez lui-même, avant de devenir le monarque absolu du Real Madrid, était davantage connu comme chef d'entreprise que comme homme de football pur. Le profil atypique n'est jamais disqualifiant en soi.

Reste que la méthode interroge. Des échanges informels, non formalisés, qui se retrouvent dans les colonnes d'un média national : c'est précisément ce type de fuite — volontaire ou non — qui fragilise les processus de décision dans les grands clubs. À titre de comparaison, quand Joan Laporta a préparé son retour au FC Barcelone, la discrétion des négociations préalables était totale. À Marseille, la moindre conversation de couloir semble trouver le chemin de l'antenne en moins de temps qu'il ne faut pour dire Vélodrome.

  • Frank McCourt a racheté l'OM en 2016 pour environ 45 millions d'euros
  • Le club a connu 4 présidents différents en moins de 8 ans sous son ère
  • L'OM affiche un budget opérationnel annuel estimé autour de 200 millions d'euros
  • Bouhafsi a été recruté par France Télévisions en 2019, après 15 ans à RMC

Après le démenti, la question qui demeure : qui pour gouverner l'OM ?

Le démenti ne règle rien. Il repousse. La question de la présidence — sa stabilité, sa légitimité, son ancrage dans le projet sportif — reste entière. Pablo Longoria a montré des qualités indéniables de recruteur et une capacité à tenir un cap dans la tempête, mais la relation avec McCourt et avec la direction américaine est régulièrement décrite comme complexe. Le club a besoin d'une architecture de gouvernance claire, pas d'une succession de noms qui circulent et qui disparaissent au gré des agendas médiatiques.

Ce qui est frappant dans l'épisode Bouhafsi, c'est moins le nom lui-même que ce qu'il révèle des critères de recherche. Si le propriétaire américain cherche un profil médiatique, communicant, capable de gérer les relations avec la presse et les supporters, c'est qu'il a tiré des enseignements des turbulences passées. Marseille n'est pas un club comme les autres — c'est une institution où la pression publique est une donnée structurelle, pas conjoncturelle. Depuis Bernard Tapie, chaque dirigeant a dû apprendre à exister dans cet espace particulier où le sport et la politique locale se mélangent, où les 67 000 places du Vélodrome ne sont jamais simplement remplies mais toujours chargées d'attentes collectives.

Dans ce registre, d'autres noms continueront inévitablement à circuler dans les prochaines semaines. Le marché des présidents de club en France est limité, et les profils capables d'assumer la dimension symbolique d'un poste à l'OM le sont encore plus. La piste Bouhafsi est close — officiellement. Mais l'agenda de McCourt, lui, reste ouvert. Et à Marseille, les rumeurs ne meurent jamais vraiment : elles hibernent.

La vraie question, au fond, n'est pas de savoir qui sera le prochain visage de l'OM dans les médias. C'est de savoir si Frank McCourt a une vision à cinq ans pour ce club, et si cette vision inclut enfin une structure dirigeante stable, capable de construire dans la durée plutôt que de gérer l'urgence permanente. Sans cela, les présidents passeront, les rumeurs resteront, et Marseille continuera d'être le club le plus passionnant et le plus épuisant du football français — souvent pour les mêmes raisons.

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