Nasser Al-Khelaïfi est dans le viseur d'Anticor pour prise illégale d'intérêts lors des négociations sur les droits TV de la Ligue 1 en 2024.
Une nouvelle tempête judiciaire s'abat sur le football français. Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et de beIN Media Group, est visé par un signalement de l'association anticorruption Anticor pour prise illégale d'intérêts. Les faits reprochés concernent les négociations autour des droits télévisés de la Ligue 1 en 2024, selon les informations révélées par L'Équipe.
Un conflit d'intérêts au cœur de l'accusation
Le dossier est explosif. Al-Khelaïfi occupait simultanément deux positions stratégiques lors des discussions sur les droits TV du championnat français. D'un côté, il dirigeait le PSG, club majeur de Ligue 1 et donc directement concerné par les retombées financières de ces droits. De l'autre, il présidait beIN Media Group, groupe audiovisuel candidat à l'acquisition de ces mêmes droits.
Cette double casquette est précisément ce qu'Anticor pointe du doigt. L'association spécialisée dans la lutte contre la corruption estime que cette situation constitue une prise illégale d'intérêts au sens de la loi française. Un signalement a donc été déposé afin que la justice puisse se saisir du dossier et déterminer si des infractions ont réellement été commises.
Un feuilleton qui ébranle la gouvernance du football français
Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour le football professionnel français. Les droits TV de la Ligue 1 ont constitué un véritable chantier ces dernières années, marqué par la faillite de Mediapro et des négociations complexes impliquant de nombreux acteurs économiques et institutionnels.
La question de la gouvernance et des liens entre diffuseurs et clubs est désormais posée publiquement. Si le signalement d'Anticor venait à déboucher sur une enquête judiciaire formelle, les répercussions pourraient être considérables, tant pour le PSG que pour l'ensemble des instances du football français. La LFP, qui supervise ces négociations, pourrait également se retrouver sous pression.
Quelles suites judiciaires et sportives à attendre ?
À ce stade, un signalement ne constitue pas une mise en examen. La justice doit désormais décider si elle ouvre ou non des poursuites. Nasser Al-Khelaïfi n'a pas encore répondu publiquement aux accusations portées par Anticor.
Néanmoins, cette affaire place le dirigeant qatari sous les projecteurs à un moment sensible. Alors que le PSG ambitionne de s'imposer durablement en Europe, une procédure judiciaire d'envergure pourrait fragiliser l'image du club et de son président. Le football français, déjà fragilisé économiquement, n'avait pas besoin de ce nouveau séisme institutionnel.