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Football

Di Meco dit non : la présidence de l'OM cherche encore preneur

Par Rédaction SBM··4 min de lecture·Source: Footmercato

Éric Di Meco a fermé la porte à la présidence de l'OM après avoir été cité par Pascal Olmeta. Le club phocéen reste sans successeur désigné à Pablo Longoria.

Di Meco dit non : la présidence de l'OM cherche encore preneur

« Je ne suis pas candidat à la présidence de l'OM. » La mise au point d'Éric Di Meco n'a pas traîné. À peine son nom avancé par Pascal Olmeta — ancien gardien emblématique du club et voix régulière dans les médias sportifs marseillais — comme une option sérieuse pour prendre la tête de l'Olympique de Marseille, l'ex-défenseur champion de France 1992 a éteint la rumeur avec une économie de mots qui en dit long sur son rapport à ce genre de spéculation. Marseille, ville où les bruits de couloir ont force de loi, s'emballe vite. Et cette fois encore, la réalité a rattrapé l'enthousiasme.

Un nom balancé, une porte claquée : la gouvernance de l'OM en suspension

Que Pascal Olmeta ait songé à Di Meco n'est pas anodin. Les deux hommes partagent une histoire commune avec le club, une époque dorée sous la présidence de Bernard Tapie, et une crédibilité symbolique auprès des supporters. Dans une ville où l'identité du dirigeant compte presque autant que les résultats sportifs, avancer un nom issu du vestiaire des années glorieuses, c'est chercher une légitimité affective que ni un technocrate ni un investisseur étranger ne peuvent acheter.

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Mais Di Meco, consultant reconnu, n'a ni le profil d'un gestionnaire de club ni l'envie manifeste de s'y frotter. Gérer un effectif professionnel, négocier avec Frank McCourt — propriétaire américain de la franchise depuis 2016 —, composer avec les attentes d'une des plus grandes masses de supporters d'Europe : la tâche dépasse largement le cadre du témoignage affectueux. L'OM reste l'un des clubs les plus complexes à piloter en Ligue 1, avec une pression médiatique et populaire sans équivalent en dehors du Paris Saint-Germain.

La question de la présidence marseillaise est pourtant urgente. Pablo Longoria, président depuis 2021, a incarné une forme de renouveau dans la gestion sportive du club, multipliant les recrutements audacieux et installant une philosophie de jeu lisible. Son bilan est contrasté — des qualifications européennes, une instabilité d'entraîneurs chronique, et des finances sous tension — mais son départ éventuel laisserait un vide difficile à combler sans vision claire de la succession.

  • Frank McCourt a racheté l'OM en 2016 pour environ 45 millions d'euros, une valorisation aujourd'hui largement dépassée.
  • L'Olympique de Marseille affiche régulièrement plus de 55 000 spectateurs au Vélodrome, l'un des taux de remplissage les plus élevés de France.
  • Depuis 2016, le club a connu pas moins de cinq entraîneurs différents sur le banc principal.
  • Le budget opérationnel de l'OM tourne autour de 200 millions d'euros, loin des 800 millions du PSG, mais parmi les plus élevés hors capitale.

Après Di Meco, qui ? McCourt face à l'équation impossible du successeur idéal

Le problème de fond est ailleurs. Frank McCourt n'a jamais vraiment trouvé la formule présidentielle qui réconcilie toutes les exigences marseillaises : compétence managériale, ancrage local, capacité à tenir le rapport de force avec la propriété américaine et à incarner une ambition sportive crédible. Jacques-Henri Eyraud a quitté le poste sous les huées en 2021. Longoria a réussi à se faire respecter, mais au prix d'une tension permanente entre les attentes des uns et la réalité budgétaire imposée par les autres.

Évoquer Di Meco dans ce contexte, c'est aussi révéler un malaise plus profond : l'absence de vivier identifié. Les grands clubs européens — Liverpool, le Bayern Munich, le FC Barcelone — ont des processus de succession réfléchis, des conseils d'administration structurés, des directions générales capables d'absorber les transitions. À Marseille, on improvise, on ballon-sonde dans les médias, on laisse des anciens joueurs faire des annonces que les principaux intéressés doivent démentir le lendemain matin.

Ce mode de fonctionnement n'est pas neuf. Il dit quelque chose de structurel sur la gouvernance du club, mais aussi sur la manière dont Marseille vit son football : comme une affaire de famille élargie, où chacun se sent légitime à proposer, commenter, valider. C'est à la fois la force identitaire de l'OM et sa principale faiblesse institutionnelle. Quand le sentiment populaire pilote les rumeurs de gouvernance, la stratégie passe au second plan.

D'autres noms circuleront. C'est inévitable. Certains viendront du monde des affaires, d'autres de l'univers du football professionnel, quelques-uns peut-être de la sphère politique locale, toujours tentée par la proximité avec le club le plus visible de la région. McCourt, lui, regarde depuis Los Angeles en cherchant une combinaison qui lui permette à la fois de préserver son investissement et de satisfaire une base de supporters dont l'impatience est une donnée permanente du paysage.

La saison qui s'avance sera déterminante. Les résultats sportifs conditionneront en partie le calendrier des décisions. Un bon parcours en Ligue 1 ou en coupe d'Europe offre du temps ; une désillusion précoce accélère tout. Di Meco a dit non. Le prochain nom qu'on entendra n'a pas encore été prononcé. Mais à Marseille, il ne tarde jamais longtemps à émerger.

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