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Football

Lamine Yamal visé par des chants racistes : un ancien du PSG prend position

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après les chants honteux entendus contre l'Espagne face à l'Égypte, un ex-Parisien envisagerait de refuser une convocation en sélection.

Lamine Yamal visé par des chants racistes : un ancien du PSG prend position

«Celui qui ne saute pas est musulman.» Ces mots scandés dans les tribunes lors du match amical entre l'Espagne et l'Égypte, mardi soir à Murcie, ont provoqué un séisme bien au-delà du simple résultat — un décevant 0-0 sans relief. Lamine Yamal, 17 ans à peine, visé en premier lieu par ces chants nauséabonds, a été au cœur d'une polémique qui dépasse largement le football. Et cette fois, la réaction ne vient pas seulement des réseaux sociaux : un ancien du Paris Saint-Germain envisagerait sérieusement de ne plus répondre aux convocations de la Roja tant que ce type de comportement ne sera pas sanctionné avec la plus grande fermeté.

La nuit où le Bernabéu s'est transformé en cauchemar pour Lamine Yamal

L'Espagne reçoit l'Égypte pour un match de préparation sans enjeu sportif majeur. Mais ce qui devait être une soirée tranquille vire rapidement au scandale. Des groupes de supporters entonnent ce chant odieux — «El que no bote es musulmán» — à plusieurs reprises, sans que les autorités présentes dans le stade n'interviennent avec l'efficacité attendue. Lamine Yamal, né à Esplugues de Llobregat de parents d'origine marocaine et équato-guinéenne, est la cible évidente de ces provocations. Le prodige du FC Barcelone, auteur d'une saison XXL avec son club et héros de l'Euro 2024 remporté par la Roja, se retrouve insultés dans le maillot même de son pays.

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La scène est insupportable. Un joueur qui a porté l'Espagne au sommet de l'Europe l'été dernier, auteur d'une passe décisive en finale contre l'Angleterre à 16 ans, se voit rejeter par une frange de ses propres supporters. Le silence de certains officiels dans les heures qui ont suivi n'a fait qu'amplifier l'indignation générale.

C'est dans ce contexte explosif que la prise de position d'un ancien pensionnaire du Parc des Princes prend tout son poids. Selon plusieurs sources proches du dossier, ce joueur — qui a évolué sous les couleurs du PSG avant de rejoindre d'autres horizons européens — aurait confié à son entourage son profond malaise à l'idée de défendre les couleurs espagnoles dans ces conditions. Pas une déclaration fracassante en conférence de presse. Une hésitation sincère, profonde, qui en dit long sur le climat délétère qui s'est installé autour de la sélection nationale.

Racisme dans les stades : l'Espagne face à un problème qui n'est pas nouveau

Ce n'est malheureusement pas la première fois que le football espagnol est rattrapé par ses démons. En 2004, le sélectionneur Luis Aragonés avait déclenché une tempête internationale en tenant des propos racistes sur Thierry Henry. Plus récemment, Vinicius Junior — l'attaquant brésilien du Real Madrid — a fait de la lutte contre le racisme dans les stades espagnols son combat personnel, dénonçant avec une régularité troublante des insultes subies en Liga. En 2023, l'attaquant auriverde avait même menacé de quitter le championnat d'Espagne, excédé par l'inaction des instances.

Les chiffres donnent le vertige. Selon un rapport de l'ONG Facing Finance publié en 2023, l'Espagne figure parmi les cinq championnats européens où les incidents racistes recensés officiellement sont les plus nombreux, avec plus de 80 signalements formels sur la seule saison 2022-2023. Un chiffre largement sous-évalué, puisqu'une grande majorité d'incidents ne font jamais l'objet d'un signalement officiel. La Liga et la Fédération royale espagnole de football (RFEF) ont multiplié les campagnes de sensibilisation, mais les actes concrets — sanctions financières lourdes, fermetures de tribunes, interdictions de stade — restent encore trop rares pour dissuader les récidivistes.

Le cas Lamine Yamal cristallise une contradiction douloureuse : l'Espagne idolâtre ses joueurs issus de la diversité quand ils gagnent, puis regarde ailleurs quand une partie du public les humilie. Cette hypocrisie n'a pas échappé aux observateurs, ni à ceux qui, dans les vestiaires, commencent à peser le pour et le contre avant chaque rassemblement en sélection.

Quelles conséquences pour la Roja et pour Lamine Yamal ?

La blessure est là, béante. Lamine Yamal n'a pas encore pris publiquement la parole sur cet incident — ses proches ont choisi la retenue, du moins pour l'instant. Mais l'onde de choc, elle, continue de se propager. Si un joueur formé dans l'élite européenne, passé par le PSG, en arrive à douter de sa présence en sélection nationale, c'est tout le projet sportif de la Roja qui vacille symboliquement.

Luis de la Fuente, le sélectionneur champion d'Europe en titre, se retrouve dans une position inconfortable. Lui qui a construit une équipe sur la cohésion, l'enthousiasme et la jeunesse doit désormais gérer une crise qui dépasse le cadre tactique. La RFEF, de son côté, a publié un communiqué condamnant les chants, mais sans annoncer de mesures concrètes ni saisir formellement la FIFA ou l'UEFA pour que le match ne reste pas impuni.

L'enjeu est considérable : l'Espagne accueillera une partie du Mondial 2030, coorganisé avec le Portugal et le Maroc — une édition symbolique puisqu'elle marquera le centenaire de la Coupe du monde. Accueillir le monde entier dans des stades où des chants racistes sont tolérés serait une catastrophe d'image sans précédent. La FIFA et l'UEFA observent. Et elles n'ont pas la réputation d'être tendres quand leurs intérêts marketing sont menacés.

Si la Roja veut rester ce qu'elle prétend être — une équipe moderne, diverse, victorieuse —, elle devra aller bien au-delà des communiqués polis. Lamine Yamal, lui, a encore des années de sélection devant lui. Mais la question posée ce soir de mardi à Murcie est désormais sur la table : dans quelle Espagne veut-il jouer ?

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