Les Nerazzurri s'imposent face à Côme lors de la 32e journée et consolident leur place de leader. Le titre se rapproche.
Quand le champion sort les crocs au bon moment, ça ressemble toujours à ça. L'Inter Milan a renversé Côme ce dimanche soir lors d'une 32e journée de Serie A qui avait tout d'un rendez-vous à ne pas manquer. Les Nerazzurri, leaders au coup d'envoi, ont confirmé leur statut face à un adversaire qui ne méritait pas d'être traité comme une curiosité folklorique — Côme se présentait cinquième au classement, la gueule grande ouverte. Le résultat, lui, ne souffre d'aucune ambiguïté.
Pourquoi ce match était un vrai test pour les Nerazzurri ?
On avait tendance à sourire en entendant le nom de Côme associé à un choc du haut de tableau. Tort. Le club lombard, promu il y a encore peu, a construit quelque chose de sérieux cette saison. Cinquième au classement à l'entame de cette journée, les hommes de Cesc Fàbregas ont bousculé plus d'un favori cette saison, avec un projet de jeu lisible, des individualités capables de peser. Ce n'était pas une équipe venue subir.
Pour l'Inter, le contexte rendait la soirée encore plus nerveuse. Simone Inzaghi le sait mieux que quiconque : un faux pas à ce stade de la compétition, alors que la course au Scudetto se joue sur des détails, peut coûter une saison entière. Les Nerazzurri venaient de concéder un nul frustrant lors de leur précédente sortie — exactement le genre de résultat qui donne des ailes aux concurrents et instille le doute dans les rangs.
Le début de match l'a reflété. Côme n'a pas reculé. Il a fallu du temps à l'Inter pour installer sa domination habituelle, ce pressing haut et cette circulation de balle qui étouffent les adversaires avant même qu'ils ne pensent à attaquer. Les premières minutes ont été âpres, disputées, et c'est peu dire que le public de San Siro a retenu son souffle.
Comment l'Inter a-t-il trouvé les ressources pour s'imposer ?
C'est là que les grands clubs se distinguent des belles équipes. Quand le scénario résiste, quand l'adversaire tient, les Nerazzurri ont puisé dans ce qu'ils ont de meilleur. Le collectif, d'abord. Lautaro Martínez et ses partenaires ont continué à faire tourner, à chercher les espaces, à user le bloc de Côme par la répétition des combinaisons. Ce n'est pas spectaculaire au sens hollywoodien du terme, mais c'est redoutablement efficace.
La renversée — car il a bien fallu la chercher, ce résultat — dit quelque chose d'important sur le caractère de cette équipe. Inzaghi a su lire le match, ajuster ses curseurs, et ses joueurs ont répondu. C'est ce qu'on appelle la maturité d'un groupe qui sait ce qu'il veut. Avec 32 journées au compteur et un rythme maintenu à ce niveau, on parle d'une régularité qui force le respect. Sur l'ensemble de la saison, l'Inter affiche l'une des meilleures défenses du championnat — moins de 25 buts encaissés toutes rondes confondues, un chiffre qui traduit une solidité structurelle, pas un accident statistique.
Côme, de son côté, n'a pas démérité. Fàbregas peut regarder ses joueurs dans les yeux. Mais dans ces chocs de haut de tableau, la différence se fait souvent sur un détail, une transition rapide, un joueur capable de changer l'état du match en trente secondes. L'Inter a ces joueurs-là. Côme en a quelques-uns. Pas encore assez.
Le titre est-il vraiment à portée des Nerazzurri ?
Six journées restantes. Le calendrier, désormais, est un compte à rebours. Avec cette victoire, l'Inter Milan remet une pression maximale sur ses concurrents directs — Napoli en tête, qui observe depuis le bas de l'affiche avec l'appétit d'un challenger qui ne veut pas lâcher. La course au Scudetto ne se gagne jamais sur un seul match, mais elle se perd parfois sur un seul faux pas. Celui d'hier soir, l'Inter l'a évité.
Ce qui frappe, quand on suit cette équipe depuis le début de saison, c'est la constance de la machine. Pas de période creuse prolongée, pas d'effondrement psychologique après les coups durs européens — et il y en a eu. Inzaghi a construit quelque chose qui ressemble à une vraie équipe de champion, au sens où elle sait gérer les moments, pas seulement les produire. Il y a une identité, un ADN de jeu reconnaissable dès les premières minutes.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Avec environ 75 points à ce stade, l'Inter possède un matelas confortable. Mais le football est cruel et personne, dans les couloirs de Milan, ne criera victoire avant le coup de sifflet final de la 38e journée. La Serie A a trop souvent réservé des scénarios catastrophes à ceux qui pensaient tenir le titre trop tôt.
Ce qui est certain, en revanche, c'est que Côme a confirmé qu'il fallait prendre cette équipe au sérieux pour les saisons à venir. Fàbregas construit, match après match, quelque chose de durable. Le club du lac de Côme n'a pas vocation à rester une curiosité dans l'élite italienne — il veut y habiter. Et si l'Inter soulève le Scudetto dans quelques semaines, le choc de ce dimanche restera comme l'un de ces tests que les champions franchissent là où les prétendants trépassent. La différence est là, dans ces moments précis. Et l'Inter, visiblement, la connaît très bien.