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Football

Arbeloa prend position sur les sifflets contre Vinicius au Bernabéu

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

L'ancienne légende du Real Madrid comprend la frustration des supporters envers Vinicius Jr après la désillusion face au Bayern Munich en Ligue des Champions.

Arbeloa prend position sur les sifflets contre Vinicius au Bernabéu

«Les supporters ont le droit d'exprimer leur mécontentement.» Álvaro Arbeloa n'a pas tourné autour du pot. L'ancien latéral droit du Real Madrid, aujourd'hui entraîneur des équipes de jeunes de la Maison Blanche, a pris la parole sur un sujet qui brûle les lèvres au sein du club le plus titré d'Europe : les sifflets d'une partie du Bernabéu à l'encontre de Vinicius Junior lors de la récente défaite contre le Bayern Munich en Ligue des Champions. Une prise de position courageuse, et révélatrice d'un malaise plus profond qui ronge le vestiaire madrilène depuis plusieurs semaines.

Pourquoi les tifosi du Bernabéu ont-ils sifflé leur propre star brésilienne ?

La réponse tient en un mot : la frustration. Le Real Madrid sort d'une soirée européenne catastrophique face au Bayern Munich, une équipe qui, sur les deux dernières confrontations, a semblé clairement supérieure aux hommes de Carlo Ancelotti. Pour la première fois depuis longtemps, la machine madrilène donne l'impression de tourner à vide. Et quand une équipe déçoit, les regards se tournent vers ceux qui gagnent le plus et brillent le moins.

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Vinicius Junior, élu meilleur joueur d'Afrique et nominé au Ballon d'Or l'an passé, n'a pas pesé sur la rencontre comme ses fans l'espéraient. L'attaquant brésilien, qui a disputé plus de 35 matchs cette saison toutes compétitions confondues, traverse une période de flottement inhabituelle. Ses dribbles, autrefois dévastateurs, trouvent désormais des solutions plus facilement. Sa relation avec les défenseurs adverses s'est normalisée. Au Bernabéu, on n'accepte pas la normalité — surtout pas en Ligue des Champions.

Arbeloa, lui, comprend. Sans valider, il comprend. «Quand l'équipe perd et que les attentes sont très hautes, les gens réagissent», a-t-il expliqué, refusant de condamner frontalement les supporters tout en appelant implicitement à plus de soutien envers un joueur qui porte une partie du projet sportif du club depuis 2018.

Le Real Madrid est-il vraiment inférieur au Bayern Munich cette saison ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes, et ils sont brutaux. Sur l'ensemble de la double confrontation européenne, le Bayern Munich a dominé les débats de manière assez nette, affichant une maîtrise tactique et une intensité physique que le Real Madrid n'a pas su contrer. Carlo Ancelotti, pourtant spécialiste de la Ligue des Champions avec quatre titres à son palmarès, n'a pas trouvé la clé pour déstabiliser le bloc bavarois.

Ce qui inquiète davantage au sein de la Casa Blanca, c'est le sentiment d'une équipe en transition non assumée. Luka Modric s'approche de la fin de sa carrière au plus haut niveau, Toni Kroos a raccroché les crampons l'été dernier, et la reconstruction du milieu de terrain madrilène — censée reposer sur Jude Bellingham et Eduardo Camavinga — n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Le moteur est là, mais le carburant manque.

Face au Bayern Munich de Vincent Kompany, qui a imposé une pressing intensité et une organisation défensive sans faille, le Real Madrid a semblé vieux jeu par moments. Trop prévisible dans ses attaques, trop fragile sur les phases de transition. Les Madrilènes ont certes hérité d'occasions, mais la réalité statistique de la rencontre donne le Bayern Munich largement favori à l'issue des deux matches. Difficile de s'en cacher.

Ce constat n'invalide pas la saison du Real Madrid, toujours solidement installé en tête de la Liga avec plusieurs points d'avance sur ses poursuivants directs. Mais la Ligue des Champions, c'est l'ADN du club. L'élimination européenne, quelle que soit la compétition ou le stade, est toujours vécue comme une blessure personnelle au Bernabéu. Et cette fois, la blessure est profonde.

Vinicius peut-il repartir de l'avant ou le ver est-il dans le fruit ?

Siffler Vinicius Junior au Bernabéu, c'est un peu siffler le feu sous prétexte qu'il ne brûle pas assez fort ce soir-là. Le Brésilien reste, à 24 ans, l'un des trois ou quatre meilleurs attaquants de la planète. Sa vitesse, sa technique de dribble et son sens du but sont intacts. La question n'est pas celle de son talent — elle est celle de sa constance et de son placement dans un collectif madrilène en reconstruction.

Ce qui est sûr, c'est que la direction du Real Madrid a investi massivement sur lui, sur Kylian Mbappé et sur Jude Bellingham pour former l'un des trios offensifs les plus coûteux de l'histoire du football. Kylian Mbappé, de son côté, tente lui aussi de trouver ses marques dans le système d'Ancelotti, avec les hauts et les bas attendus d'une première saison à la Maison Blanche. La cohabitation des trois génies offensifs produit des éclairs de génie, mais pas encore la symphonie que les supporters espèrent.

Arbeloa, en vieux sage du vestiaire madrilène, sait que ces moments de crise sont aussi des révélateurs. Les grands joueurs — et Vinicius en est un — se transcendent dans l'adversité. Les sifflets peuvent blesser, mais ils peuvent aussi allumer un feu. Zinedine Zidane a connu des sifflets au Bernabéu. Ronaldo aussi. L'histoire a tranché pour eux.

La Liga reste un objectif majeur cette saison, et le Real Madrid a les armes pour décrocher le titre. Mais l'élimination européenne laisse un goût amer qui ne partira qu'avec du temps et des performances. Vinicius Junior a toute la seconde partie de saison pour répondre sur le terrain, là où les sifflets se transforment en ovations. Et dans un Bernabéu qui n'a jamais longtemps le droit à l'amertume, la rédemption est toujours à portée de dribble.

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