Lens monte au créneau contre le report de son match face au PSG. Le DG Benjamin Parrot interpelle directement la LFP.
Le bras de fer entre le RC Lens et la Ligue de Football Professionnel s'intensifie. Alors que le conseil d'administration de la LFP doit statuer jeudi sur un éventuel report du match entre Lens et le PSG, le club artésien hausse le ton et défend bec et ongles sa position. Un dossier qui dépasse le simple cadre sportif.
Benjamin Parrot monte au créneau
C'est dans les colonnes de L'Équipe que Benjamin Parrot, directeur général du RC Lens, a choisi de s'exprimer. Son message est clair, direct, sans ambiguïté. Le dirigeant lensois estime que l'intégrité de la compétition est en jeu et que céder sur ce point enverrait un signal catastrophique à l'ensemble des clubs de l'élite.
« Si la LFP ne défend pas la Ligue 1, qui va la défendre ? », interroge-t-il avec une franchise désarmante. Une question qui résonne bien au-delà des frontières du Pas-de-Calais. Car derrière ce match, c'est toute la crédibilité du championnat français qui est en jeu. Lens refuse de voir les règles pliées en faveur des clubs les plus puissants.
Un report qui divise le football français
La question du report de rencontres en Ligue 1 n'est pas nouvelle. Mais elle cristallise, une fois de plus, les tensions entre les grands clubs et le reste du peloton. Le PSG, habitué à évoluer dans un calendrier surchargé entre compétitions européennes et obligations internationales, se retrouve régulièrement au cœur de ces débats.
Pour Lens, accepter ce report sans broncher reviendrait à valider une forme d'inégalité structurelle. Le club nordiste rappelle que toutes les équipes subissent des contraintes de calendrier. Certaines sans la même capacité de négociation que le champion de France en titre. L'équité sportive, pilier fondamental de toute compétition crédible, doit primer sur les intérêts particuliers.
Le conseil d'administration de la LFP se retrouve donc face à un choix délicat. Trancher en faveur du report, c'est prendre le risque d'alimenter un sentiment d'injustice déjà bien ancré dans les vestiaires provinciaux. Refuser, c'est potentiellement fragiliser le club parisien dans ses échéances européennes. Un dilemme cornélien pour une instance déjà sous pression.
L'avenir de la Ligue 1 en question
Au-delà du cas Lens-PSG, cette affaire soulève une problématique de fond. La Ligue 1 souffre d'un déficit d'attractivité chronique sur la scène internationale. Dans ce contexte, l'image d'un championnat capable de faire respecter ses propres règles devient un enjeu stratégique majeur.
La décision du jeudi sera scrutée par l'ensemble des acteurs du football professionnel français. Elle dira beaucoup sur la capacité de la LFP à incarner une gouvernance sportive forte et indépendante. Lens, en prenant ce risque médiatique, joue un rôle de lanceur d'alerte. Un rôle inconfortable, mais nécessaire. Le verdict est attendu, et il engagera bien plus que la date d'un match de football.