Absent depuis le 20 janvier, Fabian Ruiz se rapproche d'un retour au jeu. Une bonne nouvelle pour le PSG à l'approche du sprint final.
Deux mois et demi. C'est le temps qu'aura duré le purgatoire de Fabian Ruiz. Depuis ce soir du 20 janvier où son genou l'a trahi après le match de Ligue des Champions contre le Sporting Portugal, le milieu espagnol a regardé ses coéquipiers du Paris Saint-Germain depuis les tribunes, impuissant, pendant que Luis Enrique cherchait à rééquilibrer un entrejeu privé de l'un de ses piliers. La bonne nouvelle, c'est que l'attente touche à sa fin. Le retour de l'international espagnol se précise, et le timing ne pouvait pas mieux tomber.
Dix semaines sans lui : ce que le PSG a vraiment perdu
On a parfois tendance à sous-estimer Fabian Ruiz. Pas aussi spectaculaire qu'un Ousmane Dembélé dans une accélération balle au pied, pas aussi symbolique qu'un Marco Asensio dans la hiérarchie des statuts, l'Espagnol travaille dans l'ombre des projecteurs. Mais c'est précisément là que réside sa valeur. Avec lui, le PSG respire différemment. Son jeu entre les lignes, sa capacité à orienter le jeu sur 30 ou 40 mètres d'une simple passe tendue, sa présence physique dans les duels — tout ça, ça manque. Cruellement.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : avant sa blessure, Fabian Ruiz affichait une précision de passe supérieure à 90 % sur la saison, avec plusieurs contributions décisives en Ligue des Champions. Il avait été l'un des hommes en forme du PSG lors de la phase de ligue, pesant sur plusieurs rencontres par sa capacité à combiner vite et à presser haut. Sans lui, Luis Enrique a dû bricoler, repositionner, improviser. Vitinha a assumé davantage de responsabilités, João Neves s'est montré, mais l'équilibre global n'était plus tout à fait le même.
Ce qui est intéressant dans cette blessure, c'est aussi ce qu'elle révèle sur la densité du calendrier imposé aux équipes engagées sur tous les fronts. Le PSG a disputé plus de 40 matchs depuis le début de la saison, et le corps des joueurs finit toujours par envoyer la facture. Fabian Ruiz n'est pas le seul à en avoir fait les frais — Presnel Kimpembe, lui, attend depuis bien plus longtemps — mais sa blessure intervenait à un moment charnière, pile quand la compétition européenne entrait dans sa phase la plus décisive.
- Absent depuis le 20 janvier, soit plus de 10 semaines de disette
- Précision de passe supérieure à 90 % avant sa blessure cette saison
- Plusieurs contributions décisives en phase de ligue de Ligue des Champions
- Plus de 40 matchs au compteur pour le PSG toutes compétitions confondues en 2024-2025
Un retour au bon moment, mais la vraie question reste entière
Le sprint final de la saison s'annonce d'une intensité rare. Le PSG est encore en lice sur plusieurs tableaux, et chaque match qui arrive a des allures de finale. Dans ce contexte, récupérer Fabian Ruiz, c'est récupérer une option tactique précieuse — un joueur capable d'évoluer dans un double pivot comme en position plus haute, selon les besoins de Luis Enrique. L'entraîneur asturien a cette qualité rare de savoir utiliser ses joueurs de manière intelligente, et Fabian Ruiz est l'un de ceux qui s'adaptent le mieux à ses exigences.
Reste la question de la condition physique. Deux mois d'absence, ça ne s'efface pas en deux entraînements. L'Espagnol va devoir retrouver ses repères, reprendre confiance dans son genou, retrouver le rythme du haut niveau. Luis Enrique le sait mieux que quiconque — lui qui a toujours insisté sur le fait qu'un joueur qui revient de blessure n'est vraiment disponible qu'au bout de plusieurs semaines de compétition. On ne le verra donc probablement pas titulaire d'entrée, sauf urgence absolue.
Mais sa simple présence dans le groupe change quelque chose. Psychologiquement, pour les coéquipiers comme pour le staff. Et sportivement, elle offre des solutions à un Luis Enrique qui doit gérer une rotation intelligente sur des échéances qui se chevauchent. En Ligue des Champions, où chaque possession compte et où les duels au milieu se règlent sur des détails, avoir un Fabian Ruiz ne serait-ce qu'à 70 % de ses capacités, c'est mieux que ne pas l'avoir du tout.
Il y a aussi une dimension personnelle dans ce retour. Fabian Ruiz n'a que 28 ans, il est en pleine maturité footballistique, et il sait que les prochains mois pourraient lui offrir une vitrine exceptionnelle avant l'Euro et les grandes échéances à venir. Pour un joueur de sa trempe, manquer la fin de saison n'était pas envisageable. Il a travaillé dur pour revenir, et les signaux envoyés par son entourage et le club sont encourageants.
La vraie inconnue, désormais, c'est le timing exact. Quel match pour la reprise ? Quelle charge de jeu dans les premières semaines ? Luis Enrique n'est pas homme à brûler les étapes, et il préférera sans doute l'intégrer progressivement plutôt que de risquer une rechute. Mais le PSG a besoin de lui, et vite. Parce que dans ce type de saison où tout se joue sur quelques matchs, un milieu de terrain comme Fabian Ruiz peut faire basculer une qualification. Les prochaines semaines diront si le genou tient. Le reste, il sait faire.