Aller au contenu principal
Football

Mbappé sous le feu espagnol : quand la presse ibérique tacle

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: Footmercato

Un journaliste espagnol raille ouvertement Kylian Mbappé. Une tradition madrilène aussi vieille que le club lui-même.

Mbappé sous le feu espagnol : quand la presse ibérique tacle

« Dans ce club, les plus grands ont été contestés : Ronaldo, Di Stéfano… je ne vois donc pas pourquoi je serais une exception. » Cette phrase, Kylian Mbappé aurait pu la prononcer lui-même pour se défendre. Elle ressemble en tout cas à la ligne de défense que son entourage murmure depuis que la presse espagnole a décidé de faire du numéro 9 du Real Madrid sa nouvelle cible préférée. Un journaliste espagnol vient de franchir un cap supplémentaire en se moquant ouvertement du Français, alimentant une polémique qui dépasse désormais la simple analyse sportive pour toucher à quelque chose de plus profond : la manière dont le football ibérique digère — ou refuse de digérer — ses nouvelles idoles.

Pourquoi la presse espagnole s'acharne-t-elle sur Mbappé ?

Il faut comprendre le contexte madrilène pour saisir la mécanique. Le Santiago Bernabéu n'est pas un stade, c'est un tribunal permanent. Zinédine Zidane lui-même, triple vainqueur de la Ligue des Champions sur le banc, avait été sifflé par sa propre tribune lors de certains passages à vide. Hugo Sánchez, idole absolue des années 80, a vécu la même chose. La passion madrilène est inversement proportionnelle à la patience : immense dans les deux sens.

BetBurger — Surebets & Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

Mbappé débarque au Real Madrid auréolé d'une réputation de futur GOAT, précédé par des années de courtisane médiatique entre Paris et Madrid. L'attente était stratosphérique. Résultat : le moindre match en demi-teinte devient une sentence. La presse sportive espagnole — Marca, AS, El Confidencial — fonctionne sur un modèle économique où le clash génère du trafic, et Mbappé, grand nom facile à cibler, est devenu un produit éditorial à part entière. Se moquer du Français, le remettre à sa place, c'est du contenu qui se vend.

Mais il y a aussi une dimension culturelle. L'Espagne supporte mal qu'on lui dicte ses idoles depuis l'extérieur. Mbappé est arrivé comme une évidence, presque comme une imposition. Le football ibérique préfère construire ses légendes de l'intérieur, lentement, match après match. Ronaldo Nazário avait subi le même traitement avant de devenir intouchable. Cristiano Ronaldo — l'autre — aussi.

Mbappé mérite-t-il vraiment les critiques qui lui sont adressées ?

Sur le plan purement statistique, la réalse est plus nuancée que la caricature médiatique. Lors de sa première saison sous le maillot blanc, Mbappé a inscrit plus de 30 buts toutes compétitions confondues, des chiffres que beaucoup d'attaquants européens signeraient sans hésiter. Mais le Real Madrid n'est pas n'importe quel club. L'échelle de valeur y est différente. On lui reproche des décisions manquées en demi-finale de Ligue des Champions, des duels perdus dans les moments clés, une intégration au collectif de Carlo Ancelotti qui tarde à devenir évidente.

Le problème de Mbappé à Madrid est peut-être avant tout un problème de narration. Il est arrivé pour être le sauveur, le successeur naturel de Karim Benzema. Or Benzema avait mis des années à s'imposer dans ce rôle. Sept saisons de disette relative avant de devenir le patron absolu de l'attaque merengue et de remporter le Ballon d'Or 2022. Mbappé, lui, n'a pas ce temps devant lui — ou du moins, la presse ne lui en accorde pas.

Ce que le journaliste espagnol qui s'est moqué du Français oublie dans son persiflage, c'est que la trajectoire d'un joueur ne se lit pas en temps réel. Alfredo Di Stéfano lui-même, considéré comme le plus grand joueur de l'histoire du club, avait connu des débuts chaotiques dans une institution encore en construction. L'histoire du Real Madrid est pavée de géants mal compris avant d'être adulés.

Cette polémique dit-elle quelque chose de plus large sur le football spectacle ?

Au fond, ce qui se joue autour de Mbappé et de cette moquerie d'un journaliste espagnol dépasse largement le cadre sportif. Kylian Mbappé est l'un des rares footballeurs à être devenu un phénomène de société avant même d'avoir atteint son pic de carrière. Sa valeur marchande estimée à plus de 200 millions d'euros, ses prises de position politiques en France, son départ fracassant du Paris Saint-Germain, sa relation complexe avec la Fédération française de football : tout cela fait de lui une cible idéale pour une presse en quête de sens et d'audience.

Se moquer de Mbappé, c'est aussi, d'une certaine façon, dégonfler un ballon médiatique que certains trouvent trop gonflé. Il y a quelque chose de presque salutaire dans cette critique ibérique, même quand elle vire au persiflage : elle rappelle que le football reste un sport, et que les légendes se construisent sur le terrain, pas dans les communiqués de presse.

Reste que la forme choisie — la moquerie plutôt que l'analyse — dit beaucoup sur l'état du journalisme sportif en 2024. Quand le fond manque, on ricane. Quand les arguments s'épuisent, on tourne en dérision. Mbappé, lui, continue de jouer. Et c'est peut-être ça, la meilleure réponse possible à ses détracteurs : l'indifférence active, le but qui clôt les débats mieux que n'importe quel éditorial.

L'histoire du Real Madrid le montre avec une régularité presque comique : ceux dont on s'est le plus moqués sont souvent ceux dont on a le plus célébré les adieux. Mbappé a le temps de transformer ses siffleurs en adorateurs. À condition que son genou, sa tête et son entourage lui en laissent la possibilité.

Kylian MbappéReal Madridpresse espagnoleLigafootball européenLigue des Champions

Articles similaires