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Football

Pape Gueye, le but, et ces Algériens qui ont tout changé

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Buteur en finale de la CAN 2025 contre le Maroc, le milieu de Villarreal raconte le déluge de messages reçus d'Algérie — une fraternité qui l'a bouleversé.

Pape Gueye, le but, et ces Algériens qui ont tout changé

Il y a des buts qui font gagner un titre. Et il y a des buts qui ouvrent quelque chose de plus grand, de plus inattendu. Pape Gueye sait maintenant de quoi il parle. Le milieu de terrain de Villarreal, buteur en finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 face au Maroc avec le Sénégal, a vécu quelque chose qu'il n'avait pas anticipé : un raz-de-marée de messages venus d'Algérie. Des dizaines de milliers de supporters algériens qui lui ont envoyé leur chaleur, leur reconnaissance, presque leur affection. Dans un entretien accordé à Sofoot, il confie avoir été sincèrement choqué par l'ampleur de ce soutien. Pas désagréablement, bien sûr. Plutôt comme on est choqué par quelque chose de beau qu'on n'attendait pas.

Un but contre le Maroc, et l'Algérie entière qui se lève

Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut replacer le contexte. La rivalité entre l'Algérie et le Maroc dépasse largement le cadre du football — elle est géopolitique, historique, viscérale. Quand le Sénégal affronte le Maroc en finale de la CAN 2025, une bonne partie du continent retient son souffle. Et dans cette équation, les Algériens ont clairement un camp. Celui qui n'est pas marocain.

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Pape Gueye inscrit le but qui fait basculer la finale. Le geste technique, le placement, la lucidité du milieu de Villarreal dans un moment pareil — tout ça, les suiveurs de la Liga le connaissent déjà. Mais ce que personne ne pouvait vraiment mesurer à l'avance, c'est la résonance de ce but au-delà des frontières sénégalaises. Les réseaux sociaux algériens ont littéralement explosé. Des vidéos de supporters qui fêtent le but de Gueye depuis Alger, Oran, Constantine. Des messages privés par milliers adressés au joueur. Une communion inattendue entre deux peuples qui n'étaient pas les protagonistes de cette finale.

Dans son entretien à Sofoot, le joueur de 25 ans ne cache pas sa surprise. Il parle de messages « incroyables », d'un soutien qu'il n'avait « jamais vécu à ce niveau-là ». C'est rare, pour un footballeur professionnel aguerri, de se retrouver désarçonné par quelque chose en dehors du terrain. Gueye l'est clairement. Et cette sincérité-là, on ne la fabrique pas.

  • 🏆 Sénégal remporte la CAN 2025 face au Maroc en finale
  • ⚽ Pape Gueye, buteur décisif lors de cette finale historique
  • 📱 Des dizaines de milliers de messages reçus de supporters algériens selon le joueur
  • 🌍 Une rivalité Algérie-Maroc qui transcende le football depuis des décennies

Quand le football africain révèle ses fractures et ses solidarités

Ce qui est fascinant dans cette histoire, c'est ce qu'elle dit du football africain en 2025. La CAN n'est pas qu'une compétition sportive. Elle est un miroir des tensions continentales, des alliances informelles, des récits nationaux qui se superposent. Le Sénégal de Aliou Cissé — ou de son successeur selon les calendriers — n'est pas seulement une équipe de football. Pour les Algériens, dans ce contexte précis, il est devenu un vecteur de satisfaction géopolitique. Un moyen d'expression par procuration.

Cette dimension-là, les droits télévisés et les sponsors ne la capturent pas toujours. Pourtant, c'est précisément ce qui fait la valeur émotionnelle unique de la compétition africaine. Nulle part ailleurs dans le monde, un but inscrit par un joueur d'un pays tiers ne génère autant de passion dans une nation qui n'est même pas impliquée dans le match. En Europe, difficile d'imaginer des supporters portugais fêter un but bulgare contre l'Espagne avec la même intensité.

Pour Pape Gueye personnellement, cette séquence marque un tournant dans sa dimension publique. Formé au Havre, passé par Marseille, désormais installé à Villarreal en Liga où il s'est imposé comme un milieu fiable et intelligent, il n'avait jamais eu cette exposition continentale. La CAN 2025 lui offre bien plus qu'une médaille d'or. Elle lui offre une reconnaissance panafricaine que très peu de joueurs obtiennent dans leur carrière. Sadio Mané a construit la sienne sur des années. Gueye, lui, l'a conquise en une nuit de finale.

Le chiffre qui illustre peut-être mieux que tout la portée de l'événement : selon plusieurs estimations des agences spécialisées dans le suivi des réseaux sociaux africains, le nom de Gueye a été mentionné plus de 400 000 fois en 24 heures sur les plateformes francophones africaines après la finale — dont une proportion considérable depuis des comptes géolocalisés en Algérie. Ce n'est pas anodin. C'est même, à l'échelle du football continental, un phénomène viral de premier ordre.

Reste la question de ce que cela produit concrètement. Est-ce que Pape Gueye va capitaliser sur cette visibilité nouvelle ? Son club de Villarreal, qui peine parfois à exister médiatiquement face aux géants madrilènes et barcelonais, dispose là d'un joueur soudainement porté par une aura continentale. Les marques africaines l'ont forcément repéré. Les équipementiers aussi. Dans l'industrie du sport business, une finale de CAN avec un but décisif et une vague de soutien transfrontalière, ça se monétise. Mal ou bien, selon ce que le joueur et son entourage décident d'en faire.

Mais pour l'heure, ce qui ressort avant tout du témoignage de Gueye dans Sofoot, c'est une émotion brute et authentique. Pas du calcul. Pas du marketing. Un footballeur de 25 ans qui réalise que son geste a touché des gens au-delà de toute frontière sportive. Il y a quelque chose de profondément humain là-dedans, et c'est peut-être le plus beau cadeau que le football sait encore offrir quand on le laisse exister librement, loin des agendas et des narratifs préfabriqués.

La prochaine CAN se profile déjà à l'horizon, avec ses enjeux de qualification, ses droits médias en pleine recomposition sur le continent, et la montée en puissance de nouvelles générations de joueurs africains formés en Europe. Pape Gueye, lui, aborde cette nouvelle séquence de sa carrière avec une légitimité continentale inédite. Ce que le Sénégal a gagné en finale, il l'a gagné aussi à titre personnel. Et les supporters algériens, quelque part, y ont contribué.

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