Nommé la semaine dernière, Roberto De Zerbi s'entoure de son propre staff pour tenter de sauver Tottenham d'une relégation historique.
Quarante-huit heures. C'est à peu près le temps qu'il a fallu à Roberto De Zerbi pour poser ses valises à Tottenham Hotspur et commencer à remodeler son environnement de travail. Nommé entraîneur des Spurs la semaine dernière, l'Italien de 46 ans n'a pas perdu de temps : selon nos informations, deux membres de son staff de confiance ont déjà rejoint le nord de Londres pour l'épauler dans ce qui s'annonce comme l'un des chantiers les plus délicats de sa carrière. La mission est simple à énoncer, terrifiante à accomplir — empêcher Tottenham de descendre en Championship pour la première fois depuis 1978.
Deux renforts dans les bagages, une philosophie bien ancrée
Roberto De Zerbi n'a jamais travaillé autrement. Que ce soit à Sassuolo, au Shakhtar Donetsk ou à Brighton, l'entraîneur italien a toujours exigé d'être entouré d'une équipe technique qu'il connaît sur le bout des doigts, des hommes qui parlent son langage tactique sans qu'il soit nécessaire de tout traduire. À en croire l'entourage du coach, les deux arrivées enregistrées cette semaine à Hotspur Way ne sont pas des noms sortis d'un chapeau — ce sont des collaborateurs qui ont déjà travaillé avec lui et qui maîtrisent ses exigences à la lettre.
Le timing est serré. Tottenham pointe à une position alarmante en Premier League, et De Zerbi a été recruté précisément parce que le club a besoin d'un électrochoc tactique, pas d'une transition en douceur. Ses séances d'entraînement, réputées pour leur intensité et leur densité technique, nécessitent un staff capable de les orchestrer avec précision. Sans ses hommes, le message ne passe pas aussi vite. Avec eux, la greffe peut prendre en quelques semaines.
C'est d'ailleurs l'une des grandes forces du technicien lombard — cette capacité à installer une identité de jeu reconnaissable en un temps record. À Brighton, il avait fallu moins d'un trimestre pour que les Seagulls affichent un football radicalement différent de l'ère Potter. Un pressing haut, une construction depuis l'arrière, des combinaisons courtes dans les petits espaces. Le tout ancré dans une culture de travail quasi-obsessionnelle.
Tottenham au bord du gouffre, un contexte inédit depuis des décennies
Pour comprendre l'urgence qui a poussé le board de Tottenham à appeler De Zerbi, il faut remonter quelques mois en arrière. Les Spurs ont traversé une série de résultats catastrophiques qui les a précipités dans la zone rouge. Ange Postecoglou, dont l'aventure londonienne s'est terminée dans la douleur, n'a pas réussi à stabiliser un effectif pourtant estimé à plus de 600 millions d'euros en valeur marchande. L'écart entre le talent sur le papier et les performances sur le terrain est devenu le symbole d'une direction sportive à la dérive.
Selon nos informations, plusieurs réunions d'urgence ont eu lieu au sein de la direction du club avant que le nom de De Zerbi ne s'impose comme l'option prioritaire. D'autres candidats avaient été sondés — des profils plus conservateurs, plus habitués à gérer des contextes de lutte pour le maintien. Mais les décideurs des Spurs ont fait le choix du jeu, de l'ambition tactique, quitte à prendre un risque sur un coach qui n'a jamais géré une situation de relégation directe à ce niveau.
Le défi est colossal. En Premier League, seulement trois équipes ont réussi à se maintenir en remontant d'un déficit de points aussi important à mi-parcours sur les dix dernières saisons. L'histoire plaide contre Tottenham — mais l'histoire ne joue pas avec une ligne de quatre derrière un bloc médian travaillé par un staff De Zerbi.
Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir du club
Le calendrier de Tottenham dans les prochaines semaines sera une sorte de test grandeur nature. De Zerbi aura très peu de temps pour installer ses automatismes avant de plonger dans le bain. À en croire plusieurs sources proches du vestiaire, l'accueil des joueurs a été plutôt positif — le coach italien dégage une autorité naturelle qui contraste avec le flou des dernières semaines, et les hommes de l'effectif semblent soulagés d'avoir enfin une direction claire.
Reste la question de l'effectif lui-même. De Zerbi est connu pour tirer le meilleur de joueurs que d'autres n'avaient pas su exploiter — Alexis Mac Allister à Brighton en est l'exemple le plus frappant — mais il est aussi exigeant sur les profils qui ne correspondent pas à sa philosophie. Certains joueurs du roster actuel des Spurs pourraient rapidement se retrouver sur le côté si leur profil athlétique ou technique ne colle pas avec les demandes du nouveau staff. La fenêtre de transferts de janvier n'est pas si loin.
L'arrivée des deux renforts du staff est un signal fort : De Zerbi ne vient pas en touriste, il vient construire. Que ce soit pour six mois ou pour plusieurs années dépendra d'abord d'un objectif brut — rester en Premier League. Mais à Londres, dans un club qui a frôlé le titre en 2016 et disputé une finale de Ligue des Champions en 2019, la simple survie n'est pas une ligne d'arrivée. C'est un point de départ.
Roberto De Zerbi a 46 ans et une carrière construite sur des paris fous remportés à chaque étape. Sassuolo en Serie A, le Shakhtar en pleine guerre, Brighton en Europa League — à chaque fois, les sceptiques ont eu tort. Tottenham sera son test le plus exigeant. Et si le maintien est arraché, le vrai projet pourra commencer.