Défaite 1-0 à Sunderland pour la première de Roberto De Zerbi avec les Spurs. Un début de mandat raté qui soulève déjà des questions.
Roberto De Zerbi voulait frapper fort. Il a pris une claque. Pour ses grands débuts officiels sur le banc de Tottenham Hotspur, l'entraîneur italien s'est incliné sur la pelouse de Sunderland (1-0), club de Championship, lors d'un match de Carabao Cup. Pas le scénario rêvé pour celui qui devait insuffler une nouvelle dynamique à un club en pleine reconstruction identitaire.
Une entrée en matière qui interroge sur la méthode De Zerbi
On attendait du jeu, de la possession, cette marque de fabrique propre à l'ancien coach de Brighton & Hove Albion. On a eu du flou. Selon nos informations, l'équipe alignée par De Zerbi manquait clairement de repères collectifs, ce qui n'est pas surprenant au regard de la durée de préparation disponible — quelques jours à peine depuis sa prise de poste en urgence. Mais l'adversaire, lui, venait de Championship. Et ça, ça fait mal symboliquement.
Sunderland, sans briller, a su gérer son avantage avec une solidité défensive qui a mis en lumière les lacunes offensives des Spurs. Tottenham n'a pas cadré suffisamment, n'a pas trouvé les solutions dans les espaces, et a souffert d'un manque évident de connexion entre les lignes. Le pressing défendu par De Zerbi depuis ses années à Brighton puis à l'OM n'a pas été reconnaissable sur ce match.
À en croire l'entourage du staff technique, De Zerbi lui-même aurait reconnu en interne que l'équipe n'était pas encore prête à produire son football. Normal, pour une première. Mais la patience des supporters de Tottenham, après une saison 2023-2024 catastrophique terminée à la 17e place de Premier League, est une denrée rare. Les Spurs n'ont remporté aucun titre majeur depuis la Coupe de la Ligue en 2008. Seize ans de disette. Le contexte ne laisse pas de place à la bienveillance indéfinie.
Ce qui inquiète davantage, c'est la manière. Pas tant le résultat — une défaite en Carabao Cup face à un adversaire de deuxième division reste anecdotique sur le papier — mais l'absence de signature tactique reconnaissable. De Zerbi avait besoin d'une victoire pour asseoir son autorité rapidement. Il repart de Sunderland sans points et avec des questions plein les bagages.
- Tottenham a terminé 17e de Premier League en 2023-2024, son pire classement depuis des décennies
- Le club n'a remporté aucun titre depuis la Carabao Cup 2008
- De Zerbi a été nommé en urgence, avec un temps de préparation minimal avant ce match
- Sunderland évolue en Championship, deuxième division anglaise
Un chantier immense et une fenêtre de confiance qui se ferme vite
Roberto De Zerbi n'est pas arrivé à Tottenham par hasard. Le club londonien a misé sur lui après une saison de chaos, plusieurs entraîneurs grillés et une direction qui cherchait un projet de jeu clair. L'Italien, après son passage remarqué à Brighton où il avait imposé un football ambitieux et reconnu en Europe, puis un bref épisode à l'Olympique de Marseille, représentait pour les dirigeants de Spurs un pari sur l'avenir.
Sauf que le chantier est colossal. L'effectif manque de profondeur à plusieurs postes, le mercato estival a été complexe, et les dynamiques d'équipe sont à reconstruire de zéro. Selon nos informations, De Zerbi aurait identifié trois ou quatre postes prioritaires à renforcer en janvier pour pouvoir réellement mettre en place son système. Sans ces ajouts, son 4-2-3-1 ou son 4-3-3 selon les phases de jeu restera difficile à installer avec les ressources actuelles.
L'autre facteur, c'est le temps. En Premier League, le temps n'existe pas. Les résultats priment toujours sur les processus, même quand les dirigeants affichent publiquement leur soutien. Daniel Levy, président emblématique et parfois controversé de Tottenham, est connu pour sa gestion froide des situations sportives. Il a licencié des entraîneurs bien installés pour moins que ça. De Zerbi le sait. Tout le monde le sait.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Le championnat reprend, et les premières confrontations en Premier League donneront une image bien plus précise de ce que De Zerbi peut construire ici. Face à des adversaires de haut niveau, son identité de jeu devra apparaître. Pas dans six mois. Dans les semaines qui viennent.
Il faut aussi rappeler que la méthode De Zerbi a toujours demandé du temps pour s'exprimer pleinement. À Sassuolo, à Shakhtar Donetsk, à Brighton, les premières semaines n'ont jamais été parfaites. C'est un entraîneur qui construit, qui demande des automatismes précis, qui exige un engagement intellectuel de ses joueurs dans la compréhension du système. Ce profil-là ne produit pas de magie immédiate. Mais à Tottenham, avec cette pression-là, avec ces attentes-là, même les grandes méthodes ont intérêt à se manifester vite.
Une chose est sûre : la première page du chapitre De Zerbi à Tottenham s'est mal engagée. La suite du livre reste à écrire, et elle pourrait être bien différente — ou confirmer que ce mariage était mal parti dès le départ. Les prochains résultats en Premier League seront le premier vrai test. Pas une répétition. Un examen.