La journaliste beIN Sports a reçu des menaces de mort visant ses enfants après son interview lors de la finale de la CAN 2025.
Le football peut parfois révéler le pire visage de la société. Vanessa Le Moigne, journaliste pour beIN Sports, en a fait la douloureuse expérience après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025. Dans un témoignage accordé au média Her Story, elle décrit un déchaînement de violence numérique d'une rare intensité, allant bien au-delà des simples insultes.
Une tempête numérique après la finale
Tout a commencé par une interview réalisée en marge de la finale de la CAN 2025. Un moment professionnel banal, du moins en apparence. Mais les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en tribunal populaire. Les attaques ont fusé, violentes, coordonnées, implacables. La journaliste décrit un cyberharcèlement qu'elle qualifie elle-même de « mega exacerbé ».
Les messages hostiles ont rapidement franchi un seuil inacceptable. Au-delà des critiques professionnelles, parfois légitimes dans le métier, ce sont des menaces physiques directes qui ont envahi sa messagerie. Des individus ont osé cibler ses enfants, proférant des menaces de mort à leur encontre. Un niveau de violence qui dépasse largement le cadre du débat sportif et relève du domaine pénal.
Un phénomène qui touche de plein fouet les femmes journalistes
Le cas de Vanessa Le Moigne n'est malheureusement pas isolé. Les femmes qui exercent dans le milieu du journalisme sportif sont régulièrement exposées à des vagues de haine en ligne, souvent déclenchées par un simple post ou une prise de parole télévisée. La misogynie numérique constitue un fléau structurel que le monde des médias sportifs peine encore à endiguer.
Les plateformes sociales, malgré leurs engagements répétés, peinent à modérer efficacement ces débordements. Les signalements restent souvent sans réponse rapide, laissant les victimes seules face à un déluge de haine. Vanessa Le Moigne a choisi de briser le silence, là où d'autres, épuisées ou terrorisées, renoncent à témoigner.
Vers une prise de conscience collective et nécessaire
Son témoignage pose une question fondamentale : jusqu'où la liberté d'expression sur internet peut-elle justifier l'impunité ? Les menaces de mort, qu'elles visent une personnalité publique ou ses proches, sont des infractions pénales. La justice doit s'en emparer avec la fermeté qui s'impose.
Le milieu sportif et médiatique doit également prendre ses responsabilités. Soutenir publiquement les journalistes victimes, exiger des plateformes une modération renforcée, et refuser la normalisation de la haine en ligne sont des impératifs. Le courage de Vanessa Le Moigne de parler ouvertement doit servir d'électrochoc. Le sport, vecteur de passion et de rassemblement, ne peut pas tolérer que ses espaces d'expression deviennent des zones de non-droit.