Paris reçoit Liverpool en quarts de Ligue des champions. Un choc électrique, une note pour chaque acteur.
Un an après. Exactement un an après le même scénario, le même adversaire, presque la même scène. Le Paris Saint-Germain et Liverpool se retrouvaient au Parc des Princes pour un quart de finale de Ligue des champions, et cette fois l'enjeu était encore plus élevé. Après avoir sorti Chelsea en huitièmes avec autorité, les Rouge et Bleu pensaient peut-être avoir trouvé un rythme, un élan. Mais face aux Reds d'Arne Slot, il fallait autre chose que de l'élan. Il fallait de la maturité. Tour d'horizon d'une soirée qui a laissé des traces.
Paris a-t-il vraiment été à la hauteur de l'événement ?
La réponse est nuancée, et c'est précisément ce qui rend ce match frustrant à analyser. Le PSG n'a pas été dominé. Il n'a pas été humilié. Mais il n'a pas été souverain non plus, et contre une équipe de ce calibre, le flou n'est jamais un bon signe. Luis Enrique avait misé sur un bloc médian compact, avec l'intention évidente de fermer les espaces dans lesquels Mohamed Salah aime tant s'engouffrer. Stratégie lisible, exécution imparfaite.
Dans les buts, Gianluigi Donnarumma a été l'un des rares Parisiens à sortir la tête haute. Deux arrêts décisifs dans le premier acte, une présence dans les airs irréprochable. On lui donne un 7 sans hésitation. Derrière lui, la défense a soufflé le chaud et le froid : Willian Pacho a montré de belles choses dans le duel, mais Nuno Mendes a été trop souvent pris dans son dos, signe d'une organisation défensive qui a craqué par endroits.
Au milieu, Vitinha a tenté de dicter le tempo avec ses combinaisons courtes habituelles. Mais Liverpool presse haut, vite, et sans relâche — les Reds récupèrent en moyenne 42 ballons dans le camp adverse par match en phase à élimination directe cette saison. Dans ce contexte, Warren Zaïre-Emery a manqué d'autorité sur quelques séquences clés, lui qu'on voit habituellement si serein dans l'entrejeu. Fabian Ruiz, lui, a alterné entre le très bon et l'invisible. C'est son problème chronique, et il revient ici avec une constance déconcertante.
Liverpool était-il vraiment supérieur ou Paris s'est-il sabordé ?
Voilà la vraie question. Et la vérité, c'est que les deux sont vrais en même temps. Liverpool a été redoutable dans ses transitions. Mohamed Salah — encore lui, toujours lui — a rendu la vie infernale à la défense parisienne. L'Égyptien de 32 ans continue de défier le temps et la logique footballistique. Chaque ballon qu'il touche dans la surface ressemble à une menace existentielle. On ne lui donne pas une note, on lui tire le chapeau.
Cody Gakpo a été percutant sur son couloir gauche, Luis Díaz a créé du mouvement sans toujours conclure. Arne Slot, lui, a géré ses hommes avec une froideur tactique qui force le respect. L'entraîneur néerlandais a su adapter son pressing en cours de match, resserrant l'étau dans les vingt dernières minutes quand Paris semblait vouloir respirer. Pas de cadeau.
Mais Paris s'est aussi compliqué la tâche tout seul. Ousmane Dembélé a eu ses moments — un débordement somptueux en première mi-temps, une frappe enroulée qui a frôlé le poteau — mais sa régularité dans les grands rendez-vous reste un sujet de discussion légitime. Bradley Barcola, lui, a oscillé entre l'étincelle et l'effacement. Il a les jambes, il a la technique, mais dans un match de ce niveau, les décisions doivent venir plus vite. Beaucoup plus vite.
Kylian Mbappé n'est plus là, on le sait, et cette absence se fait sentir non pas tant dans les buts que dans la peur qu'il inspirait. Paris n'a plus ce joker capable de changer un match à lui seul en une fraction de seconde. Gonçalo Ramos a travaillé dur, a tenu le ballon, mais n'a pas pesé assez dans la surface. Un 5 honnête pour un avant-centre qui a tout donné sans que ça suffise.
Que retenir de ce match aller pour le retour à Anfield ?
Tout. Il faut tout retenir, parce qu'Anfield n'est pas un stade, c'est un état d'esprit. Le Parc des Princes avait l'avantage du terrain ce soir, et Paris n'en a pas tiré suffisamment profit. Le résultat de ce match aller place les Rouge et Bleu dans une position inconfortable pour le retour, et l'histoire du PSG en Ligue des champions enseigne que ces situations inconfortables se terminent rarement en apothéose.
Pourtant, il serait injuste de ne garder que le négatif. Ce PSG-là n'est pas l'équipe fragile mentalement qu'on a connue pendant des années. La jeunesse du groupe — avec un âge moyen parmi les plus bas de la compétition cette saison — est à la fois sa limite et sa force. Ces garçons ne savent pas encore qu'on est censés avoir peur à Anfield. C'est peut-être leur meilleure arme.
Luis Enrique devra trouver les mots justes. Il devra aussi trouver des solutions tactiques pour limiter les espaces dans le dos de ses latéraux, qui ont été la cible principale du jeu de transition liverpuldien. Un bloc plus bas ? Plus de compacité ? La réponse appartient au technicien espagnol, qui a montré cette saison qu'il était capable de surprendre. Le retour au stade d'Anfield, devant 53 000 supporters en transe, dira si ce Paris Saint-Germain est vraiment en train de franchir un cap européen — ou si l'histoire se répète une fois de plus.