À quelques semaines du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2018 en Russie, une polémique inattendue vient secouer le camp des Bleus. Adrien Rabiot, milieu de terrain du Paris Saint-Germain, a choisi de défier ouvertement Didier Deschamps en refusant d'intégrer la liste des réservistes dévoilée le 17 mai dernier sur TF1. Un acte fort, presque provocateur, qui interroge sur l'état d'esprit du joueur et sur la gestion du groupe France à l'approche de l'échéance planétaire.
Une décision inédite qui fracture le groupe France
Le sélectionneur des Bleus avait opté cette année pour une formule originale : partir directement en stage de préparation avec les 23 joueurs sélectionnés, sans convoquer les réservistes au rassemblement. Ces derniers devaient néanmoins suivre un programme d'entraînement spécifique mis en place par le staff technique, afin de rester en condition optimale en cas de blessure d'un titulaire. Une organisation logique, pensée pour allier cohésion de groupe et réactivité opérationnelle. Mais Rabiot, lui, a décidé de s'y soustraire. En refusant cette sélection partielle, le milieu de terrain envoie un message clair : il ne se contentera pas d'un rôle de figurant. Une posture qui, aussi compréhensible soit-elle sur le plan humain, reste problématique dans le contexte d'une compétition aussi exigeante que le Mondial.
Le syndrome de l'adolescence ou un manque de culture collective ?
L'attitude de Rabiot rappelle ces crises d'adolescence sportive que certains jeunes talents traversent lorsque la réalité de la concurrence les rattrape. Talentueux, techniquement irréprochable, le joueur du PSG est habitué à occuper une place centrale dans son club. Être relégué au statut de suppléant représente sans doute une blessure d'orgueil difficile à avaler. Pourtant, de nombreux grands champions ont su faire preuve d'humilité avant de s'imposer sur la scène internationale. Refuser la sélection, même partielle, c'est aussi se priver d'une expérience unique et potentiellement s'exclure des futures listes de Deschamps.
Quelles conséquences pour la suite de sa carrière internationale ?
La question qui se pose désormais est celle de l'avenir d'Adrien Rabiot en équipe de France. Didier Deschamps, réputé pour son autorité tranquille et son attachement à la cohésion collective, ne laisse généralement pas passer ce type d'affront sans réponse. Si la France réalise un bon parcours en Russie sans lui, le milieu de terrain pourrait durablement se retrouver dans l'angle mort des sélectionneurs à venir. À 23 ans, il est encore temps de rectifier le tir, mais chaque décision compte. Ce refus, aussi symbolique soit-il, risque de coûter bien plus cher qu'un simple stage de préparation manqué. Le talent ne suffit pas toujours : dans le football de haut niveau, l'attitude fait souvent la différence entre une grande carrière et une carrière gâchée.


