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Football

Kombouaré, Leonardo et le PSG : "J'ai failli lui arracher la tête"

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: RMC Sport

Sur RMC, Antoine Kombouaré a raconté sans filtre comment Leonardo l'a évincé du PSG en 2011. Un témoignage rare sur les coulisses de la révolution qatarie.

Kombouaré, Leonardo et le PSG : "J'ai failli lui arracher la tête"

"J'ai failli lui arracher la tête." Voilà comment Antoine Kombouaré résume, treize ans après, le moment où Leonardo l'a congédié du Paris Saint-Germain. Invité de L'After Foot sur RMC ce mercredi soir, l'actuel entraîneur du Paris FC n'a rien oublié. Ni l'humiliation, ni la rage, ni ce sentiment d'être balayé par une révolution dont il n'était pas le héros prévu. Un témoignage brut, sans la langue de bois habituelle des conférences de presse, qui dit quelque chose d'essentiel sur ce que fut vraiment l'avènement du PSG version Qatar.

L'été 2011, quand les pétrodollars ont tout rasé sur leur passage

Rappelons les faits pour ceux qui auraient la mémoire courte. En juin 2011, le Qatar Sports Investments rachète le PSG. Le club est alors dans un état bancal — présent en Ligue 1, certes, mais loin des sommets européens. Kombouaré, lui, venait pourtant de réaliser un exercice solide : une sixième place en championnat et surtout une Coupe de France glanée face à Monaco, le premier trophée parisien depuis des années. De quoi mériter, a minima, une conversation.

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Mais le football de l'argent n'attend pas. Leonardo débarque comme directeur sportif dans les bagages du nouveau projet, et l'histoire de Kombouaré au PSG se termine en décembre 2011, malgré une équipe leader à la trêve hivernale. Le Kanak est mis dehors alors que son équipe trône en tête du championnat. Kafkaïen. Et manifestement, la pilule n'est toujours pas tout à fait avalée.

Ce que Kombouaré a livré sur RMC, c'est moins une rancœur que la description d'un choc de cultures. D'un côté, un entraîneur formé à l'ancienne, attaché au travail de terrain, à la fidélité, à une certaine idée du mérite. De l'autre, une machine à millions qui avance avec ses propres codes, ses propres hommes de confiance, et où les sentiments n'ont pas vraiment leur place. Il n'y a pas eu de dialogue. Il n'y a eu qu'une décision.

Leonardo, figure centrale d'un épisode fondateur

Leonardo. Le nom revient forcément au cœur de ce récit. Le Brésilien, qui avait déjà été joueur et entraîneur du PSG dans une autre vie, est celui qui a incarné la brutalité de la transition. C'est lui qui a eu la conversation avec Kombouaré. C'est lui, selon l'intéressé, qui lui a signifié que le projet allait dans une autre direction.

On peut comprendre la logique sportive et économique de l'époque : les nouveaux propriétaires voulaient Carlo Ancelotti, un nom capable de faire rêver l'Europe, de recruter des stars et d'asseoir immédiatement la crédibilité internationale du club. Ancelotti a finalement été nommé en décembre 2011, quelques jours à peine après le départ de Kombouaré. La séquence était préméditée, c'est une évidence que personne n'a jamais vraiment contestée.

Reste que la manière, elle, a laissé des traces. Virer un entraîneur premier du classement — fait rarissime dans le football français — en lui opposant simplement la volonté des nouveaux décideurs, sans la moindre justification sportive défendable, c'était envoyer un signal fort à tout le football hexagonal : le PSG nouvelle version ne jouerait pas selon les règles habituelles. Douze ans, plusieurs Ligues des champions ratées et une domination domestique écrasante plus tard, on peut dire que le signal a été reçu cinq sur cinq.

Kombouaré, lui, a rebondi. Valenciennes, Guingamp, Nantes, et aujourd'hui le Paris FC — qu'il est en train de hisser vers la Ligue 1 avec une vraie cohérence de projet. Ironie de l'histoire : l'homme évincé par le PSG en construction est désormais aux commandes de l'autre club parisien, celui qui rêve précisément de bousculer le mastodonte qatari sur son propre terrain.

Paris FC contre PSG : la revanche que personne n'a commandée mais que tout le monde attend

Il y a quelque chose de romanesque, presque de scénaristique, dans la trajectoire de Kombouaré. L'homme que le projet QSI a jugé insuffisant est aujourd'hui l'architecte du seul club susceptible, à terme, de remettre en question le monopole parisien sur la capitale. Le Paris FC, poussé par ses ambitions et ses nouveaux investisseurs — dont RedBird Capital Partners —, lorgne sérieusement vers l'élite.

Le club évolue actuellement en Ligue 2, mais les signaux sont là : recrutement ambitieux, infrastructure en développement, projet de stade. Et à sa tête, un entraîneur qui connaît le PSG de l'intérieur, qui en a vécu les heures fondatrices, qui n't pas de complexe particulier vis-à-vis du voisin. Quand Kombouaré lâche qu'il a "failli arracher la tête" à Leonardo, il ne ressasse pas — il affirme. Il dit qu'il était debout ce jour-là, et qu'il l'est encore.

Ce genre de sortie médiatique, franche et sans calcul apparent, dit aussi quelque chose sur le personnage. À 61 ans, Kombouaré n'est pas en train de gérer son image. Il raconte. Et dans un football français souvent anesthésié par la communication corporate, ça détonne — et ça rafraîchit.

Reste une question qui flotte au-dessus de tout cela : si le PSG version QSI avait choisi la continuité plutôt que la rupture en décembre 2011, quel aurait été le visage de ce club ? Personne ne peut évidemment y répondre. Mais le fait que Kombouaré se souvienne encore de chaque détail de cette journée, avec cette intensité intacte, dit assez que certaines blessures dans le football ne se referment jamais tout à fait — elles se transforment, elles deviennent du carburant. Et aujourd'hui, ce carburant-là brûle dans les couloirs du Paris FC.

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