Sur un bijou de Dembélé, le PSG semblait lancé. Puis Safonov a tout gâché d'une boulette monumentale face à Toulouse en Ligue 1.
Ousmane Dembélé avait pourtant mis tout le monde d'accord. Un bijou, le genre de but qui fait lever un stade et qui donne l'impression que la soirée va être tranquille au Parc des Princes. Le PSG menait, le script était écrit. Et puis Matvey Safonov a décidé d'improviser. Résultat : la 28e journée de Ligue 1 restera dans les mémoires pour les mauvaises raisons côté parisien, avec une égalisation du Toulouse FC née directement d'une erreur grossière du portier russe. Quand le gardien devient lui-même l'adversaire le plus redoutable de son équipe, c'est que quelque chose dysfonctionne profondément.
Dembélé ouvre, Safonov referme la porte dans le mauvais sens
Le scénario du match aurait pu s'écrire sans suspense. Dembélé, en état de grâce depuis plusieurs semaines, trouve la faille avec ce talent instinctif qui le rend si précieux dans le jeu offensif de Luis Enrique. L'ailier français-barcelonais, recruté pour 50 millions d'euros l'été dernier, confirme match après match qu'il est bien l'homme clé du nouveau PSG, celui d'après Mbappé, celui qui doit se réinventer collectivement. Un but splendide, l'avantage au score, et tout le monde respirait côté capital.
Sauf que le football a cette faculté cruelle de vous ramener à la réalité en quelques secondes. Safonov, titulaire dans les cages parisiennes depuis la blessure de Gianluigi Donnarumma puis dans le cadre d'une concurrence assumée par le staff, a commis l'irréparable. Une intervention maladroite, un ballon mal maîtrisé, une sortie mal calculée — appelle ça comme tu veux, le résultat est le même. Toulouse égalise. Le Téfécé, qui pointe à la 9e place de Ligue 1 et qui lutte pour accrocher une place européenne, repart avec un point qui a la saveur d'un exploit.
Pour le portier international russe, recruté l'été dernier en provenance de Krasnodar pour environ 15 millions d'euros, c'est le genre de soirée qu'on ne raconte pas à ses petits-enfants. Depuis son arrivée au PSG, Safonov peine à convaincre totalement. Les performances sont inégales, les doutes persistent. Et une erreur de ce calibre, à ce stade de la saison, ça ne passe pas inaperçu.
Le mal parisien qui ne disparaît pas avec les étoiles
Ce qui frappe, c'est moins l'erreur en elle-même — tout gardien en commet, même les meilleurs — que le contexte dans lequel elle survient. Le PSG est en pleine reconstruction identitaire. Depuis le départ de Kylian Mbappé vers le Real Madrid, le club de la capitale cherche son nouveau visage, son nouveau système, ses nouveaux repères. Luis Enrique a imposé un jeu ambitieux, vertical, collectif. Les résultats sont là en Ligue des Champions. Mais en Ligue 1, les accrocs se multiplient.
Face à des équipes comme Toulouse, qui jouent sans complexe et avec l'énergie propre aux clubs qui n'ont rien à perdre, le PSG ne peut pas se permettre d'offrir des cadeaux. Encore moins de la part de son gardien. Car le problème du poste, au Parc des Princes, est structurel depuis des années. Donnarumma lui-même, international italien et champion d'Europe 2020, a traversé des phases de turbulences à Paris. Avec Safonov, on avait l'espoir d'une concurrence saine qui tirerait les deux portiers vers le haut. Pour l'instant, le compte n'y est pas.
Il faut aussi parler de la Ligue 1 dans tout ça. Toulouse, entraîné par Carles Martínez Novell depuis quelques mois maintenant, développe un football organisé et courageux. Les Violets ont terminé la saison 2022-2023 en Ligue 2 avant de remonter et de se maintenir avec le sourire. Cette saison, ils jouent la coupe d'Europe et continuent de surprendre. Prendre un point au Parc des Princes, même sur une boulette adverse, ça se mérite quand même. Il faut être là, en position, prêt à punir. Et eux l'étaient.
Une course au titre qui se joue maintenant dans les détails
Le PSG reste bien sûr en tête de la Ligue 1. Avec plus de dix points d'avance sur ses poursuivants les plus proches selon les dernières données disponibles, le titre semble une formalité mathématique à ce stade. Mais c'est précisément là que réside le danger. La compétition en championnat ne doit pas devenir une routine, un long fleuve tranquille entre deux chocs européens. Les matches comme celui contre Toulouse sont des pièges. Et le PSG, ce soir-là, s'y est laissé prendre.
Luis Enrique devra gérer. Pas de panique, pas d'alarmisme excessif — un point perdu sur un match de saison régulière, ça ne remet pas en question le bilan global. Mais la question du gardien titulaire va inévitablement revenir dans les discussions. Donnarumma est-il rétabli ? Safonov mérite-t-il de continuer à jouer malgré ses erreurs ? Le technicien espagnol, réputé pour ses choix forts et ses convictions tactiques affirmées, devra trancher clairement.
Au-delà du cas Safonov, c'est la capacité du PSG à maintenir sa concentration sur 38 journées qui est questionnée. Le titre en Ligue 1, c'est bien. Mais l'objectif avoué, celui qui justifie les investissements colossaux depuis le rachat qatari il y a plus de treize ans, c'est la Ligue des Champions. Et pour aller chercher cette étoile-là, il faudra un gardien solide, fiable, imperméable à la pression. Une soirée comme celle contre Toulouse laisse des traces — pas forcément sur le classement, mais dans les têtes. Et ça, en sport de haut niveau, ça compte autant que les chiffres.