Première ratée pour Roberto De Zerbi sur le banc des Spurs à Sunderland. Jean-Philippe Mateta, lui, guide Crystal Palace contre Newcastle.
Roberto De Zerbi avait quitté l'OM dans la douleur après une saison en demi-teinte sur la Canebière. Tottenham l'avait recruté en grande pompe, convaincu que l'Italien au jeu flamboyant pouvait redonner une identité à des Spurs qui en cherchent une depuis des années. Première sortie, premier revers. Le Stadium of Light de Sunderland a rapidement rappelé au technicien de 45 ans que la Premier League n'attend personne, pas même les grands noms.
De Zerbi face au mur du réel dès la première journée
On ne pouvait pas rêver baptême du feu plus exigeant. Sunderland, promu avec ambition et l'appétit des équipes qui n'ont rien à perdre, recevait Tottenham dans une atmosphère électrique. De Zerbi avait pourtant tenté d'imposer sa philosophie — pressing haut, construction depuis l'arrière, transitions rapides — mais les Spurs ont semblé encore trop étrangers au système pour le traduire dans le jeu. Ce n'est pas une surprise, c'est même presque logique. Un entraîneur aussi méthodique que l'ancien coach de Brighton et de Sassuolo a besoin de temps, de répétitions, de blessures et de victoires pour graver ses principes dans les jambes de ses joueurs. Il ne l'a pas eu en une semaine de préparation.
La question qui brûle maintenant les lèvres des supporters londoniens est simple : combien de temps la direction de Tottenham lui accordera-t-elle ? Daniel Levy n'est pas connu pour sa patience légendaire avec les entraîneurs. Depuis José Mourinho jusqu'à Antonio Conte, le club de la banlieue nord de Londres a une fâcheuse habitude de brûler ses managers avant même que le projet ne prenne forme. De Zerbi le sait. Il a choisi Tottenham en connaissance de cause, les yeux ouverts sur l'environnement instable qui l'attendait. Mais une défaite à Sunderland dès la première journée, ça laisse des traces dans les conversations, même si ça ne devrait pas.
Ce qui est certain, c'est que les Spurs disposent d'un effectif suffisamment dense pour espérer mieux. Son bilan à Brighton — 21 victoires en 55 matchs de Premier League avec des performances collectivement saluées par toute l'Europe — prouve qu'il peut faire jouer une équipe anglaise. Mais Brighton n'était pas Tottenham. Les attentes, la pression médiatique, le poids de l'histoire du club : tout est différent à Londres. La courbe d'apprentissage sera raide.
Mateta, lui, n'a pas attendu pour briller
Pendant que De Zerbi essuyait les plâtres du côté de Sunderland, Jean-Philippe Mateta confirmait, à Crystal Palace, qu'il est l'un des attaquants les plus efficaces et les plus sous-estimés de Premier League. Face à Newcastle United au Selhurst Park, l'international français a une nouvelle fois pesé sur la défense adverse, guidé les siens vers la victoire et rappelé à ceux qui l'auraient oublié pourquoi Oliver Glasner lui fait une confiance absolue.
Mateta avait terminé la saison dernière avec 16 buts en championnat, un total qui aurait valu à n'importe quel autre joueur une couverture de magazine et une rumeur de transfert vers un top-club européen. Le natif de Paris n'a pas le marketing d'un Erling Haaland, ni la hype d'un Alexander Isak. Mais dans la surface de réparation, il est redoutable. Sa capacité à combiner jeu aérien, appels en profondeur et finition clinique en fait l'arme idéale pour le système de Glasner, qui lui offre l'espace et la liberté nécessaires pour exprimer tout son talent.
Newcastle, pourtant, ne s'était pas présenté à Selhurst Park en victime consentante. L'équipe d'Eddie Howe a fini dans le top 7 la saison précédente, elle possède un milieu de terrain de qualité internationale avec Bruno Guimarães et Sandro Tonali, et son projet sportif, adossé au fonds souverain saoudien PIF, continue de monter en puissance. Qu'un Crystal Palace porté par Mateta réussisse à les battre sur leur propre niveau de compétition — voilà qui donne une vraie valeur à cette victoire des Eagles.
- 16 buts en Premier League la saison dernière pour Jean-Philippe Mateta, meilleure performance de sa carrière
- Roberto De Zerbi avait obtenu 21 victoires en 55 matchs de Premier League avec Brighton
- Tottenham n'a pas remporté de titre majeur depuis la Coupe de la Ligue anglaise en 2008
- Crystal Palace s'appuie sur Oliver Glasner, finaliste de l'Europa League avec Francfort en 2022
Ce premier week-end de Premier League a donc livré deux récits qui se font écho sans se ressembler. D'un côté, un entraîneur charismatique confronté à la brutalité des débuts dans un club sous pression permanente. De l'autre, un attaquant français qui n'a pas besoin de validation extérieure pour performer. La saison sera longue — 38 journées, autant d'occasions pour De Zerbi de renverser la dynamique et pour Mateta de franchir un cap supplémentaire dans sa consécration. Mais les premières images restent. Elles racontent quelque chose sur la hiérarchie réelle de ce championnat, loin des étiquettes et des mercatos. En Premier League, le terrain parle vite, et il ne ment jamais.