Nasser al-Khelaïfi, président du PSG et de beIN Media, est visé par un signalement pour prise illégale d'intérêts déposé par Anticor.
Une nouvelle affaire secoue le football français. Nasser al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et du groupe beIN Media, se retrouve dans le collimateur de la justice. L'association anticorruption Anticor a déposé un signalement auprès du parquet de Paris le 3 mars 2026, visant le dirigeant qatari pour prise illégale d'intérêts. Une accusation grave qui pourrait ébranler les sphères dirigeantes du football hexagonal.
Une double casquette au cœur des soupçons
Le cœur du problème est simple : al-Khelaïfi occupe simultanément deux fonctions stratégiques. D'un côté, il préside le PSG, club phare de la Ligue 1. De l'autre, il dirige beIN Media Group, diffuseur incontournable des droits télévisés du championnat français. Cette situation crée, selon Anticor, un conflit d'intérêts manifeste et potentiellement illégal.
Les négociations autour des droits TV de la Ligue 1 représentent des sommes colossales. Chaque décision prise dans ce cadre peut avantager ou désavantager directement le PSG face à ses concurrents. Anticor estime qu'al-Khelaïfi aurait pu influencer ces négociations à son profit, profitant de sa position dominante dans les deux camps. Le signalement transmis au parquet de Paris ouvre la voie à une enquête préliminaire.
Anticor monte au front contre les conflits d'intérêts
L'association Anticor n'en est pas à son coup d'essai. Spécialisée dans la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts dans la vie publique et économique, elle surveille de près les zones grises du sport professionnel. Son signalement s'appuie sur une analyse minutieuse des liens entre gouvernance sportive et intérêts économiques privés.
La Ligue 1 traverse depuis plusieurs années une crise profonde de ses droits TV. L'effondrement de Mediapro en 2020, puis les difficultés à trouver un diffuseur principal solide, ont fragilisé le modèle économique du football français. Dans ce contexte tendu, le rôle de beIN Media — et donc d'al-Khelaïfi — dans les discussions sur les droits de diffusion soulève des questions légitimes sur la transparence des processus décisionnels.
Un dossier qui interroge la gouvernance du football français
Cette affaire dépasse la seule personne d'al-Khelaïfi. Elle met en lumière les failles structurelles de la gouvernance du football professionnel en France. La concentration du pouvoir entre les mains d'un seul homme — à la fois propriétaire de club, diffuseur et vice-président de l'UEFA — interpelle au plus haut niveau.
Le parquet de Paris devra désormais décider des suites à donner à ce signalement. Si une enquête préliminaire est ouverte, elle pourrait contraindre al-Khelaïfi à s'expliquer sur ses décisions passées. Pour le PSG et beIN Media, l'heure est à la communication de crise. Pour le football français, c'est une occasion de repenser en profondeur ses règles de bonne gouvernance et d'éviter que les intérêts privés ne dictent l'avenir du sport collectif.