Aller au contenu principal
Football

Juventus bat Genoa et attend le verdict du sommet napolitain

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

La Vieille Dame s'impose face à Genoa en Serie A et surveille le choc Napoli-AC Milan, décisif pour la course au Scudetto.

Juventus bat Genoa et attend le verdict du sommet napolitain

Quatre points. C'est l'écart qui sépare la Juventus Turin de la tête de la Serie A avant le coup d'envoi du choc entre le Napoli et l'AC Milan, lundi soir au Stadio Diego Armando Maradona. Dans ce contexte d'attente presque hitchcockienne, la Vieille Dame a fait son travail lors de la 31e journée du championnat italien, s'imposant à domicile face au Genoa dans un Allianz Stadium qui n'avait pas grand-chose à célébrer depuis quelques semaines. Une victoire propre, sans éclat particulier, mais qui dit beaucoup sur la capacité de ce groupe à tenir son rang dans les moments où l'on attend précisément qu'il déraille.

Que vaut vraiment cette équipe de Juventus, et peut-elle encore croire au titre ?

La question mérite d'être posée sans détour. Depuis des années, la Juventus navigue entre deux eaux — trop bonne pour être ignorée, pas assez flamboyante pour effrayer durablement. L'ère post-Allegri, post-Ronaldo, post-tout-ce-qui-a-fait-la-grandeur-bianconera des années 2010 ressemble parfois à une longue convalescence. Pourtant, sous la direction de Thiago Motta, quelque chose se reconstruit. Pas dans l'urgence, pas dans la suffisance, mais dans une forme de rigueur collective qui rappelle les grandes équipes juventudinnes de l'ère Conte, celles qui gagnaient par discipline défensive avant de gagner par talent offensif.

BetBurger - Surebets et Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

Face au Genoa, 14e au classement et en pleine lutte pour ne pas regarder trop bas dans le tableau, les Turinois ont confirmé ce profil : solides, efficaces, peu spectaculaires. Trois points engrangés, compteurs personnels maintenus à jour, et surtout ce sentiment que la machine ne se grippe pas sous la pression. À cinq journées de la fin, chaque résultat prend la valeur d'un arrêt penalty. La Juventus, elle, a stoppé le tir.

Pourquoi le Genoa reste un adversaire qui mérite plus qu'on ne lui accorde ?

On aurait tort de résumer ce Genoa à un simple faire-valoir. Le club ligure, l'un des plus anciens d'Italie — fondé en 1893, avant même la Juventus — traverse une saison difficile, coincé dans cette zone grise du milieu de tableau inférieur où survivre devient une stratégie à part entière. Avec à peine 35 points au compteur à ce stade de la compétition, les Rossoblù ne jouent plus pour rien d'autre que leur maintien dans l'élite, et ce n'est pas rien. La Serie A, contrairement à d'autres championnats européens où la descente semble toujours anecdotique, reste une ligue où tomber coûte cher — sportivement, économiquement, identitairement.

Alberto Gilardino, qui entraîne le Genoa avec la sobriété d'un homme qui a passé sa vie sur les terrains italiens, n'a pas pu inverser la tendance à Turin. Ses joueurs ont résisté, tenté, mais se sont heurtés à une équipe mieux organisée, plus fraîche dans les têtes. Le déplacement à l'Allianz Stadium reste l'un des exercices les plus ingrats du calendrier de Serie A pour une équipe en difficulté. Même dans ses années de doute, Turin reste Turin.

Que change cette victoire dans la course au Scudetto si Napoli ou Milan s'impose ce soir ?

Voilà la vraie question, celle que chaque supporter bianconero s'est posée en regardant les dernières minutes s'écouler sur la pelouse turinoise. Car gagner n'est qu'une moitié du travail quand on joue pour quelque chose de grand. L'autre moitié dépend des autres, et c'est précisément ce que le football sait faire de mieux : vous laisser entre les mains du hasard ou de la grandeur adverse.

Si le Napoli de Antonio Conte — revenu sur le banc napolitain avec la même obsession méthodique qu'il avait imposée à la Juventus dans les années 2010 — s'impose face à l'AC Milan, les espoirs turinois s'amenuisent considérablement. Mais si les Rossoneri tiennent le match nul, voire s'imposent à leur tour, le championnat entre dans une phase de compression totale où chaque journée peut tout renverser. Cinq journées, c'est à la fois une éternité et un claquement de doigts dans une saison de neuf mois.

Ce qui est certain, c'est que la Juventus a fait ce qu'elle devait faire. Pas de fioriture inutile, pas de geste gratuit, juste la ponctualité du gagnant. Thiago Motta, lui, attendait les résultats du soir comme on attend un verdict — avec la fébrilité discrète de ceux qui savent qu'ils ne contrôlent plus grand-chose, mais qui ont au moins la conscience tranquille. Il avait demandé à ses joueurs de ne pas offrir de cadeau. Ils ont obéi.

L'histoire de la Serie A est pleine de ces semaines où tout bascule dans les 48 dernières heures d'une journée. On pense à 2002, quand la Juventus avait cru tenir le titre avant de le voir s'échapper au dernier soupir. On pense à 2023, quand Napoli avait survolé tout le monde avec une telle désinvolture que la course au titre avait semblé réglée dès le mois de janvier. Cette saison ressemble davantage à un sprint à trois que Conte, lui-même, reconnaît n'avoir pas vu venir sous cette forme à l'automne.

La Vieille Dame a 36 Scudetti dans son armoire. Elle n'est pas pressée. Mais elle est prête.

Serie AJuventusGenoaThiago MottaNapoliAC Milan

Articles similaires