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Football

Richarlison veut couper son téléphone au Mondial 2026

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

L'attaquant brésilien de Tottenham a confié à France Football vouloir se déconnecter totalement lors du prochain Mondial. Une décision radicale qui en dit long sur ses ambitions.

Richarlison veut couper son téléphone au Mondial 2026

"Le téléphone, ça peut te tuer mentalement." Richarlison n'est pas du genre à tourner autour du pot. Dans un entretien accordé à France Football, l'attaquant brésilien de Tottenham Hotspur a lâché une confidence qui résume à elle seule l'état d'esprit dans lequel il aborde la prochaine Coupe du monde. En 2026, lors du Mondial organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, l'ancien d'Everton entend couper radicalement avec les réseaux sociaux et les sollicitations numériques. Pas de notifications, pas de DM, pas de story Instagram. Rien. Le silence total.

La tête ailleurs, le téléphone en veille

Richarlison a vécu 2022 de l'intérieur. Au Qatar, il avait inscrit un doublé face à la Serbie lors du premier match de la Seleção, dont ce retourné acrobatique qui avait fait le tour de la planète. Puis la blessure, la frustration, et l'élimination en quarts de finale face à la Croatie aux tirs au but. Un souvenir douloureux pour tout un pays, et pour lui en particulier. Depuis, quelque chose a changé dans son rapport à la compétition internationale.

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Selon nos informations, c'est précisément cette expérience qatarie qui a convaincu le joueur de 27 ans de repenser son environnement numérique lors des grandes compétitions. Le bruit ambiant des réseaux, les critiques qui fusent dès qu'un match se passe mal, les messages d'inconnus — tout cela pèse. Richarlison l'assume : il n'est pas capable de faire la part des choses quand le téléphone sonne en permanence et que la pression d'un Mondial s'accumule sur ses épaules.

La démarche n'est pas anodine à une époque où les footballeurs professionnels comptent leurs abonnés comme d'autres comptent leurs buts. Richarlison cumule plusieurs dizaines de millions de followers sur ses différentes plateformes. Se déconnecter, c'est aussi renoncer à une vitrine commerciale qui représente, pour les attaquants de son calibre, plusieurs millions d'euros de revenus annexes par saison. Mais visiblement, la médaille de champion du monde pèse plus lourd dans la balance.

Quand la Seleção met la pression sur les épaules

Porter le maillot jaune et vert du Brésil, c'est accepter un poids que peu de joueurs au monde connaissent vraiment. Cinq étoiles sur la poitrine, des générations de supporters qui attendent le titre depuis 2002, et une presse qui ne pardonne rien. Le Brésil n'a plus remporté la Coupe du monde depuis plus de vingt ans — une éternité pour une nation qui considère le football comme une religion d'État.

À en croire l'entourage du joueur, la volonté de se couper des écrans répond aussi à une nécessité collective. Dans un vestiaire de haut niveau, les téléphones peuvent être source de tensions : des informations qui fuient, des rumeurs qui circulent, des agents qui envoient des messages au mauvais moment. Richarlison, en proposant cette forme d'hygiène numérique, envoie un signal fort à ses coéquipiers. Comme une manière de dire : pendant six semaines, on n'existe que pour le terrain.

La psychologie du footballeur de haut niveau a profondément évolué ces dernières années. Les staffs intègrent désormais des préparateurs mentaux, des spécialistes du sommeil, des nutritionnistes. Mais la question du numérique reste un angle mort dans beaucoup de sélections. Richarlison, lui, semble avoir fait sa propre analyse. Et il n'a pas attendu qu'un entraîneur lui impose une charte pour décider seul de poser son téléphone.

Tottenham comme laboratoire avant le grand rendez-vous

La saison en club sert aussi de préparation mentale au Mondial. Richarlison a connu des hauts et des bas à Tottenham depuis son arrivée en provenance d'Everton à l'été 2022 pour environ 60 millions d'euros. Des blessures à répétition ont freiné sa progression, et l'attaquant a parfois eu du mal à s'imposer comme le titulaire indiscutable que le club londonien espérait. Mais sa capacité de résilience, souvent saluée par son entourage, reste son principal atout.

C'est peut-être dans cette résilience que réside la clé de sa démarche. Richarlison sait que les réseaux sociaux amplifient tout — les succès comme les échecs. Après un match raté, il suffit de cinq minutes sur Twitter pour se noyer dans des milliers de commentaires haineux. Après un but, la même machine peut vous faire croire que vous êtes le meilleur joueur du monde. Ni l'un ni l'autre ne correspond à la réalité d'un footballeur professionnel. Et lui semble en avoir pris conscience.

Des études menées auprès d'athlètes de haut niveau montrent que la consommation excessive de réseaux sociaux pendant les compétitions peut augmenter significativement les niveaux d'anxiété. Richarlison ne cite pas de chiffres dans son entretien à France Football, mais son vécu personnel semble lui avoir fourni une démonstration suffisamment convaincante.

Le Mondial 2026 s'ouvrira en juin dans trois pays simultanément, avec pour la première fois 48 équipes au départ. Le Brésil arrive avec des ambitions immenses et une génération de joueurs qui n'a jamais goûté au titre suprême. Vinicius Junior, Rodrygo, Endrick — la Seleção peut compter sur un effectif d'une richesse rare. Richarlison, lui, veut y contribuer tête reposée, esprit dégagé, écran noir. Si ça marche, d'autres pourraient bien suivre l'exemple.

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