Le gardien sénégalais Édouard Mendy a vivement critiqué la CAF en zone mixte après le succès des Lions de la Teranga contre le Pérou (2-0).
Le ton était ferme, les mots soigneusement choisis mais l'intention parfaitement claire. Après la victoire du Sénégal contre le Pérou (2-0), Édouard Mendy n'a pas rejoint les vestiaires sans dire ce qu'il avait sur le cœur. Le portier d'Al-Ahli a pris la parole en zone mixte et n'a pas mâché ses mots face aux journalistes présents.
Un gardien en colère contre les instances africaines
Rarement un joueur sénégalais en activité s'était exprimé avec une telle franchise sur la gestion du football continental. Édouard Mendy a ciblé directement la Confédération africaine de football, pointant du doigt des décisions qu'il juge préjudiciables pour les joueurs et les équipes nationales du continent.
Le portier de 32 ans déplore notamment le calendrier surchargé imposé aux sélections africaines, qui contraint les joueurs à enchaîner les compétitions sans temps de récupération suffisant. Pour lui, la CAF ne prend pas assez en compte les réalités physiques et professionnelles des footballeurs évoluant au plus haut niveau mondial. Un constat partagé par de nombreux internationaux africains, mais rarement exprimé avec une telle véhémence publiquement.
Des conditions de travail jugées inacceptables
Au-delà du calendrier, Mendy a également évoqué les conditions logistiques et organisationnelles entourant les rassemblements de l'équipe nationale. Déplacements épuisants, infrastructures parfois insuffisantes, manque de considération pour le bien-être des joueurs : le gardien des Lions de la Teranga dresse un tableau sévère de la réalité vécue par les sélectionnés africains.
Ces déclarations interviennent dans un contexte déjà tendu entre certains joueurs évoluant en Europe et les instances africaines. La question de la surcharge du calendrier international est au cœur des débats depuis plusieurs saisons, et les clubs européens n'hésitent plus à exprimer leur mécontentement lorsque leurs joueurs reviennent blessés ou épuisés après des trêves internationales.
Un signal fort pour l'avenir du football africain
La prise de parole d'Édouard Mendy dépasse le simple coup de gueule d'après-match. Elle illustre une fracture grandissante entre les joueurs africains professionnels et les dirigeants du football continental. La victoire face au Pérou offrait pourtant un cadre festif, mais le gardien a choisi ce moment pour envoyer un message sans ambiguïté.
La CAF devra tôt ou tard répondre à ces critiques répétées. Plusieurs voix s'élèvent désormais pour réclamer une refonte profonde de la gouvernance du football africain, afin de mieux protéger ses athlètes et d'améliorer la compétitivité des sélections sur la scène mondiale. Mendy vient d'ajouter son nom, et son poids symbolique, à cette liste grandissante.