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Football

Stéphane Richard futur président de l'OM, les émotions d'un passionné

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Présenté à la presse, Stéphane Richard prendra officiellement ses fonctions le 2 juillet. Un passionné de l'OM qui affiche déjà ses couleurs.

Stéphane Richard futur président de l'OM, les émotions d'un passionné

« Je me souviens de chaque titre, de chaque soirée européenne comme si c'était hier. » Stéphane Richard n'avait pas encore posé un seul dossier sur son futur bureau de président que, déjà, il parlait avec les tripes. Présenté à la presse ce mois-ci comme le prochain grand patron de l'Olympique de Marseille, l'ancien PDG d'Orange ne prendra officiellement ses fonctions que le 2 juillet prochain — mais l'homme est déjà dedans, totalement. Ce n'est pas un technocrate qu'on a mis aux commandes du club le plus populaire de France. C'est un supporter qui a grandi avec les exploits de Didier Deschamps et Rudi Völler sur la scène européenne.

Qui est vraiment l'homme que Frank McCourt a choisi pour piloter l'OM ?

Stéphane Richard, 63 ans, a dirigé l'un des plus grands groupes de télécommunications européens pendant plus d'une décennie. Il connaît les conseils d'administration, les négociations à plusieurs milliards, les crises de gouvernance. Mais ce qui a visiblement pesé dans le choix de Frank McCourt, c'est une autre dimension : Richard est marseillais dans l'âme. Pas le genre de président parachuté depuis une salle de réunion parisienne qui découvre le Vélodrome lors de son premier déplacement officiel. Non. Il cite des matchs, des buts, des atmosphères. Il évoque la finale de la Ligue des champions 1993 remportée face à l'AC Milan à Munich avec une précision qui n'appartient qu'aux vrais.

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Cette connexion émotionnelle, McCourt en avait besoin après des années de tensions entre la direction et les supporters. Le propriétaire américain a tout misé sur la légitimité affective. Risqué ? Peut-être. Mais dans une ville où le football n'est pas un divertissement mais une religion civique, c'est peut-être la seule carte qui vaille vraiment quelque chose.

Richard travaillera dans un premier temps de concert avec Mehdi Benatia, le directeur sportif en place, qui a réussi à redonner une colonne vertébrale à un effectif qui en manquait cruellement. L'articulation entre les deux hommes sera l'une des clés du nouveau cycle. L'un apporte la vision institutionnelle et les réseaux au plus haut niveau, l'autre maîtrise le terrain et la construction de l'effectif. Sur le papier, la complémentarité est séduisante.

Qu'est-ce que ce changement à la tête du club change concrètement pour l'OM ?

La question est légitime. Les présidents se sont succédé à l'OM ces dernières années avec une régularité qui aurait fait sourire si les conséquences n'avaient pas été aussi sérieuses pour le projet sportif. Pablo Longoria a longtemps porté à bout de bras un club en reconstruction permanente, multipliant les mercatos avec des moyens contraints — l'OM a recruté plus de 40 joueurs en trois saisons, un chiffre qui illustre autant l'activisme que l'instabilité.

Avec Stéphane Richard, l'idée semble être de passer à une autre phase. Moins de turbulences, plus de cap. Un président qui ne découvrira pas le monde du football professionnel à 60 ans passés, mais qui arrive avec une culture du management de haut niveau et, surtout, une connaissance intime des enjeux économiques du sport moderne. Les droits TV, les partenariats commerciaux, l'attractivité internationale du club — autant de chantiers sur lesquels son expérience à la tête d'Orange, groupe présent dans une vingtaine de pays, peut faire une vraie différence.

Le calendrier de transition est lui aussi révélateur. Richard ne débarque pas en catastrophe pour éteindre un incendie. Il arrive en juillet, après une fin de saison qu'il aura eu le temps d'observer de près, en travaillant déjà avec les équipes en place. Cette période de préparation avant la prise de fonction officielle est un luxe rare dans le football français, souvent gouverné dans l'urgence. Le message envoyé est celui de la sérénité, de la continuité voulue.

L'OM peut-il enfin construire un projet durable avec cette nouvelle gouvernance ?

Voilà la vraie question qui agite les supporters marseillais depuis des années. Depuis le dernier titre de champion de France en 2010 — il y a quinze ans, une éternité dans le temps footballistique — l'OM court après une stabilité qui lui échappe toujours. Des ambitions affichées, des recrutements ambitieux, des déceptions répétées en Ligue 1 comme en Europe. Le club a certes retrouvé la Ligue des champions par intermittence, mais sans jamais s'y installer durablement.

Ce que l'arrivée de Stéphane Richard peut apporter, au-delà de sa passion déclarée pour le club, c'est une crédibilité institutionnelle que l'OM a parfois eu du mal à projeter. Quand vous négociez avec des sponsors premium ou avec des agents de joueurs de premier plan, avoir en face de vous un ancien patron du CAC 40 change le rapport de force. Les discussions pour prolonger des cadres ou attirer des profils ambitieux se tiennent différemment.

Roberto De Zerbi, l'entraîneur en poste, a lui aussi besoin de cette stabilité. L'Italien, arrivé avec un projet de jeu clair et exigeant, a montré des éclairs de ce dont l'OM peut être capable. Mais construire dans la durée nécessite une direction qui ne change pas de cap au premier revers ou à la première pression des tribunes. Richard, homme de long terme par formation, semble taillé pour ça.

Reste une inconnue, et elle est massive : les ambitions financières de Frank McCourt. Le propriétaire américain a toujours refusé de transformer l'OM en gouffre à investissements, préférant un modèle économique équilibré. Richard sera-t-il en mesure de convaincre McCourt d'aller chercher un associé, un investisseur supplémentaire capable de hisser le club dans une autre dimension budgétaire ? C'est peut-être là que se jouera l'héritage de cette présidence, bien avant le premier coup de sifflet de la saison 2025-2026.

Le 2 juillet approche. Le Vélodrome attend de voir si cet amour affiché pour les couleurs blanc et bleu se traduira en actes concrets. À Marseille, les mots ne valent que ce que les résultats confirment.

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