Le Napoli n'a pu faire mieux qu'un match nul à Parme, laissant l'Inter Milan s'envoler vers un nouveau Scudetto. Un coup d'arrêt décisif dans la course au titre.
Trois points. C'était l'écart que le Napoli devait maintenir, l'équation minimale pour rester dans la course, pour entretenir le doute jusqu'au bout. Un nul à Parme a suffi à dissoudre cette ambition. En un seul soir, sur la pelouse du Tardini, la course au Scudetto a basculé, et l'Inter Milan se retrouve désormais maître de son destin dans cette Serie A 2024-2025 qui semblait pourtant tenir en haleine jusqu'aux dernières journées.
Comment un déplacement à Parme peut-il fracasser les espoirs napolitains ?
Le Napoli d'Antonio Conte n'était pas venu en Émilie-Romagne pour faire du tourisme. Mais le football a cette cruauté de rappeler que les équipes reléguables ont, elles aussi, des choses à défendre. Parme, condamné à batailler pour sa survie en Serie A, a tenu tête aux Partenopei avec cette intensité propre aux équipes qui jouent sur le fil. Le résultat nul arraché par les Croisés n'est pas un accident de calendrier — c'est le symbole d'une équipe napolitaine qui, sous la pression du moment, n'a pas su trouver la faille.
Ce nul prend une dimension particulière quand on sait que Naples restait sur une série de résultats solides depuis la trêve internationale, convainquant suffisamment pour nourrir l'espoir d'une fin de saison renversante. Conte avait reconstruit un collectif après la saison catastrophique de l'an passé, terminée à une décevante dixième place. Le rebond était spectaculaire. Mais reconstruire une équipe ne signifie pas nécessairement forger un mental de champion capable d'absorber la pression d'un titre qui se joue à quelques journées de la fin.
Sur le plan tactique, les Partenopei ont manqué de fluidité dans la dernière passe, de ce tranchant qui fait la différence quand le bloc adverse se referme. Parme a bien joué son rôle de trouble-fête, et Naples n'a pas eu les ressources pour forcer le verrou.
L'Inter Milan attendait-elle vraiment cette erreur pour prendre le large ?
Simone Inzaghi ne l'aurait pas formulé ainsi publiquement, mais les Nerazzurri savaient qu'ils n'avaient qu'à ne pas se rater pour que Naples finisse par craquer. L'Inter Milan, championne d'Europe finaliste, machine huilée habituée aux fins de saison sous tension, a cette capacité à progresser sans avoir besoin de se transcender — il suffit de ne pas perdre, de capitaliser sur les erreurs adverses.
C'est précisément ce qui se produit. Avec un calendrier qui leur reste favorable et une profondeur de banc sans équivalent en Italie, les Milanais jouent désormais avec sérénité. Lautaro Martínez, Nicolò Barella, Hakan Çalhanoğlu — autant de joueurs qui ont l'habitude de performer quand les enjeux sont au maximum. L'armada interiste a remporté les deux dernières éditions de la Supercoupe d'Italie et reste sur une série de vingt-deux journées sans défaite en championnat, un chiffre qui dit tout de la régularité mécanique de ce groupe.
Ce qui distingue fondamentalement les deux prétendants, c'est peut-être cette culture du titre que Naples est encore en train de rebâtir. Le Scudetto de 2023, le premier depuis l'ère Maradona, avait été une libération collective, presque un événement de civilisation pour la ville. Mais une saison plus tard, la chute avait été brutale. Conte a été recruté pour remettre les Partenopei sur les rails, non pour gagner immédiatement. Que Naples soit encore dans la course à cette étape de la saison tient presque du miracle — mais les miracles ont rarement cours dans les dernières journées de Serie A.
Que reste-t-il à Naples pour éviter une désillusion totale ?
La saison napolitaine ne s'écrira pas uniquement sur ce nul parmesean. Il reste des journées à disputer, et la fierté d'une fin de championnat honorable n'est pas négligeable pour un club qui refabrique son identité. Terminer deuxième de Serie A après une dixième place la saison précédente serait, objectivement, une performance remarquable — un signal envoyé au reste du football européen que Naples est de retour dans la hiérarchie continentale.
Mais le sentiment dominant au Stadio Diego Armando Maradona sera celui de l'occasion manquée. Parce que le titre était, pendant de longues semaines, une possibilité réelle. Parce que l'avance de l'Inter n'était pas insurmontable. Et parce que perdre des points à Parme, sur la pelouse d'une équipe qui lutte pour ne pas descendre, c'est exactement le type d'erreur que les grandes équipes ne commettent pas.
Conte le sait mieux que quiconque. Ses équipes — Chelsea, Juventus, l'Inter lui-même — ont toujours été caractérisées par une capacité à ne jamais flancher dans les moments décisifs. Il lui faudra, cet été, s'interroger sur ce que ce nul dit de ses joueurs, et sur les ajustements à apporter pour qu'en 2025-2026, la compétition soit menée jusqu'au bout avec les armes adéquates.
L'Inter Milan, elle, avance. Avec la méthode, avec la régularité, avec ce sentiment que le titre lui appartient presque par droit acquis. Reste à savoir si cette domination structurelle des Lombards — économique autant que sportive — finira par interroger les instances du calcio sur l'équilibre compétitif d'un championnat où quelques clubs captent l'essentiel des ressources. La question n'est pas neuve. Mais elle mérite d'être posée à nouveau, dès lors qu'une équipe est en passe de décrocher son deuxième titre consécutif avec une sérénité qui confine à l'évidence.