Aller au contenu principal
Football

Équateur 2026 : la Tri peut-elle enfin passer un cap ?

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: RMC Sport

Cinquième Coupe du monde pour l'Équateur, qui débarque aux États-Unis avec des ambitions réelles et une défense solide comme roc.

Équateur 2026 : la Tri peut-elle enfin passer un cap ?

Deuxième des qualifications sud-américaines, derrière l'Argentine seulement — pas n'importe qui. Ce chiffre dit tout de l'état de forme de la Tri avant de s'élancer dans cette Coupe du monde 2026, la première à 48 équipes, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. L'Équateur n'est plus un invité surprise. C'est une équipe qui a grandi, qui s'est structurée, et qui arrive avec une question simple : jusqu'où peut-on aller, cette fois ?

Un groupe abordable sur le papier, mais piégeux dans les faits ?

Le tirage au sort aurait pu être cruel. Il ne l'est pas complètement. Face à l'Allemagne, la Côte d'Ivoire et Curaçao, l'Équateur connaît la composition de son groupe et sait qu'une qualification en huitièmes de finale — sa meilleure performance historique, atteinte au Qatar en 2022 — est un objectif raisonnable, pas un fantasme.

BetBurger — Surebets & Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

La Mannschaft, certes, reste un monument. Mais l'Allemagne de Julian Nagelsmann est encore en reconstruction identitaire depuis l'humiliation du premier tour 2018 en Russie. La Côte d'Ivoire, tenante du titre de la CAN 2023, possède des individualités de haut vol, mais sa régularité en Coupe du monde reste une question ouverte — les Éléphants ont été éliminés dès la phase de groupes en 2022 malgré un effectif pléthorique. Quant à Curaçao, sa présence dans cette édition XXL illustre parfaitement l'élargissement du plateau : un adversaire à prendre au sérieux, pas à mépriser, mais sur lequel l'Équateur devra impérativement faire le plein de points.

L'histoire récente plaide pour les Équatoriens. Leur parcours en qualification a été d'une remarquable constance — finir devant le Brésil, l'Uruguay ou la Colombie dans un groupe sud-américain, ce n'est pas un accident de calendrier. C'est le signe d'une équipe qui a trouvé son équilibre.

Beccacece, le disciple de Bielsa qui veut imprimer sa marque

Sebastián Beccacece n'est pas un inconnu pour qui suit le football sud-américain de près. Formé dans l'orbite de Marcelo Bielsa — dont il fut l'assistant — il a ensuite dirigé Defensa y Justicia en Argentine, où il a développé un style reconnaissable : pressing intense, organisation défensive rigoureuse, transitions rapides. Son passage à Racing Club puis à Estudiantes a confirmé qu'il savait faire jouer une équipe avec des principes clairs.

Avec l'Équateur, Beccacece a poursuivi dans cette veine. La Tri défend en bloc haut, récupère vite, et cherche à mettre en danger les adversaires dans les espaces. Ce n'est pas du football spectaculaire au sens hollywoodien du terme — ce n'est pas du Guardiola ou du Jorge Sampaoli en mode kamikaze — mais c'est un football efficace, difficile à manœuvrer, qui épuise les adversaires.

La comparaison avec l'Équateur de 2002 et 2006 s'impose naturellement. L'équipe d'Hernán Darío Gómez avait déjà montré que les Équatoriens pouvaient tenir leur rang face aux grandes nations. Vingt ans plus tard, la philosophie a évolué, mais l'ADN reste : une défense difficile à percer, un collectif soudé avant tout.

Valencia, 35 ans et toujours là : la légende vivante peut-elle porter la Tri une dernière fois ?

Il y a des joueurs qui refusent de vieillir par fierté. Enner Valencia fait partie de ceux-là. À 35 ans, le capitaine et meilleur buteur de l'histoire de la sélection équatorienne — 40 buts en sélection, un record qui en dit long sur sa longévité — reste le point de fixation offensif de la Tri. Il avait marqué lors du match d'ouverture du Mondial 2022 contre le Qatar, avec cette ironie du sort qu'on lui avait refusé deux buts avant de valider le troisième. Le monde entier avait découvert son nom ce soir-là.

Sa présence pose une vraie question tactique à Beccacece. Valencia n'est plus le joueur explosive de ses années West Ham ou Everton. Mais il reste un finisseur, un joueur de surface qui vit dans les seize mètres, et surtout un leader qui emmène ses coéquipiers dans les moments difficiles. Autour de lui, une génération plus jeune monte : des joueurs formés dans les clubs argentins ou qui ont rejoint des championnats européens. C'est cette alchimie entre l'expérience du capitaine et l'énergie des jeunots que Beccacece doit orchestrer.

Reste la question de la profondeur de banc. Dans un tournoi à 48 équipes avec 104 matchs, la gestion des efforts devient un enjeu stratégique majeur. Les rotations, les récupérations, les blessures — tout cela prendra une importance accrue dans un format inédit qui pousse les staffs dans leurs retranchements.

L'Équateur de 2026 arrive donc avec quelque chose que les éditions précédentes n'avaient pas tout à fait : une légitimité acquise sur le terrain, un sélectionneur avec une philosophie claire, et la conviction que le huitième de finale de 2022 n'était pas un plafond mais un plancher. Si Beccacece parvient à faire tenir sa défense hermétique dans un groupe où chaque point comptera, et si Valencia trouve les ressources pour peser sur les défenses adverses une dernière fois à ce niveau, alors la Tri pourrait bien être la sensation que personne n'attendait vraiment — mais que tout le monde aurait dû voir venir.

ÉquateurCoupe du monde 2026Enner ValenciaSebastian BeccaceceCONMEBOLTri

Articles similaires